Depuis toute petite, on voudrait me faire croire que l’amour est quelque chose qui te happe sans crier gare et qu’aimer se conjugue à tous les temps de l’infini comme une sensation inéluctable qui rend la vie si rose et si belle. Malgré mon cœur d’incorrigible romantique, j’ai fini par apprendre que si tomber amoureuse ne coûte qu’un battement de cils, aimer est plutôt de l’ordre de l’engagement quotidiennement renouvelé que de l’état de béatitude gracieusement tombé du ciel.

Ce qui ne veut pas dire que toutes les amoureuses s’y prennent de la même façon, non, non ! Si toutes déploient des trésors d’énergie et d’ingéniosité pour mener à bien cette tâche ultime, chacune possède son propre arsenal de tendresse et d’abnégation ! Voici quelques-uns de ces plans d’attaque.

 

La chieuse

Elle tient son homme en laisse, à coup d’interdits et de crises de nerfs. Elle régit son emploi du temps, organise leurs vacances, planifie la totalité de leur vie à deux. Ceinture noire de la manipulation, elle alterne bouderies et cajoleries pour parvenir à ses fins. Elle ne s’accorde jamais un instant de répit, cherchant constamment la petite bêbête qui lui permettra de fondre en larmes en faisant culpabiliser sa moitié. Si celui-ci a été sage, elle lui accordera peut-être une soirée avec ses copains. Épuisée d’avoir régenté son mec toute la journée, la chieuse ne s’endort que dans les bras de celui-ci, après qu’il lui ait chanté une berceuse et renouvelé plusieurs fois son amour inconditionnel.

 

La mère

Attentive aux moindres faits et gestes de celui qui partage sa vie, elle anticipe le plus petit désir de celui-ci et fait tout pour lui rendre la vie plus confortable. L’œil aux aguets, elle analyse tous ses agissements et prévient tous ses besoins : elle lui propose à boire avant qu’il n’ait soif, s’assure qu’il est confortablement assis dans le canapé, lui demande sans cesse s’il n’est pas trop fatigué. Pour un peu, elle lui tiendrait la bite quand il a envie de pisser. Elle ramasse ses chaussettes sales, repasse ses caleçons et lui prépare ses tartines avant de partir travailler. Elle cuisine des mets qu’elle n’aime pas parce que ce sont ses plats préférés. Parfois, il l’appelle maman avant de se reprendre lourdement en rougissant. Le soir, elle lui fait l’amour ou lui masse les pieds. Son homme ne se rend jamais compte de toutes ces petites attentions qui font son quotidien : elle les accomplit avec tellement d’amour, c’est naturel ! Bien entendu.

 

La maso

Elle choisit toujours des hommes qui la regardent de haut et se coupe en quatre pour les garder. Elle multiplie les régimes, porte des décolletés plongeant qui la mettent mal à l’aise, tire sur sa jupe qu’elle a choisie très courte, maudit son string ficelle. Elle regarde son chéri en battant des cils et lui répète, la bouche en cœur et les seins en évidence, combien il est beau, fort et grand. Elle souffre en silence quand il se détourne d’elle ou écrit des pages interminables dans son journal intime. Elle se maudit de n’être pas assez bien pour l’élu de son cœur, se posant mille questions et échafaudant des plans de plus en plus tordus pour s’assurer de son amour. S’il menace de la quitter, elle piétine ce qu’il lui reste de fierté en se trainant à ses pieds et en lui promettant tout ce dont il pourrait rêver. Pour la maso, il n’y a pas d’amour sans souffrance. D’ailleurs, pour tout vous avouer, plus elle a mal, plus elle se sent vivante !

L’ambitieuse

Parmi un panel de mâles en bonne santé physique, relativement sains d’esprit et pas trop crétins, l’ambitieuse a misé sur le plus bankable et elle espère bien que ça lui rapportera gros. Patiemment, elle place ses pions pour pousser son étalon dans les plus hautes sphères de la société. Telles Carla Bruni ou Michelle Obama, d’un sourire étudié elle donne l’impression de se fondre dans l’ombre de son champion… Ne vous y trompez pas : c’est toujours elle qui tire les ficelles du pantin dont elle s’est amourachée. Sous l’impeccable tailleur et le strict collier de perles se cache une surfemme, qui œuvre sans relâche pour assouvir son ambition !

La libertine

Son credo : aimer intensément, mais jamais trop longtemps. La libertine cultive sa coolitude en papillonnant d’un homme à l’autre au gré des caprices du vent. Elle jure qu’elle est libre et, pour se le prouver, propose volontiers un plan à trois à son mec, qu’elle ne présente d’ailleurs jamais comme le sien, parce que, attention, ils ne sont pas « exclusifs ». Tandis qu’elle lui répète de ne pas hésiter s’il voit une fille qui lui plaît – car elle-même n’aurait aucun remord à faire l’amour avec un autre –, elle espère secrètement qu’il ne trouvera pas aussi bien qu’elle et qu’il lui restera fidèle non pas par obligation, mais parce qu’elle est juste tellement unique (et qu’elle fait si bien l’amour, soit dit en passant). N’aurait-elle pas peur de dépendre un tout petit peu trop d’un autre, la libertine ? Ah mais non, pas du tout, elle dépense énormément d’énergie pour préserver son non-engagement parce que c’est une question de « free mind », tu vois, et puis parce que le couple, c’est tellement une notion tellement éculée.

Les combinaisons ne sont bien entendu pas impossibles : ça dépend toujours du partenaire et puis… on peut être tellement d’amoureuses à la fois !

NB : cet article est également paru sur Brux’n brol, à cette adresse-ci.


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