Lorsque mon fils a eu 13 ou 14 mois, j’ai été récupérer mes poupons Corolle dans le grenier parental. Ils m’y attendaient sagement depuis presque… 25 ans (le seul avantage du plastique : c’est increvable). Un petit tour à la machine à laver plus tard, j’ai confié la plus petite des deux poupées à mon bébé, l’air de rien. Parce que, oui,

je suis plus que convaincue qu’il est important que nos garçons aient aussi l’occasion de jouer à la poupée.

Et si ça ne tenait qu’à moi, la question ne devrait même pas se poser !

poupee-garcon-02

L’importance (et la difficulté) d’éduquer de la même manière nos garçons et nos filles

Mes instincts féministes se hérissent lorsque j’entends des jugements sexués « tomber » sur la tête de nos chères têtes blondes :

  • « Il aime les balles, c’est normal, c’est un garçon »,
  • « Elle fait sa coquette, quelle jolie petite princesse » ;

sans parler des terribles :

  • « Arrête de pleurer, les garçons, ça ne pleure pas »,
  • « Tiens-toi droite, ce n’est vraiment pas féminin de te vautrer sur le canapé de cette façon ».

Même pour les parents qui ont bien conscience du danger de ce type de phrases, il s’avère extrêmement difficile d’éduquer de la même manière garçons et filles. Notre société et notre propre éducation font que la plupart d’entre nous seront toujours plus enclins à attendre qu’une petite fille aide aux tâches ménagères et qu’un garçon revienne avec un jean plein de trous. Le contraire pourrait même inquiéter…

Pourtant, de nombreuses études ont prouvé que ce genre de jugements sexués encourageait les enfants à reproduire les modèles selon lesquels ils ont été éduqués : il existe certes des différences entre hommes et femmes, mais certaines sont uniquement dues à un « apprentissage » ou, devrions-nous plutôt dire, à un conditionnement.

Conditionnement tellement puissant qu’il est très difficile de s’en défaire. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir un catalogue de jouets au moment des fêtes pour voir comment sont classés les jouets pour filles et les jouets pour garçons. Je te recommande d’ailleurs à ce propos la lecture de cet article très bien documenté de Let’s Play Together. En bref, les jeux d’imitation sont massivement réservés aux filles, tandis qu’on oriente les garçons vers des jeux de construction.

Pourtant, ne souhaitons-nous pas ardemment faire de nos fils des hommes capables d’accepter et de reconnaître leurs sentiments, voire, soyons fou, de les communiquer ? Ne désirons-nous pas qu’un jour notre bébé puisse être un excellent père ? Ne rêvons-nous pas que nos filles puissent développer librement leur capacité à se représenter et à moduler l’espace tridimensionnel et qu’elles aient confiance dans leur esprit logique ?

Je milite donc pour que chaque enfant, fille ou garçon, ait à sa disposition aux environs de 12 mois une petite poupée à sa taille et quelques cubes de construction. Et chuuuuuuut ! Pas de commentaire quand il ou elle se dirige vers l’une ou l’autre de ces activités. Mon nouveau slogan :

Pour un monde meilleur, des dinettes et des Kaplas pour tous !

Regarde cette éclairante vidéo de Catherine Vidal, Le cerveau a-t-il un sexe ?

Extrait à 5’30

Les différences entre hommes et femmes sont-elles innées ou acquises ? Les différences en question ne sont détectables qu’à partir de l’adolescence et elles disparaissent avec l’apprentissage : on peut supposer que l’éducation et la culture jouent un rôle important dans l’émergence de ces différences.

Écoute aussi ce qui suit cet extrait, lorsque Catherine Vidal explique que lorsqu’on fait passer un test de rotation mentale dans une classe en annonçant qu’il s’agit d’un test de géométrie, les garçons obtiennent des résultats supérieurs aux filles de 10%, tandis que lorsqu’on fait passer ce même test en parlant d’un test de dessin, les résultats des garçons et des filles sont identiques.

A quel âge une poupée pour mon bébé ?

Bien entendu, il existe des étapes de progression dans l’activité de jouer à la poupée : un bébé de 15 mois ne jouera pas à la poupée avec le même investissement ou le même attachement qu’un enfant de 4 ou 5 ans, qui est déjà dans l’imaginaire.

A 16 mois, Django est dans l’imitation : il reproduit avec la poupée les gestes de son quotidien. Par exemple, il fait des câlins à sa poupée (ou à ses peluches), lui donne des bisous, chatouille ses pieds, lui donne à boire et à manger, la coiffe, etc.

Django donne du lait au vieux nounours de son papa
Django donne du lait au vieux nounours de son papa

Anecdote amusante : mon fils à qui je demandais où était le bébé s’est immédiatement désigné ; il a ensuite ri et il est parti chercher sa poupée. Il a tout à fait conscience d’être le bébé de sa maman et de son papa et s’amuse à reproduire certains de nos gestes envers sa poupée (à laquelle il m’oblige d’ailleurs à donner quantité de bisous).

La plus magnifique des poupées

Je termine en te recommandant une créatrice de poupées Waldorf que j’ai découverte grâce à une copinaute : Autour de Déa ! Je n’ai pas encore craqué car, pour mon fils, l’aspect esthétique de sa poupée importe encore peu. Alors j’essaye de me raisonner et d’invoquer des valeurs qui me sont chères (l’écologie, l’absurdité d’amasser toujours plus de biens matériels, etc.). Mais, sincèrement, il me faut énormément de force mentale pour ne pas succomber à ces petites merveilles :

Je les trouve sublimes ! Pleines de poésie et de tendresse.

Dis-moi, chez toi, on joue comment à la poupée ?

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11 Comments on Oui, mon petit garçon joue à la poupée

  1. Mais je le trouve normal que les garçons jouent aux poupées. J’ai deux garçons et une fille et tous jouent aux poupées, ils ont un château et ils jouent aux princesses, princes, ils échangent le rôle, s’habillent comme ils le sentent. Le problème c’est toujours dehors, surtout dans la publicité, dans l’esprit de beaucoup de gens, dans le passé…Mais si les enfants ont de parents bien, qui ne se guident pas par les stéréotypes, ils seront plus heureux. Et aussi il y a maintenant de catalogues de jouets qui mettent de garçons et filles à jouer avec tout. Regardez.

    • En effet, Anne, merci pour ce lien. C’est votre propre boutique ? Je prendrai le temps de regarder tout cela plus en détail. Mais vous avez bien sûr raison, les choses changent et c’est évidemment tant mieux !

      • Je relis cet article autour d’une question qui m’est également très chère et je n’ai pas cette impression que cela change. ou plutôt si mais pas dans le bon sens. Et malheureusement, si certains parents sont très ouverts et ne classent pas leurs enfants dans des cases en leur offrant kapla et poupées qu’ils soient garçons ou filles, j’ai peur que ce ne soit qu’une minorité et toujours la même. Les parents bienveillants qui s’informent, qui sont sensibles aux systèmes d’éducation/école alternatif etc… mais pour la majorité, c’est une bicyclette bleue pour le garçon, une rose pour la fille. et la grande distribution fonce dans ce créneau et l’accentue pour vendre deux fois plus de jouets, pour que les petites soeurs ou petits frères ne récupèrent pas ceux de leurs aînés. J’en avais discuté avec le personnel de crèche où allait ma fille et elles m’avaient confirmé qu’elles ressentaient ce retour en force du jouet étiqueté, genré…

  2. Alors ici, quand j’étais petite, j’ai eu une période où je vivais mal le fait d’être une fille, je voulais être un garçon comme mes frangins, c’était l’horreur intégrale lorsque quelqu’un m’offrait une poupée barbie…
    Par contre, j’avais une poupée « classique », asexuée (cheveux courts), pour qui, sans développer de réelle passion, j’avais tout de même un peu d’attachement. Et c’est donc assez naturellement que je l’ai récupérée lors de ma deuxième grossesse, pour la confier à mon aîné qui y a un peu joué. Même scénario pour mon deuxième garçon, petit intérêt lorsque le thème bébé a été beaucoup abordé avant l’arrivée de la p’tite soeur, mais guère plus de passion. Elle reste néanmoins à leur disposition. Tous deux ont également eu l’opportunité de jouer avec des poupons et du matériel de bébé en tout genre à la crèche. Il y en a aussi en classe de maternelle, mais là, il semble que les stéréotypes soient acquis par les enfants, parce que ce sont majoritairement les filles qui exploitent ce matériel :-(.

    Par contre, ce qui a un succès DINGUE auprès de mon second, c’est la dinette. Il l’a reçue pour ses deux ans, et elle trône fièrement dans le salon. Il aime encore beaucoup imaginer des repas souvent à base de crème glacée, amoureusement mijotée dans le four…

    Pour ma fille qui va sur ses un an, je crains un peu la première salve de cadeaux d’anniversaire. D’une part, nous débordons déjà de jouets, souvent de qualité (aaah, Haba, Grimm’s, Djeco, …), donc je n’ai plus rien à mettre sur une éventuelle wishlist, et d’autre part, j’ai peur que nos proches s’imaginent que la pauvre, elle n’a aucun jouet de fille, et veuillent pallier ce terrible manquement. J’espère sincèrement que nous n’allons pas nous retrouver avec des trucs en plastique rose, éventuellement même bruyants!

    Ma belle-soeur, au courant de mes préférences, m’a proposé d’éventuellement offrir une poupée, et avait choisi un modèle en tissu qui, ma foi, me plaisait assez mais… j’ai moi aussi flashé sur les poupées Waldorf, et j’ambitionne de lui en confectionner une moi-même! J’ai d’ailleurs suivi ce WE un atelier de fabrication poupées (donné par la même dame qu’ici : http://www.creacorner.be/ateliers/fabrication-mystere-poupees-waldorf). Pour le coup, c’était un premier atelier découverte gratuit, nous avons fabriqué un petit doudou Waldorf du style des doudous Peppa (avec des tissus naturel et de la vraie laine cardée…). J’ai beaucoup aimé, même si cela n’a pas levé le voile sur les mystères de la technique de fabrication du visage et de la chevelure, deux points qui, effectivement, me semblent critique pour l’esthétique du résultat final.

    Ceci dit, après discussion avec la dame, elle m’a dit que normalement, les poupées articulées avec visage, c’était plutôt pour des enfants de 3 ans. Avant, ils préfèrent les petits doudous ou les petites poupées plus petites et d’apparence plus simple. Cela me donne donc de la marge pour me faire la main. Ou pour éventuellement en fabriquer pour les grands frères… quand j’ai vu leur réaction hier face au petit doudou que j’ai fabriqué, pourtant fort semblable aux leurs, je me dis que vraiment, les jouets fabriqués par les parents, ça prend tout de suite une autre dimension à leurs yeux!

    • Merci pour ton témoignage Virginie. En somme, tous les commentaires déposés ici et sur Facebook vont dans ce sens : les poupées, ça marche, parfois pas, parfois un temps seulement, parfois très moyennement. L’important n’est pas vraiment que l’enfant joue à la poupée, mais qu’il puisse y jouer si il en a l’envie (et d’ailleurs, peu importe la poupée, un bout de chiffon fera l’affaire s’il n’a pas mieux à se mettre sous la main ; c’est le regard de l’adulte qui compte -> qu’il ne pose aucun jugement – positif ou négatif – sur le jeu de l’enfant ; et ça c’est très difficile).

      Pour cette histoire de cadeaux, je comprends bien. Nous sommes à la fois coincés entre notre désir de ne pas accumuler trop de choses, l’envie d’offrir de belles choses à nos petits et l’avalanche de cadeaux qui arrivent de toutes parts et dont on ne sait parfois pas trop quoi faire (sans vouloir vexer notre entourage). Pourquoi ne pas demander à tous de se cotiser pour t’offrir les ateliers qui te permettront de confectionner toi-même la poupée de ta fille ? Ou, si certains sont doués en couture ou en tricot, leur proposer de composer le petit vestiaire de cette poupée en leur donnant les dimensions de la poupée que tu prévois de confectionner ? Si ces idées ne sont pas en vogue dans la famille, tu peux aussi demander qu’ils s’orientent vers les accessoires plus traditionnels de la poupée : berceau / lit / poussette, etc. Mais c’est vrai qu’à un an, ta fille n’exploitera pas tout de suite tout ce matériel (à part la poussette, qu’elle devrait beaucoup aimé pousser si ou quand elle marche). Quant aux poupées à visage, je pense qu’effectivement elles peuvent attendre trois ou même quatre ans et, si possible, être choisies ou créées avec l’aide de l’enfant. C’est pour ça que je ne me presse pas ici, et que la petite Corolle avec ses yeux qui s’ouvrent et se ferment correspond tout à fait bien « aux besoins » de mon fils (qui se serait d’ailleurs tout à fait contenté de n’importe quel nounours avec des yeux et une bouche, hein, comprenons-nous bien). J’attends donc de voir s’il désirera une autre poupée, à laquelle s’attacher davantage, dans le futur. Et, encore une fois, je te rejoins tout à fait : dès 12-15 mois, les enfants sont très sensibles au fait qu’on leur offre des choses fabriquées pour eux. Je ne le pensais pas, mais je m’en suis rendu compte en expliquant récemment à mon fils qu’un de ces pulls était tricoté pour lui par sa mamie : il y a tout de suite accordé beaucoup d’importance. J’en étais assez étonnée… Une fois de plus, il m’apprend tellement de choses !

  3. ravie de voir que cette idée des jeux pour tous n’est pas du fait que de certain parent! Lorsque pour les 2 ans de ma puce j’ai crié haut et fort à qui voulait bien. entendre qu’elle adorait les voitures, j’ai d’abord eu droit à quelques « à bon, tu es sur et sinon elle n’aimerais pas autre chose? »! tout cela pour au final recevoir un garage à voiture ROSE! finalement pour Noël ma belle mère a fini par comprendre et nous avons reçu un établi car ma fille adore bricoler comme son père!

    je m’offusque encore de voir certain parent crier au loup des que leur fils approche une poupée, une table à repasser ou encore une poussette!

    VIVE LES JOUETS POUR TOUS!!!!

  4. Sur la liste de naissance de ma fille, il y avait un chariot… de bricolage (tournevis, clef anglaise…), évidemment personne ne l’a acheté « ce n’est pas pour fille! »… Si encore il avait été rose 😉 Eh bien Bibounette a elle-même déniché ces mêmes outils à la crèche, sans influence aucune de ses parents donc! Elle y est surnommée Miss Bricole et va donc recevoir de ses parents le dit chariot pour son prochain anniversaire! Et cela ne l’empêche pas d’aimer aussi les poupées (essentiellement pour les dévorer de bisous du haut de ses 11 mois)… Et en passant, je m’insurge aussi contre les vêtements inconfortables pour fille (robes à frous-frous anti-motricité…), les filles ont aussi le droit de porter des pantalons confortables!
    Bonnes longues heures de jeu à Django

  5. Ma Grande qui a maintenant 7 ans et demi, m’a demandé un garage et des voitures pour ses 3 ans.
    Nous avons fait le tour des brocantes ensembles pour lui trouver un garage (en plastique 🙁 ). Et j’ai complété en lui achetant des voitures en bois.
    Incompréhension de mon entourage( imaginez leurs propos…) qui s’est empressé de lui offrir des « vrais » jouets de fille (1 Barbie entre autre).
    J’ai déjà prévu la poupée (celle en tissus d’Oxybul) pour les 1 an de mon Loulou.

  6. Tout à fait d’accord 🙂 Je n’en suis pas encore là, mais j’ai bien prévu de proposer à mon petit garçon toutes sortes de jouets. Les poupées, les cuisines, les marchandes, je ne vois pas pourquoi cela serait réservé aux filles !
    Mais c’est vrai que sur certains aspects, c’est plus difficile qu’il n’y paraît de se défaire des stéréotypes… Et j’imagine que c’est de plus en plus difficile en grandissant !
    Merci pour le super article que tu références, c’est vraiment très intéressant, j’avoue que je regarde les Playmobil sous un autre angle (mais je les adore quand même ces petits bonhommes !)… J’ai hâte que mon fils puisse jouer à la maison 1900 (« pour filles ») que j’avais quand j’étais petite !
    Ah et les poupées Waldorf… J’en ai un certain nombre sur mon tableau whishlist de Pinterest… Toi qui es créative, ça ne te tente pas de te lancer dans la fabrication ?

    • Merci pour ton commentaire ! Moi aussi je vois les Barbies et les Playmobil différemment… mais j’ai beaucoup joué avec les deux, lorsque j’étais enfant, et je compte bien les proposer à mes enfants aussi (comme mes poupons Corolle, ils attendent dans le grenier de mes parents). Tu as toujours ta maison 1900 ? Je ne l’ai jamais eue, mais je vois exactement laquelle c’est, j’en ai beaucoup rêvé enfant (c’est amusant comme ce genre de souvenir reste ; je n’y avais plus jamais songé, mais maintenant que tu en parles, je la vois très nettement dans mon esprit). Pour les poupées Waldorf, j’hésite beaucoup à me lancer… Bien sûr, ce serait super d’en faire moi-même, mais j’ai l’impression qu’il faut pas mal d’essais pour arriver à quelque chose de vraiment convainquant. Les cheveux me font très peur notamment : dans les tutos sur le net, je trouve que ce n’est jamais très réussi. Bref… affaire à creuser ! 🙂

      • Oui, la maison je l’ai gardée !! Surtout que finalement j’y ai joué jusqu’à assez tard… Je m’amusais à tout sortir, tout monter et meubler quand j’étais plus grande. Je mettais des petits bouts de tissus dans les armoires et du coton dans la baignoire pour le bain moussant 🙂 Je crois qu’à chaque grandes vacances, je la ressortais… Et ça pouvait m’occuper 3 jours entiers. C’est le genre de jeu qui évolue vraiment avec l’enfant, une valeur sûre… Et surtout, 20 ans après, rien n’a bougé, à part quelques petits objets qui ont jauni.
        Pour les Corolle je n’ai qu’une seule poupée, assez grande, donc ça ne sera pas pour tout de suite. Et je ne crois pas avoir gardé mes Barbie car je n’y ai jamais tellement joué… La valeur affective joue énormément pour les jouets que l’on garde 🙂

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