Je te le dis tout suite, l’urgence de ce titre est volontairement ironique : après avoir longuement potassé la question du chemin du tout-petit vers l’acquisition de la continence, j’ai pris le parti de NE RIEN FAIRE !

Enfin… RIEN, pas tout à fait : tu me connais, je n’ai pas pu résister à l’envie d’arpenter la Toile pour trouver le petit pot idéal (celui qui respecte la position physiologique de l’enfant, celui fabriqué en matière écologique), ainsi que toute la panoplie du parfait petit novice de la maîtrise de la vessie (seras-tu étonné si je te dis qu’il y a de la laine dedans ?).

Si toi aussi tu te poses toutes ces questions à propos de l’acquisition de la continence, voici une petite sélection de lectures et d’objets qui pourraient bien faciliter ta réflexion.

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La panoplie du parfait petit novice de la maîtrise de la vessie

Premièrement, il semblerait qu’en matière de petit pot, tu ne puisses pas tout avoir. En fonction de tes priorités, il te faudra donc choisir…

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  1. Ergonomique, le « pottopfchen » (fabrication allemande) respecte l’anatomie des plus petits. La position accroupie, avec les genoux plus hauts que l’assise (comme en portage physio), facilite l’élimination. Parfait dès 18 mois, il peut également servir pour la pratique de l’HNI (Hygiène Naturelle Infantile). Je l’ai choisi après que le « Dot Pot » (cf. plus bas) s’est révélé trop haut pour mon petit bébé. Disponible sur Ecopitchoun.
  2. Écologique, le « becothings » est fabriqué en fibres végétales, ce qui le rend totalement biodégradable : après avoir rempli son office de petit pot, il peut être enterré dans le jardin. Je le trouve toutefois assez lourd (pour qu’un enfant puisse le déplacer à sa guise). Disponible sur Once Upon A Time.
  3. Évolutif, le « Dot Pot » est à la fois un pot muni d’une hanse, un réducteur de toilette et un marche pied. Il est également entièrement recyclable (mais ne l’enterre pas dans le jardin, celui-ci, hein). Je le trouve toutefois trop haut pour un enfant jeune : mon bébé de 20 mois ne s’y installe pas toujours dans le bon sens et l’assise est loin d’être physio pour un si petit. On attendra qu’il soit un peu plus grand ! Disponible sur Once Upon A Time.

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Pyjama en laine ultra-fine Merinos Kids sur Fool de wool – petit pot anatomique sur Ecopitchoun ; non, je n’ai pas commencé une collection de petits pots pour bébé : j’ai simplement équipé également les grands-parents qui gardent notre fils en semaine ; les petits pots sont arrivés chez nous avant d’être dispatchés.

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Quant au reste de l’équipement, je sais que beaucoup d’entre nous attendent impatiemment les beaux jours pour laisser bébé à son apprentissage tout nu dans le jardin. Quelques accessoires peuvent toutefois s’avérer bien utiles…

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1. Pyjama 100% mérinos Merino Kids et 2. pantalon laine et soie Cosilana, disponibles sur Fool de Wool ; 3. jambières 100% mérinos Manymonths.

La laine est une matière très pratique pour l’acquisition de la continence ou la pratique de l’HNI, car, en cas de raté, il suffit d’aérer le vêtement à l’air libre pendant 24h. Il peut ensuite être porté à nouveau (pour mieux le comprendre, lire cet article sur les caractéristiques de la laine). On évite de la sorte les interminables lessives que l’utilisation de coton nous imposerait et l’éventuelle humiliation pour l’enfant qui a mouillé son pantalon (la tâche sera en effet beaucoup moins visible sur de la laine, et la sensation d’humidité moins désagréable, car la laine a un pouvoir d’absorption très supérieur à celui du coton).


Trop chaude pour l’été, la laine ? Je t’assure que la finesse des tissus de Merino Kids, Cosilana (dans sa gamme laine et soie) ou encore Little Flock of Horrors, par exemple, rendent ces vêtements en laine tout à fait adaptés pour des températures jusqu’à 27°. Mieux : grâce aux propriétés thermorégulatrices de la laine, ils évacueront la transpiration beaucoup mieux qu’un coton, laissant l’enfant sec.


Tu peux aussi compléter cette panoplie par une peau d’agneau ou une couverture en laine lanolisée (c’est-à-dire rendue imperméable par un bain de lanoline), qui servira d’alaise sur le lit de bébé en cas de fuite.

Je ne parle pas de culottes d’apprentissage, car j’ai pour le moment décidé d’en faire l’économie. Si tu es convaincu de leur utilité, n’hésite pas à laisser un commentaire sous cet article, en expliquant l’utilisation que tu en fais et, éventuellement, tes marques favorites.

J’ajoute un petit livre sur le sujet, conseillé par mon amie Charlotte qui l’avait déjà lorsqu’elle était petite. Il en existe évidemment plein d’autres, celui-ci fonctionne bien chez nous. N’hésite pas, écris-moi tes favoris en commentaire !

Sur le pot, Borgardt et Chambliss
Sur le pot, Borgardt et Chambliss

Choisir de ne pas apprendre la continence à son enfant

(ou le guide du parent qui excelle
dans l’art  de se tourner les pouces de l’observation)

Généralement, je ne me prends pas trop la tête pour l’éducation de mon bébé. Je lis des auteurs et des blogs qui partagent la même vision de l’éducation que moi, j’essaye de faire preuve de bon sens, de patience et surtout d’humour.

Alors, dieu sait pourquoi je me monte la tête avec cette histoire de propreté depuis le premier anniversaire de mon fils. Il ne marchait même pas encore que je me demandais chaque jour dans quelles culottes d’apprentissage j’allais investir, s’il allait pouvoir se hisser seul sur le pot depuis son quatre pattes bien maîtrisé ou si je devrais prendre initiative de l’y installer moi-même (ce qui me dérangeait dans mes principes de motricité libre, notamment…). Blablabla.

Cela doit venir de mes premières lectures à propos de « l’apprentissage de la propreté » (potty learning) – ou, encore plus directif, de « l’entrainement à la propreté »(potty training) – sur des blogs montessoriens. Dans la pédagogie Montessori, en effet, l’acquisition de la propreté est envisagée comme un apprentissage, qui démarre tôt (entre 12 et 18 mois, selon les signes d’intérêt manifestés par l’enfant) et qui est relativement long (les couches sont remplacées par des culottes d’apprentissage pendant la journée, puis durant la sieste et, enfin, au cours de la nuit ; l’enfant apprend de ses « ratés » en constatant la sensation d’humidité dans la culotte d’apprentissage, qui ne doit idéalement pas comporter de matière plastique (PUL), etc.).



Lire par exemples les nombreux articles de How we Montessori sur ce qu’elle appelle « toilet learning » ou encore cet article de Vibrant Wanderings sur une approche respectueuse de l’apprentissage de la propreté.


Bien que cette approche me paraissait séduisante (parce qu’elle s’inscrivait par exemple dans une démarche relativement respectueuse de l’enfant, en relativisant les ratés, en essayant de se mettre à l’écoute de ses besoins et en favorisant son autonomie), elle me paraissait aussi particulièrement longue et même un peu violente. Je n’arrivais pas à m’enlever de la tête que si cette méthode (puisque c’est bien comme cela qu’elle se présente) prenait autant de temps, c’est que l’enfant n’était peut-être pas tout à fait prêt. Et qu’en était-il du fameux « déclic » dont parlent souvent les mamans (l’enfant qui, entre 1 et 4 ans, enlève soudain sa couche pour devenir immédiatement continent) ? Comme souvent, il me semblait toucher aux limites de la méthode montessorienne…

Je ne me décidais donc pas à tenter quoi que ce soit. Tout au plus, je regardais mollement les différents modèles de culottes d’apprentissage, essayant d’en trouver en coton biologique et sans PUL dans mes boutiques virtuelles préférées.

Puis, RÉVÉLATION, je suis tombée sur l’article « Devenir continent » du blog A la douce, dont je te recommande vivement la lecture car il est riche de plusieurs citations (Dolto, Berry Brazelton, notamment) sur la question de la continence et le développement physiologique de l’enfant.  Je ne reprends qu’un extrait de Dolto cité par A la douce :

C’est vraiment dommage de perdre tant de temps avec le pot de chambre, alors que tant d’autres choses sont à faire, pour développer l’adresse des mains, de la bouche, de la parole, du corps tout entier… Lorsque l’enfant est adroit, habile de ses mains, acrobate, c’est-à-dire jouit en liberté et relaxation d’une bonne coordination de ses mouvements, et d’un tonus maîtrisé, lorsqu’il parle déjà bien, il a plaisir à devenir propre tout seul, à faire comme font les adultes, c’est-à-dire aller aux cabinets.

Françoise Dolto, Lorsque l’enfant paraît

A cet article très intéressant s’ajoute le plaidoyer de Merci qui ? Merci Montessori sur « L’art de ne rien faire » en matière de continence.

Voilà : grâce à ces deux articles, j’ai trouvé la confirmation que mon envie de ne pas trop intervenir dans l’acquisition de la continence chez mon bébé n’était pas complètement aberrante et n’allait pas me faire passer à côté de la cruciale « période sensible » pour l’apprentissage de la propreté identifiée par Maria Montessori entre 12 et 18 mois.

C’est donc décidé, je me la coule douce et je n’interviens pas dans l’acquisition de la propreté chez mon bébé, si ce n’est pour lui fournir un cadre et un matériel adapté à cette étape de son développement.  Ouf, quel soulagement ! Rendez-vous pour faire le bilan dans quelques mois ! EDIT : « Acquisition de la continence » (suite et fin)

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15 Comments on 3, 2, 1, GO ! C’est parti pour la continence !

  1. Bonjour « Minuscule Infini » je voulais avoir ton feedback quelques mois après sur cet article?
    Ton petit a t’il eu le déclic?
    je me pose les mêmes questions que toi l’année dernière
    bonne soirée

    • Oui, Mona, pour te répondre vite, parce que je devrais idéalement écrire sur le sujet, c’est exactement ce qui s’est passé : juste après les fêtes, Django a décidé qu’il ne mettrait plus de langes. Il est désormais propre le jour, la sieste, la nuit. En un coup, comme ça, comme beaucoup de mamans m’avaient prédit que ça arriverait. Je confirme que, comme l’annonçait Dolto, ça va de paire avec le moment où l’enfant monte super bien les marches, s’amuse constamment à sauter à pieds joints, etc. Les quelques accidents du début se font bien rares et étaient surtout dus à la difficulté de se déshabiller assez rapidement, mais je pense que Django arrive désormais à se retenir beaucoup mieux qu’au tout début. Bref, franchement, que c’est facile ! Il suffit que je pense à emporter un pot avec nous dans nos déplacements, car la toilette des grands l’impressionne encore un peu (quoi qu’il commence à l’utiliser, parce que chez des amis ok, mais je me vois mal me pointer avec mon pot à la bibliothèque du quartier…) Honnêtement, je me demande si tous les apprentissages ne requièrent pas seulement ça : le bon moment, le déclic… Mais j’avoue être la première à stresser si ça ne vient pas assez vite à mon goût. Sans compter que la pression de l’école est là et qu’on ne peut pas toujours attendre que le déclic se fasse… Mais, selon mon expérience, je suis tellement ravie de nous avoir épargné le long entrainement à base de culottes d’apprentissage dans lequel j’ai pensé me lancer plusieurs fois lorsqu’il avait 18 mois. Bon parcours à vous !

  2. Petit retour d’expérience de mon côté, après mes deux garçons (hélas, c’est loin, j’ai déjà beaucoup oublié…) : Le point de départ, c’est une approche HNI très très très light tous petits : Mon aîné, en couche lavable, faisait très souvent ses besoins lors des changes. Du coup, on lui proposait d’éliminer sur une bassine à ces moments là, ou lorsque j’avais le « feeling » qu’il en avait le besoin. Hélas, avec la crèche, tout ça s’est un peu perdu, mais j’espérais quand même qu’il lui resterait quelque chose de cette capacité à identifier ses besoins. Vers 18 mois, je lui ai montré le pot, et expliqué à quoi ça servait. Il y a eu des périodes où il a eu l’air de comprendre, et était capable de l’utiliser, puis ça passait (pê aussi par manque de suivi à la crèche?). Il restait malgré tout en couche. Puis avec le beau temps à l’été de ses deux ans, je lui retirais régulièrement les couche et de fil en aiguille, il est devenu propre assez facilement, même s’il y a eu des accidents encore longtemps après (difficile de s’écouter lorsqu’on est plongé dans un jeu passionnant…). D’une certaine manière, j’ai sans doute un peu forcé, mais je trouve que les couches ne doivent pas être confortables pour nos petits, et qu’il doit leur être plus agréable d’avoir les fesses dans le coton sec plutôt que de mariner dans leurs besoins (aussi fréquemment qu’on change les couches, ce n’est quand même jamais parfait). Pour le second, le scénario a été un peu identique, si ce n’est que lui n’est pas passé par la phase « HNI » (je n’ai jamais réussi à identifier son rythme/ses besoins).

    Donc, oui, il y a eu apprentissage de la propreté dans le sens où ils étaient invités à signaler leurs besoins, et parfois incités à utiliser le pot, avant de partir en vadrouille typiquement. Mais il n’y a jamais eu de crise liée à ça, on acceptait les accidents pour ce qu’ils étaient, et j’avoue que je suis TRES contente aussi bien pour eux que pour nous que la période des couches ne se soit pas prolongée plus que nécessaire :-).

    • Merci Virginie pour ton commentaire super intéressant. Il me semble justement que tu as parfaitement écouté le rythme de tes garçons. Pour moi, enlever la couche en été, ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler forcer. Et j’aimerais bien voir quelle maman ne s’écrie pas au moment de sortir de la maison : « tout le monde a bien été au toilette ? » ? Personnellement, cette phrase de ma propre maman résonne encore dans ma tête ! Et je lui étais bien souvent reconnaissante de son rappel.

      • Ohlala, oui, et ça s’étend bien après la période de la propreté… Mon grand a 7 ans, et je dois encore parfois lui suggérer d’aller à la toilette, et pas seulement lors des départs (le symptôme de la mort qui tue : Les gambettes qui battent la mesure sous la table…).

  3. Oh, merci pour cet article! J’avais déjà fait une recherche par mot clef sur ton blog à la recherche de ton avis sur la question 😉 me voilà comblée! Comme toi, je n’y voyais pas clair entre ne pas rater l’occasion et surtout (ma priorité) ne pas mettre de pression. Evidemment interpellée par cette histoire de période sensible, j’ai présenté un pot à ma fille quand elle a eu un an. Sa réponse : écarter le pot et aller me chercher une couche!!! C’était suffisamment clair pour que j’arrête de me prendre la tête et que je décide de ne plus rien faire! Juste une question : tu laisses la pot en évidence quelque part en attendant qu’il s’y intéresse de lui-même?

    • Oui Biboulov : il y a un pot dans les toilettes et un pot dans la pièce de vie (cuisine + salon + salle à manger) où nous passer le plus clair de notre temps. Actuellement, mon bébé s’assied volontiers sur le pot… mais habillé ! Et il y assied également ses peluches. Il a bien compris le principe. Quand nous avons l’occasion (càd que je suis disponible et de bonne humeur pour faire le ménage), je le laisse sans lange, avec des jambières en laine ou un pantalon en laine léger, en lui rappelant qu’il peut à tout moment demander une couche ou le pot. Pour le moment, nous essuyons ensemble les ratés par terre et ensuite seulement il me désigne le pot (genre, « c’est là que j’aurai dû aller hein, maman ! ») et demande une couche. Ça me fait plutôt sourire. Au moins, il a les fesses à l’air et fait connaissance avec son anatomie.

  4. Ton article tombe bien (comme souvent), je commençais à me poser la question du choix du pot, avec les mêmes critères que toi 🙂 Du coup, ça va bien me simplifier la tâche, merci ! En plus, il est bleu, c’est parfait !
    Bon, ici, rien ne presse, et j’avais déjà lu les 2 articles dont tu parles, ça me conforte dans l’idée de laisser faire à son rythme…
    Je ne me suis pas encore posé la question de la garde robe, la laine me paraît une bonne idée. Je suis d’accord sur le côté pratique 🙂
    Par contre, on utilise beaucoup les body ManyMonths mais dès qu’il commence à faire plus de 22-23, j’ai l’impression que ça lui tient quand même chaud… Les marques dont tu parles, est-ce que l’épaisseur est plus fine ?

    • Ah oui, beaucoup beaucoup plus fine que Manymonths. Tu as tout à fait raison de ne plus mettre tes MaM à partir de 22-23°, chez nous aussi ça fait transpirer. Surtout que nous n’avons plus des nourrissons, mais des petits aventuriers qui courent partout et se dépensent beaucoup, donc MaM est trop chaud. Par contre Cosilana et surtout Merino Kids et LFOH (qui sont encore plus légers que Cosilana) seront vraiment parfaits pour l’été. C’est aussi fin que du coton, mais tu gardes les avantages de la laine : thermorégulatrice, sèche plus rapidement, ne doit pas être lavée souvent, etc. J’ai oublié d’écrire, parce que ça me semblait une évidence, qu’il faut que l’enfant puisse retirer ses vêtements seul (au moins les bas). Donc exit les jeans tout moulants avec boutons, mais je ne crois pas que ce soit ton style 😉 !!!

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