Événements familiaux difficiles, fin de thèse, grosses chaleurs, envie de passer toujours plus de temps avec mon fils, occasions de faire plein de découvertes avec des gens que j’aime… : je suis beaucoup moins présente sur le blog en ce début d’été. Mais je me réjouis, à lire les statistiques du site, de voir que toi aussi : je t’imagine dehors, à gambader dans les champs avec ta joyeuse marmaille ou derrière ta machine à coudre pour confectionner de jolis bloomers et robes d’été (et je compatis beaucoup si tu es enceinte ou coincée – comme moi, souvent – derrière ton ordinateur en ces jours caniculaires).

Aujourd’hui, je voudrais te parler d’un fantastique matériel pour raconter les histoires, chez soi ou en classe. Bien qu’il commence à peupler les bibliothèques et les centres d’activités culturelles pour enfants, il sort un peu de l’ordinaire et demeure assez méconnu. J’en suis tombée amoureuse il y a quelques mois, et j’ai eu la chance d’en recevoir un exemplaire à prêter de la part du merveilleux magasin de jouets éthiques Casse-Noisettes.

Il s’agit du « Butaï » ou théâtre japonais. C’est une structure de bois (ou de carton) pouvant accueillir plusieurs planches d’une histoire (en format A4, A3, etc.) ; le conteur est derrière le petit théâtre, et tandis qu’il passe d’une planche à l’autre, il lit le texte au dos de la planche qui lui fait face. Il peut jouer sur des effets de vitesse (en opérant une transition rapide ou lente entre les planches), ajouter des bruitages, des accessoires, aménager des jeux de lumières, etc.

C’est un régal, tant du point de vue de celui qui conte que pour son petit auditoire captivé ! Les exploitations pédagogiques d’un tel outil me semblent illimitées.

Casse-Noisette, à ma connaissance le plus intéressant des magasins de Bruxelles
Casse-Noisette, à ma connaissance le plus intéressant des magasins de jouets de Bruxelles

À la maison, nous sommes des dévoreurs d’histoires. À tel point que j’en ai fait mon métier (hé oui, chercheuse en littérature… il fallait aimer les livres pour en arriver là). Le Papa, c’est plutôt les bandes-dessinées et l’héroïc fantasy, sa came. Peu importe, il prend (presque) autant de plaisir que moi à lire des histoires à son petit garçon. Et Django adore les livres : il me semble qu’il pourrait passer un temps infini à nous apporter un à un ses coups de cœur du moment et à s’assoir auprès de l’un de nous pour que nous les lui racontions. Dès qu’un invité pointe le bout de son nez, cela ne rate pas : il ne faut pas bien longtemps pour que mon petit garçon s’installe sur ses genoux avec le livre tant convoité, celui que Papa et Maman ont tellement lu qu’ils ne peuvent plus le voir, et que Django est tout heureux de tendre à sa nouvelle victime âme charitable.

Le Butaï

Découvrir l’histoire du Butaï sur Le Jardin de Kiran

L’histoire et le fonctionnement du Kamishibaï sur Casse-noisettes

Le Butaï est un fabuleux moyen de donner une nouvelle dimension au temps de l’histoire, en la ritualisant. Les enfants prennent place devant le conteur et son petit théâtre de bois et assistent au spectacle. Bruitages, mimiques, transitions variées des planches, accessoires, etc. donnent rapidement un côté très théâtral à la prestation. Il est également possible de braquer une lampe sur la théâtre pour renforcer l’impression scénique ou d’emmener le butaï à l’extérieur, pour organiser une séance de contes en plein air.

Que faire avec un Butaï ?

Si tu as un tant soit peu l’âme d’un conteur, tu prendras immédiatement beaucoup de plaisir à raconter un Kamishibaï (séquence de planches formant une histoire auquel le butaï sert de support) à tes enfants (pour la vie de tous les jours, lors d’une fête, en t’invitant à l’école, etc.). Je te conseille de découvrir le texte à l’avance et de t’entraîner au passage des planches à la maison, devant un miroir par exemple, pour que la narration soit réussie.

Le Butaï, toutefois, offre d’autres exploitations pédagogiques. Il est par exemple un excellent support pour faire découvrir l’Histoire aux enfants (ou aux grands, personnellement, je ne demande que ça) : pour s’en convaincre, il suffit d’aller voir le magnifique Kamishibaï (téléchargeable gratuitement) que Le Jardin de Kiran a réalisé sur l’histoire de Jeanne d’Arc à partir de tableaux célèbres. Je suis particulièrement séduite par cette idée de se servir de l’œuvre de peintres en guise d’illustrations. Le Jardin de Kiran propose également un Kamishibaï qui raconte une chronique du mémorialiste Pierre de l’Estoile à partir de peintures de la Renaissance au XXe siècle. Précieux !

Inscrit dans un projet plus large, le Butaï devient un merveilleux projet d’art plastique, d’expression écrite et de narration : les enfants confectionnent un butaï en carton ou en bois (toutes les dimensions sont possibles et seront choisies en fonction du lieu de la représentation et de la taille du public), ils inventent l’histoire, la structurent en séquences et dessinent les planches du Kamishibaï. Ils travaillent ensuite à la raconter à destination d’un public (une classe d’enfants plus jeunes, leurs parents lors de la fête de l’école, etc.). À la maison aussi (pour ceux qui pratiquent l’Instruction En Famille, notamment), le Butaï constitue un merveilleux outil pour développer l’imagination, l’expression écrite et l’expression orale.

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Se procurer Butaï et Kamishibaï

Chez Casse-Noisette (je te conseille de toute façon la visite de leur boutique en ligne, car c’est vraiment un fantastique magasin, qui propose beaucoup de jeux inédits, intelligents et éthiques, et prodigue d’excellents conseils), tu trouveras un modèle de butaï en bois, dans lequel peut se glisser la grande majorité des Kamishibaï disponibles actuellement sur le marché européen. J’ai eu l’occasion de le tester : le bois est de bonne qualité, l’objet stable et esthétique.

Je reprends au Jardin de Kiran la liste des éditeurs de Kamishibaï :

Callicéphale
Éditions du pas de l’échelle
Éditions Grandir
Éditions du Taillepage
Planète Éducation
Sieteleguas
Michel Kieffer

Bon à savoir : certaines bibliothèques proposent des Kamishibaï à la location (ce qui peut vraiment s’avérer intéressant, étant donné que le prix de chaque histoire oscille autour de 25 euros). À Bruxelles, tu peux trouver la liste des Kamishibaï disponibles à la location sur le moteur de recherche des bibliothèques bruxelloises (sélectionne la bibliothèque la plus proche de chez toi dans la colonne de droite sur le lien qui précède).

Mais le mieux est encore de fabriquer sa propre histoire !

Qui a vu l'ours ?, éd. Callicéphale
Qui a vu l’ours ?, éd. Callicéphale

Fabriquer un Butaï

Le Jardin de Kiran a créé non pas un mais plusieurs (!!!) tutoriels pour fabriquer un théâtre japonais :

Le Butaï pour Kamishibaï au format traditionnel
Le Butaï de l’Enfant Conteur (version plus aisément réalisable)
Le Butaï en carton pour Kamishibaï format A4
Le butaï pour Kamishibaï grand format

Comme d’habitude, je suis une mauvaise élève, et je n’ai toujours pas pris le temps d’en réaliser un pour notre maison (ah… moi et le bois, on n’est pas copains), mais un immense merci au Jardin de Kiran d’avoir mis en ligne des ressources d’une telle qualité !

Si tu trouves d’autres Kamishibaï à télécharger gratuitement ou que tu en crées toi-même un pour tes enfants ou ta classe que tu souhaites mettre à la disposition de tous, n’hésite pas à le partager !

Tu peux aussi témoigner de ton expérience en commentaire, m’envoyer des photos de créations de Butaï et de Kamishibaï (minusculeinfini@gmail.com) ou tout simplement me dire ce que tu penses de cet objet, quelles histoires tu as préférées, etc.

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2 Comments on Raconter des histoires autrement : le Butaï, théâtre japonais

  1. ici c’est un classique (suis instit en maternelle).
    En début d’année, chaque élève fabrique un Butaï en carton.
    Pour chaque album/conte travaillé, les élèves repartent avec leur Kamishibaï. Le texte est le même pour chaque élève. Les illustrations et le nombre de « planches » sont personnelles.

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