effetmontessori04– Un an –
effetmontessori02– Deux ans –
effetmontessori01– Deux ans pas encore tout à fait et demi –

Non, je ne suis pas une inconditionnelle de la pédagogie Montessori. Je t’expliquerais d’ailleurs peut-être un jour pourquoi, si ça t’intéresse. Mais il y a, dans les ouvrages de Maria Montessori, des propositions si simples et intelligentes qu’elles s’imposent rapidement comme des évidences et qui pourtant, pour nos esprits élevés dans l’aire du plastique et de la surconsommation, peuvent tout d’abord faire l’effet d’une véritable révélation. L’idée de ne proposer que de la vaisselle en matériaux naturels à l’enfant depuis sa naissance (verre, céramique, bois, etc.) fut pour moi de cet ordre ! J’ai eu la grande chance de faire cette « découverte » au moment où je cherchais la vaisselle la plus clean possible pour mettre sur la liste de naissance de Django… Exit, au dernier moment, les jolies assiettes Biobu et autres sets en plastique garantis sans BPA. Nous nous sommes simplement équipés de couverts, de verres et de carafes de taille réduite, adaptés aux petites mains de bébé, souvent chinés dans les tiroirs de cuisine des copains ou des grands-mères. Allaité jusqu’à 16 mois, Django n’a vraiment commencé à boire de l’eau que l’été de son premier anniversaire, mais il mange dans une assiette « qui casse » depuis les premiers temps de la diversification alimentaire. Cela fait désormais plus d’un an qu’il boit seul dans un verre en verre, quelques mois qu’il adooooore se servir lui-même avec une carafe (même si le versé est encore loin d’être parfait… mais ce n’est pas vraiment mon objectif – pas une inconditionnelle de Montessori te disais-je, huhu). A 28 mois, il est tout à fait capable d’aider à mettre la table, de se servir (quand il veut bien manger seul) de petits couverts. S’il ne manipule pas encore très bien le couteau, il a tout à fait compris le danger de celui-ci. À lire d’autres blogs montessoriens, tu découvriras vite que mon fils ne fait pas exception (et qu’il existe même des enfants beaucoup plus « précoces » en la matière).

Ces gestes, qui sont pour lui naturels, provoquent souvent de la réticence hors du cercle familial. Spontanément, on s’empresse de retirer les objets qui cassent des mains d’un enfant plutôt que de lui rappeler, simplement, que ceux-ci sont fragiles. On s’écrie : « Attention, tu vas le casser ! » (ce qui est, assurément, la meilleure manière pour que l’enfant le casse, effectivement). On ne propose pas à un enfant de deux ans d’aider à mettre la table, de passer un chiffon pour les poussières ou d’essuyer l’eau qu’il a renversé. Il suffit pourtant d’observer le plaisir et la concentration d’un tout-petit lorsqu’il effectue ces tâches pour se convaincre de leur intérêt.

Et je peux t’assurer que Django a cassé beaucoup moins de vaisselle ces deux dernières années que moi, dont la maladresse quasi-légendaire arrache des soupirs moqueurs à mon homme ! Et puis franchement, quel gain de temps, de place et d’argent…

Les solutions les plus simples…

À défaut d’être une « bonne résolution », voilà du moins mon leitmotiv pour 2016.

Que l’année nouvelle te soit douce et belle !

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9 Comments on L’effet Montessori (2)

  1. Je suis bien d’accord! J’ai découvert cet état d’esprit autour de la vaisselle un peu plus tard, et j’ai utilisé des assiettes et verres en plastique pour mes enfants lorsqu’ils étaient tout petits, mais depuis que la Demoiselle a 15 mois c’est la même vaisselle que tout le monde. Je pensais devoir renouveler ma vaisselle régulièrement, et finalement l’endroit où se casse le plus la vaisselle c’est quand nous la mettons dans le lave vaisselle. Toutes les assiettes à bord haut sont intactes et elle a 29 mois!

  2. C’est marrant parce que je ne connais que de nom la pédagogie montessori et pourtant tout ce que vous dite dans votre article ce passe à la maison. Ma fille n’a vient juste d’avoir 3ans mais elle aodre l’aspirateur et nous « aider » à faire le ménage, elle a un couteau pour manger depuis longtemps (et elle a encore tout ses doigts lol) enfin bref pour moi tout votre article me paraît tellement évident. Je vais me pencher sur cette pédagogie plus sérieusement pour la découvrir.

    • Tant mieux Angelina, je trouve formidable que des parents fassent spontanément confiance à leurs enfants et les invitent à participer aux tâches quotidiennes. Ca veut dire que nous ne sommes pas tous « pervertis » par le matraquage médiatique destinés aux « bons parents ». Pour l’usage des couteaux, du verre, etc., je crois toutefois que cela n’aurait pas été mon cas si je n’avais pas croisé les ouvrages de Maria Montessori.

  3. Eh bien, c’est par hasard en cherchant des patrons de pantalons enfants gratuits que je suis arrivée sur ton site… Quelle belle surprise d’y trouver mes 2 passions en même temps !! La couture et les pédagogies ! Je suis étudiante au baccalauréat en enseignement primaire et préscolaire, et une grande passionnée des pédagogies alternatives aussi ! Il va être particulièrement intéressant pour moi de voir comment tu les abordes de ton point de vue de parent…
    Ton site est génial, continue comme ça !!

  4. Tout à fait d’accord avec toi ! Ici Babygirl utilise depuis toujours des assiettes et verres normaux. Plutôt que de mettre tout ce qui est fragile hors de sa portée, on lui a expliqué dès le début ce qu’il ne fallait pas toucher et pourquoi (ex : le café de papa, la théière de maman), ou ce qu’il fallait utiliser avec précaution. Elle a toujours été très attentive à ces consignes, et adore nous aider à débarrasser la table en portant les choses fragiles en faisant bien attention.

  5. Ma petite poulette de 16 mois n’aime que les verres en verre (et pas n’importe lesquels : les verres orange duralex !). Donc, elle boit toute seule dans ses verres orange duralex.
    De même, elle n’est pas fan des cuillères en plastique ou silicone, enfin des cuillères pour bébé. Donc, elle mange avec une cuillère en métal.
    Par contre, en ce qui concerne les assiettes… Certes, elle utilise parfois de petites écuelles ou des bols qui cassent, mais les grandes assiettes sont en mélaminé.
    Et à vrai dire, c’est parfait quand on va manger chez des amis, puisqu’on n’a pas besoin de prévoir de couverts pour elle, elle utilise ce qu’il y a (elle a même bu dans un verre à pied pour Noël : pas de petits verres dans le gîte où nous étions).
    MAIS, pour moi, ce n’est pas du Montessori, juste du bon sens (un jour, j’expliquerai peut-être pourquoi entendre parler de Montessori à tout bout de champ me hérisse le poil 😉 )

    • C’est génial si pour toi, cette manière de faire s’est imposée spontanément. Pour moi, sans avoir lu Montessori, Dolto, Piaget, etc., je n’aurais pas fait le chemin que j’ai parcouru depuis la naissance de mon fils. Je suis très heureuse que ces lectures aient croisé ma route. Elles m’ont appris énormément en défaisant plein de réflexes et de préjugés que j’avais inconsciemment acquis à propos du bébé et de l’enfant. Et même si j’en fais une lecture critique, elles m’ont permis de me remettre en question et de penser par moi-même (ou le plus possible, en tout cas), en me mettant à observer et à écouter mon bébé.

      Quant à l’effet de mode « Montessori », je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il est incontestable, mais je ne vois absolument pas où est le problème et je suis plutôt passablement agacée quand je lis des blogueuses qui s’estiment spécialistes de cette pédagogie et qui déplorent qu’elle soit mise à toutes les sauces. Pour moi, c’est un peu comme les écologistes qui déplorent toutes les initiatives vertes de leurs voisins sous peine qu’elles leur ont été insufflées à coup de « green washing ». Il n’y a rien de pire pour décourager les « novices »… Je ne vois pas du tout l’intérêt de cette attitude, encore moins par rapport aux pédagogies Montessori, Freinet, Steiner, etc., qui sont des pédagogies tout de même extrêmement datées et qui nécessitent évidemment à mes yeux une appropriation personnelle et une recontextualisation importantes. D’autant plus quand on n’entend pas construire un programme éducationnel (que ce soit pour l’école ou l’IEF), mais s’en inspirer pour réfléchir sur notre conception de l’enfant / de l’enfance.

      En somme, plus on parle de Montessori (et cie), plus ça me rend joyeuse ! Et si « Montessori » est effectivement devenu une sorte d’étiquette à coller sur tout ce qui touche de près ou de loin aux pédagogies dites « actives » ou bienveillantes, il faut aussi comprendre que c’est dans un but essentiellement pratique (voilà pourquoi le cube évolutif devient par exemple la « chaise montessori », même si cette brave Maria n’avait pas spécialement envie d’apposer son nom partout tel un chien qui marque son territoire). Franchement, je côtoie trop d’universitaires au quotidien pour déplorer toute initiative qui vise la vulgarisation et le partage des savoirs. Bien évidemment, cela n’empêche pas de garder son esprit critique et de ne pas applaudir aveuglément dès que « Montessori » est prononcé tel un sésame.

  6. C’est marrant, j’étais partie à la recherche de plus de bols en plastiques pour la mini (23 mois) quand j’ai fini par me dire « mais en fait, est-ce qu’elle a fait une seule fois tomber ses bols en plastiques? Et est-ce que je suis tellement attachée à mes bols en porcelaine que je ne puisse pas prendre le risque? Allez hop, économie faite!
    Par contre ma résolution de l’année ( moi qui n’en prends jamais) sera d’arrêter de dire à la grande « tu ne fais JAMAIS attention, tu ne nous écoute JAMAIS, etc » car comme elle le fait remarquer elle même « c’est pas vrai maman, dis pas jamais! »

    • Je trouve la réponse de ta fille formidable. Et ta réaction l’est d’autant plus que tu as su l’entendre ! Pfiou, ils ne cessent pas de nous obliger à nous remettre en question, hein, ces mômes. Pas le temps de s’ennuyer, on en apprend tous les jours.

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