Comme annoncé précédemment (ici, clic clic), Minuscule infini participe désormais aux programmes « experts » qui accompagnent les différentes boxes proposées par No Milk Today. Voici le premier article écrit dans le cadre de ce partenariat : mes plus fidèles lecteurs ne s’y tromperont pas, il s’agit d’une synthèse assez militante sur un thème cher à mon cœur – la consommation textile responsable -, qui propose quelques solutions, sous la forme de jolies marques et de bons plans à découvrir !

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Pulls moitié coton moitié synthétique, imprimés Hello Kitty ou Spiderman, t-shirts délavés, copies bon marché de tissus de créateurs, cardigans offerts par la tante Jeanne et remisés dans un coin de l’armoire en espérant qu’ils servent un jour, caisses de layettes entassées à la cave dans l’attente d’un énième vide-grenier… Les garde-robes de nos tout-petits débordent de vêtements produits par une industrie textile dont les grandes enseignes ont clairement saisi l’aspect particulièrement lucratif d’un marché qu’elles se font un devoir d’envahir de montagnes de pièces rarement conçues de manière éthique et peu respectueuses de la santé des enfants qui les portent.

Derrière ce pyjama tellement mignon qui te fait de l’œil au rayon nouveau-né, n’oublie jamais que se cache :

  • les conditions de travail déplorables des employés qui l’ont fabriqué à l’étranger pour un salaire de misère, parfois dans des ateliers clandestins dans lesquels sont notamment exploités (et bien que cela soit évidemment interdit) des enfants ;

  • la toxicité des matières premières et des teintures utilisées qui contamineront les personnes qui récoltent et fabriquent les vêtements (en contact direct ou indirect avec les pesticides répandus sur les champs et avec les produits chimiques utilisés dans les bains de teinture et autres processus visant à rendre la fibre plus résistante), mais aussi les personnes qui porteront ces vêtements, à savoir des enfants et des bébés dont la peau particulièrement fragile est très perméable aux agents polluants et allergisants ;

  • le gaspillage de matières premières, l’appauvrissement des sols et la pollution que génèrent cette production textile de masse et son transport vers les pays riches ;

  • le vol et la copie d’illustrations ou d’imprimés qui dépossèdent les créateurs de leur travail, et la délocalisation de la production vers des pays où la main d’œuvre coûte moins cher au détriment de notre propre économie.

Mais alors, que faire ? Comment opter pour une consommation plus responsable ?

Choisir des matières organiques

La culture biologique n’utilise pas de pesticides ou de défoliants dangereux pour la fertilité des sols, pour la santé des travailleurs en contact avec les fibres, mais aussi pour la santé de ceux qui portent les vêtements. Le coton, le chanvre ou la laine organiques sont exempts de pesticides et de métaux lourds. Ils sont donc également moins susceptibles de provoquer des allergies. Le coton bio*, c’est bon pour la peau de ton bébé comme pour la planète !

* GOTS01Attention toutefois au « greenwashing » : certaines marques profitent de l’accroissement de la conscience écologique dans nos pays pour en faire un argument marketing, affichant volontiers des étiquettes vertes sans garantir la traçabilité des matières premières qu’elles utilisent ou les conditions de travail des salariés qu’elles emploient. Préfére le label GOTS, qui garantit non seulement l’origine organique et la non-toxicité des vêtements mais aussi leur responsabilité éthique !

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Consommer éthique et / ou local

Bonne nouvelle : il existe désormais de nombreuses marques qui conçoivent des vêtements organiques de grande qualité pour nos enfants, en se souciant également de la qualité de vie de leurs employés. Beaucoup d’entre elles sont dessinées et parfois même fabriquées en Europe, contribuant ainsi à la fois à réduire les coûts énergétiques liés au transport des produits et à rendre florissante l’économie de nos pays (ce qui, en période de « criiiiiise », est particulièrement essentiel). Parmi mes marques préférées en coton, toutes dessinées et produites en Europe, il y a :

Les pièces indémodables de L’asticot

Les imprimés vitaminés de Loud + Proud

L’élégance et le confort de Mói Kidz

Les coupes minimalistes et le coton ultimement doux de Gray Label

Psssst : ces deux dernières marques sont disponibles dans ma boutique fétiche, Fool de Wool (ben oui, ce sont encore des perles que Birgit m’a fait découvrir).

Éviter de se ruiner

Consommer responsable revient logiquement plus cher que d’acheter des biens produits par la grande distribution, puisqu’il s’agit de payer à leur juste valeur les matières premières utilisées et de rémunérer correctement le travail des employés et des créateurs qui participent au processus de fabrication. Pour atténuer ce coût, on peut se rappeler qu’on n’achète pas seulement un vêtement mais qu’on investit dans un modèle économique JUSTE ! De plus, outre le fait d’acheter moins (mais mieux), là aussi, des alternatives existent, qui ont l’avantage de limiter le gaspillage :

Louer !

Comme chez Tale me, un concept store qui propose à la location de très belles marques de vêtements organiques et de créateurs pour les enfants de 0 à 4 ans et les mamans enceintes ou allaitantes. Souviens-toi, Minuscule infini t’en parlait déjà ici !

Acheter à petits prix !

Comme sur Wildressing, l’outlet des marques éthiques pour les enfants de 0 à 10 ans, qui regorge de très belles pièces neuves à prix cassés. À la fin de cet article, tu trouveras en plus un code pour bénéficier de 15% chez Wildressing.

Acheter et vendre en seconde main !

Via des groupes ou des forums spécialisés dans les vêtements organiques sur les réseaux sociaux ou sur des sites de vente d’occasion.

Faire soi-même !

Quel n’est pas mon bonheur lorsque je reçois des photos de craquants petits sarouels confectionnés dans une paire de vieux draps ou dans un t-shirt que maman n’avait plus envie de porter ! Recycler nos vêtements pour en coudre de nouveaux, ou choisir des tissus et des fils à tricoter respectueux de notre environnement et de notre peau, voilà une belle solution pour faire l’impasse sur les produits des grandes enseignes textiles.

 

Bonus

Pour aller plus loin en deux petits clics de souris, on regarde :

  • Le t-shirt à deux euros : une expérience sociale

  • Et, enfin, à voir absolument : Unravel, un très beau documentaire de 14 minutes sur le travail des femmes qui recyclent pour quelques sous tous les vêtements qui arrivent d’Occident. Moment très ironique du reportage, lorsqu’une ouvrière déclare (je donne une traduction très libre des sous-titres en anglais) :

    « Nous avons une théorie pour expliquer pourquoi tant de vêtements arrivent ici alors qu’ils semblent à peine avoir été portés : peut-être qu’en Occident l’eau est un bien si précieux qu’elle coûte aussi cher que des vêtements pour les habitants. C’est pourquoi ils ne portent leurs vêtements qu’une ou deux fois avant de les jeter.« 

    Lire aussi l’article de Mr Mondisalisation à propos de ce documentaire.

Si tu as d’autres bons plans, d’autres coups de cœur, n’hésite évidemment pas à les partager en commentaire !

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17 Comments on Pourquoi choisir des vêtements organiques et éthiques ?

  1. Merci pour cet article qui valorise le « vrai » textile bio ! J’ai crée Mémamnali une marque d’accessoires de puériculture en textile bio GOTS.
    Du fait main et du bio pour nos bout’chous et aussi pour les futures mamans !

  2. Un immense merci pour ton site ! Ca fait des mois que je cherche sans succès des vêtements éthiques pour mon boutchou ! Et voilà, c’est en cherchant un patron de pantalon évolutif que je suis tombée avec bonheur sur cette page excellente ! Encore merci de partager si généreusement…

    • Rapidement, je te conseille Les Trouvailles d’Amandine et les tissus pour écharpe de Colimaçons et cie. Ce sont mes deux énormes coups de coeur. Mais il faudrait que je réponde plus longuement dans un article à l’occaz’.

  3. Merci pour tes article,s je te lis avec grand plaisir. Je chemine grâce à toi vers une vraie prise de conscience, car je pensais il n’y a pas si longtemps que les vêtements « bio » étaient surtout des vêtements « bobo ». Je vois que c’est plus intéressant que ça !

    • Honnêtement, Isa, je ne me voile pas la face : il y a aussi de ça ! D’ailleurs, je suis la première à dire que j’assume les étiquettes qu’on me colle sur le dos, type « maman-bobo-bio-écolo ». Parce que la vraie alternative, ce serait tout simplement de ne pas investir dans des fringues pour nos mômes (et vu la quantité de vêtements que les copines sont prêtes à te refiler gratos tant ils encombrent leurs greniers et leurs caves, ça ne devrait pas être bien compliqué). Je reste lucide avec moi-même : acheter ce type de vêtement, c’est un moyen pour moi de faire la paix avec mes envies de consommation, et de me consoler en achetant « propre » et « local ». Parce que voilà……… j’adore acheter des vêtements ou des jeux pour mon fils. Mais je me soigne ! Et me fixer de vrais critères d’achats, m’interdire d’entrer encore dans certaines enseignes, ça m’aide considérablement à réduire la tonne de trucs que je pourrais, dans le cas contraire, amasser chez moi et presque aussitôt entasser dans mes poubelles. 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire, qui remet un peu les pendules à l’heure !

  4. Merci pour ce bel article!! Si ces valeurs vont plaisent, je vous invite à découvrir maurice & co, des vêtements et accessoires pour les 0-6 ans, fabriqués en Belgique dans des ateliers protégés ou d’aide de formation à l’emploi. En +, toutes les fringues sont réversibles pour en profiter 2 fois plus!! C’est par ici: http://www.mauriceetco.be , à bientôt! 🙂

  5. Merci pour cet article, je commence doucement à consommer plus « sain » pour la garde robe de me lutins mais j’avoue rester à l’affut des promos et des soldes car les prix sont élevés. merci pour le bon plan outlet.

  6. Merci beaucoup pour cet article plein de ressources ! Pas facile d’habiller mon 1er « bébé  » (15 mois demain, c’est encore un bébé non ?!) de manière éthique, sans casser pour autant totalement le porte monnaie ! Il porte un mix de vêtements d’occasion et de vêtements laine Manymonths ou coton bio + quelques vêtements « standard » offerts à sa naissance… Mais au fur et à mesure je dois compléter sa garde robe et pour la belle saison à venir, j’ai choisi l’occasion aussi via le site rose indigo, dont je suis très contente (j’ai même revendu une carte cadeau Galeries Lafayette contre du cash car je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’acheter des vêtements chers et de provenance douteuse…).

    Bref, merci beaucoup pour toutes ces ressources sur ton blog, j’adore !

    • Merci beaucoup Sophie pour ton retour ! Je pense que tu as en effet trouvé le bon « mix » : un peu de cadeaux, un peu de bio, un peu de seconde main. D’autant plus que, si petit, les tailles défilent tellement vite…

  7. Merci pour cet article détaillé très instructif que je vais partager, j’entends encore trop souvent des critiques vis-à-vis du Bio (dans mon entourage… pffff) du genre’ oui, mais est-ce vraiment Bio, comment vérifier, n’est-ce pas juste de la comm, si le champs d’à côté est arrosé de pesticides, cela contamine le voisin … je n’y crois pas etc… », critiques qui m’exaspèrent car elles permettent surtout de justifier une non prise de conscience de son impact sur l’environnement et les conditions de travail que nos achats impliquent. Alors qu’en Europe, notamment en France ou en Allemagne le cahier des charges du Bio est très strict et suivi.
    Je ne connaissais pas du tout ce système de location, vraiment génial !
    Quant aux marques, j’adore Loud & Proud, dont les imprimés sont adorables et la qualité vraiment top. Un jour par faiblesse, j’ai acheté dans une enseigne bas prix K…i un T-Shirt pour la mini et c’est juste du jetable que je ne passerai pas à un autre enfant comme les autres vêtements bios et éthiques ou cousus main de ma fille. Je m’en mords encore les doigts.
    Je reviens d’Allemagne où j’ai été agréablement surprise, à Weimar, de découvrir une petite boutique de vêtements enfants Bio et uniquement Bio. ils avaient aussi la marque Frugi que je trouve très sympa, coloré et avec des imprimés ludiques aussi. Côté pyjama, j’adore Pigeons, une marque anglaise dans laquelle ma crevette a fait presque toutes ses nuits jusqu’à peu.

    • Ah Emma-Saru, je te rejoins tout à fait ! Je trouve assez décevant ce genre d’attitude, parce que, à écouter ces personnes, alors rien ne change ! Or, il est vraiment crucial que notre monde et notre manière de consommer change, dès maintenant. Et je suis désormais complètement convaincue que les initiatives dans ce sens ne viendront PAS de nos dirigeants politiques et que nous portons cette responsabilité. Entre ces éternels septiques et ceux, à l’opposé, qui ne permettant jamais aucune concession, il y a de quoi se sentir vraiment bloqué, jamais à la hauteur ! Le débat est, à mon sens, exactement le même en pédagogie. Ça m’énerve, parce que ça dévalorise vraiment les initiatives et les tentatives de chacun ! Bref… Je m’arrête là, sinon je vais encore m’emballer 😉
      Par rapport aux marques, je suis super d’accord sur la qualité de Loud&Proud, jamais démentie ici malgré les lavages intensifs. Frugi, je n’ai jamais eu car je suis moins séduite par ce type d’imprimés, mais j’ai lu à de multiples reprises que c’est effectivement de la bonne qualité (par contre, j’ai l’impression que la fabrication n’est pas européenne – je peux me tromper – et ici, je voulais essayer de citer toutes des marques fabriquées en Europe). Pigeons, je ne connais pas, je m’en vais donc découvrir ça de suite, merci !

      • Je suis bien d’accord avec toi Alys sur le fait que le changement doit venir de la base, ce ne seront jamais les politiques, surtout ceux aux commandes actuellement et depuis de nombreuses années, qui oseront pour tout un tas de raisons donner un coup de pied dans la fourmilière et initier ce qui est désormais plus que nécessaire. En pédagogie, en France, on a probablement la même problèmatique qu’en Belgique et le changement vient des individus, pas de l’énorme machine qu’est l’éducation nationale, qui pourtant, reconnait les incroyables résultats, surtout en zones défavorisées, des pédagogies alternatives. Mais le mur auquel ils se heurtent, n’est-il pas aussi constitué de nombreux parents qui aiment voir leurs enfants notés, pour mieux les comparer aux autres, qui sont déjà, dès la maternelles dans un système de compétition ? J’ai peur que de ce côté là le chemin soit encore bien long…
        Et pareil, je ne me leurre pas, je suis une consommatrice aussi mais comme tu l’as écris au-dessus, ces jolies marques de vêtements ou de jouets me permettent de faire la paix avec mes envies en restant dans une démarche éthique. Si je l’étais jusqu’au bout, en effet, je pourrais ne rien acheter, mais je n’y arrive pas, c’est tellement plaisant de dénicher de jolies choses pour nos lutins…

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