Le froid, le manque de lumière, la menace des changements climatiques, le manque de perspectives économiques, le sentiment de relative impuissance face aux drames humains qui se jouent juste devant notre porte, les attaques constantes à l’encontre de droits acquis de hautes luttes en faveur des minorités (étrangers, femmes, enfants, homosexuels, notamment), le culte de la peur entretenu par nos médias, l’immobilisme de nos gouvernements… Autant de raisons – dont certaines sont la conséquence directe des autres – qui incitent plus que jamais au repli sur soi et sur le noyau familial, dans une tentative – stérile mais compréhensible, à défaut d’être légitime – de préserver les siens et de se ressourcer auprès d’eux.

Tous les jours, j’essaye de lutter contre cette tentation là. Je m’efforce de m’informer, m’interroger, m’offusquer, me remettre en question, chercher des alternatives, dénoncer, partager, nuancer, encourager… Agir, parfois.

Mais bien souvent, il faut l’avouer, je déserte le champ de bataille. Je verrouille la porte de mon chez-moi, au nom du bien-être de mes enfants. Je rêve d’évasion, de grands espaces perdus dans la nature où ils pourraient vivre libres et en paix, loin, très loin des problèmes du monde.

Bon. Ce n’est pas demain la veille que je réussirai à convaincre mon homme de déserter la capitale pour aller nous enterrer au fin fond de la forêt afin d’élever notre merveilleuse et nombreuse progéniture au contact et dans le respect de la nature. Je me contente donc de faire pousser quelques tomates sur mon balcon au printemps et de rêver en regardant les magnifiques photographies de trois comptes Instagram que je chéris tout particulièrement :

Travel Little one

travel-little-one

Mama 2 the Little Ones

mama-two-little-ones

Growing wild things

wild

C’est beau, n’est-ce pas ?

Bon évidemment, le mieux est encore d’aller prendre soi-même un bon bol d’air frais plutôt que d’essayer de respirer comme je le fais par le biais de photographies interposées.

Néanmoins, j’y trouve parfois de quoi revenir plus tenace sur la scène du combat.

Tiens, savais-tu que selon une étude européenne sur la violence de genre, en Belgique, près de 50% des hommes et des femmes estiment  qu’il existe des circonstances qui peuvent justifier une relation sexuelle sans consentement (c’est-à-dire un viol, pour parler sans euphémisme)* ?

Avoue qu’après avoir lu ça, tu reprendrais bien une petite dose de retraite dans les bois, n’est-ce pas ?

Aller, zou, je n’habite pas les Alpes bavaroises, mais je peux toujours faire comme si.

suisse* Merci à Maud d’avoir attiré mon attention sur cette étude et ses affligeants résultats.

Enregistrer

D'autres raisons de se gausser :

La maison aux serrures
Été ou hiver, mon petit garçon court en FUB
Dimanche tendresse et ses biscuits à la banane et aux amandes
Eureka : j'ai un sling !
De la violence du monde à l'apprentissage de la gestion des émotions
La gigoteuse Superlove : version bébé ou version bambin ?

5 Comments on Trois comptes Instagram pour assouvir mon envie de m’installer au milieu des bois

  1. Merci pour ces jolies découvertes ! C’est vrai que ça fait rêver mais c’est un sacré pas à franchir… Je crois que je vais me contenter de m’évader par procuration en admirant les belles photos 😉

  2. Si toutes les consciences telles que la tienne se retranchent dans la forêt… alors bien vite celle-ci disparaîtra…
    🙂

    Ces comptes IG sont très beaux.
    Je m’interroge de plus en plus concernant Instagram. Sur l’influence que cela a sur nos façons de réfléchir, raconter, … vivre.
    Ma seule réponse à ces questions, pour le moment, c’est de ne pas pouvoir franchir le pas (je n’utilise pas d’application sur mon mobile)… néanmoins j’ai éprouvé le besoin de pouvoir commenter.

    « Commenter »… voilà qui m’interroge aussi tiens! 😉

  3. Bonsoir, merci pour votre texte. Il traduit parfaitement ce que je ressens actuellement: complet désaroi, impuissance, révolte. Mon rêve d’évasion, c’est une ferme dans le Larzac. Avec des chèvres et des moutons pour pouvoir faire de la laine et des fromages…
    Belle soirée,
    Laurence

  4. Il n’est pas nécessaire de vivre vraiment au fin fond de la forêt .voyons .. Je vis à l’orée des bois, ni complètement isolée, ni dans le tumulte des villes que nous avons fui aussi,pour ces différentes raisons .C’est vrai que la vie est tout autre, je prend le temps d’écouter les oiseaux lorsque le printemps revient, je peux voir les feuillages changer de couleur au fil des saisons … cueillir les fleurs de sureau pour les tisanes et plus tard..leurs baies ..J’ai vu hier les premières biches sortir du bois, et « prendre leur » repas sous mes yeux ..
    Mais , il est vrai aussi que les deux premières années ont été très dures, quand on a vécu à la grande ville .. Je ne voudrais plus revenir en arrière .Que la nuit vous soit douce
    moune . ..

  5. Viens, on part au canada, vivre dans les bois et on s’occupe de nos enfants…
    Ça fait bien longtemps que j’y pense… qu’on y pense
    Ça fait bien longtemps qu’on a arrêté de regarder le journal parlé et que je sélectionne les Infos que j’ai envie de lire dans le journal ou le net en fonction de ce que je peux supporter sur le moment…
    Dans quel monde avons nous mis au monde nos enfants? Vite vite penser à autre chose avant de sombrer dans la déprime…
    Fête de Noël, sapin, guirlandes lumineuse tout ça tout ça… il en va de la survie de mon petit coeur de maman…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *