À l’automne dernier, June a quitté notre lit et rejoint Django pour dormir dans un « super lit posé » (dixit mon fils) aménagé par leur Papa et leur Pépé. J’ai rêvé ce lit commun telle une maisonnette capable de procurer aux enfants un sentiment de sécurité, et qu’ils pourraient librement s’approprier. Le lit est assez ouvert pour les câlins du soir ou pour permettre aux adultes de s’y glisser ; les ouvertures qui permettent d’atteindre l’étage supérieur empêchent que ma petite intrépide de désormais un an puisse s’y aventurer.

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Le « super lit posé »

Faute de temps pour pouvoir construire la structure dans sa totalité, mon homme est parti du lit réversible « Kura » du géant suédois. Outre le fait qu’il s’agit d’une multinationale dont je ne souhaite aucunement plébisciter les valeurs de « prêt à meubler, prêt à jeter », les panneaux qui composent ce lit sont en fibre de bois et recouverts de peinture acrylique : il va de soi que j’aurais préféré quelque chose de plus sain à respirer pour la planète et pour les enfants… Tu feras donc ton propre choix en connaissance de cause.

Pour la partie basse, mieux vaut ne pas poser le matelas du lit au sol à même le plancher, car il manquerait d’une aération suffisante. Ici, il est posé sur un tatamis japonais, mais il est également possible de construire un sommier en posant quelques lattes de bois sur le cadre inférieur du lit. Dans tous les cas, on n’oublie pas de retourner de temps en temps le matelas.

Les matelas des enfants sont des futons en laine de Landmade, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises et que je conseille toujours vivement. Plusieurs d’entre vous m’ont demandé si le capitonnage n’était pas dangereux pour y faire dormir un nouveau-né ; après y avoir fait dormir ma fille depuis ses quatre mois, je pense pouvoir répondre qu’il n’y a pas de risque. Le capitonnage se tasse rapidement (encore plus vite si papa et maman viennent à l’occasion partager la couche de bébé) et le matelas est assez ferme pour qu’il n’y ait pas de risque d’étouffement. Ma fille avait plutôt tendance à s’y « nicher » ; aujourd’hui, après plusieurs mois d’utilisation, ce n’est même plus possible. Toutefois, si le capitonnage vous met mal à l’aise (ou que vous le jugez inesthétique), vous pouvez toujours opter pour la version « matelas ».

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Tant que ma fille n’était pas capable de remonter seule dans son lit, la partie supérieure du matelas était bloquée par un traversin glissé sous le drap housse afin d’éviter toute roulade intempestive. Les autocollants en forme de nuage sont des Fabelab qui viennent de chez Fool de wool, les étoiles sont des Pöm de chez Cœur de beurre.

Chambre à partager

Peu après la naissance de sa petite sœur, nous avons demandé à Django s’il préférerait garder sa grande chambre ou que nous transformions celle-ci en salle de jeux et qu’il partage une plus petite pièce avec sa sœur. Il n’a pas hésité, et la perspective de se retrouver bientôt en compagnie de sa sœur dans un nouveau lit l’a aidé à patienter tout le temps que June dormait avec Papa et Maman tandis que lui dormait seul dans sa chambre. Par la suite, ce choix a grandement contribué à forger la relation très forte qui les unit tous les deux.

Pour conforter les parents qui opteraient pour cette solution, quelques mots de Catherine Gueguen :

« contrairement à beaucoup d’idées reçues, un aîné qui va bien […] est très heureux d’avoir un petit frère ou une petite sœur. Il souhaite avoir le nouvel arrivant dans sa chambre. […] On […] dit de façon péremptoire : il faut séparer les enfants, il faut que chaque enfant ait sa chambre, son territoire, sinon ils vont être jaloux. Plus on érige de murs, plus on met de frontières, moins on se connaît, moins on apprend à vivre ensemble et plus il y a de conflits […] C’est une méconnaissance de l’enfant qui, tout petit déjà, est un être éminemment sociable, qui aime et a besoin de tisser des liens avec les autres.

[…] Depuis de très nombreuses années, j’ai constaté que [partager une chambre] permettait aux enfants de se connaître, de se comprendre, bref de vivre ensemble. Les liens d’affection s’approfondissent, et sont tissés de beaucoup de complicité, de joie, de chahut, de chamailles. […] Au retour de la maternité, les parents sont stupéfaits de constater que le plus souvent les hurlements du bébé pour réclamer à manger ne réveillent pas l’aîné. Ils réveillent à 100% la mère, et généralement à 50% le père. […] la plupart du temps, l’aîné dort à poings fermés et les parents sont surpris et émerveillés de la sollicitude naturelle, de l’affection, de l’attention, de la fierté que le grand développe pour le bébé.

L’aîné ressent, sans qu’on ait besoin de lui faire de grands discours, que ses parents lui font totalement confiance. La confiance fait appel à ce qu’il y a de meilleurs en nous, développe tout ce que l’être humain contient de bon. Donner sa confiance, c’est penser que l’autre se comportera bien. […] L’enfant se sent alors très fier. […] À l’inverse, quand les parents séparent les enfants, c’est la méfiance qui prédomine […] L’aîné ressent cette méfiance à son égard et c’est alors que survient ce que craignent les parents : la fameuse jalousie. »

Les propos de Gueguen ont le défaut selon moi, sous prétexte de vouloir s’adresser à tous, d’être excessivement manichéens et parfois même infantilisants, mais je tenais malgré tout à citer ces pages tirées du chapitre sur le sommeil de Vivre heureux avec son enfant, car elles reflètent bien notre expérience à la maison.

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Pour d’autres articles sur l’aménagement d’un lit au sol dès la naissance, c’est par ici. Et si tu as des questions ou que tu souhaites partager ta propre expérience en la matière, tes mots sont toujours les bienvenus en commentaire.

 

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1 Comment on Lit au sol et chambre partagée : le super lit posé

  1. Les nôtres ont dormi 6 mois à trois dans la même pièce… et effectivement, les grands ne se réveillaient pas lorsque la petite pleurait la nuit (jamais très longtemps). Ca n’était pas toujours facile au niveau des horaires de coucher, et surtout des espaces de jeux des aînés, notamment avec la contrainte de la sieste, mais globalement, c’était bien.

    Et puis on a déménagé, les aînés ont eu leurs chambres à eux, après qu’on leur ai proposé un partage. Mais le grand (7 ans) commençait à avoir besoin de son espace à lui, et le second veut de toute façon faire comme son frère. Quand à la petite, nous avons préféré la faire dormir à notre étage, car l’escalier casse-gueule en pleine nuit ne nous tentait pas (nous en étions alors encore à 2-3 réveils par nuit).

    Depuis quelques mois, nous avons reparlé partage de chambre avec eux, en prévision du futur agrandissement de la fratrie, et notamment pour une éventuelle naissance chez nous : pas question d’avoir la puce dans la pièce d’à coté. Et puis, elle ne se réveille plus la nuit, donc la problématique de l’escalier a disparu. Depuis, elle est devenue « nomade » : elle dort tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, tantôt dans sa chambre. L’aîné l’a acceptée deux ou trois fois, mais a assez vite compris les inconvénients d’avoir un petit feu follet à côté de lui au moment de s’endormir (sans parler qu’il ne peut pas lire jusque pas d’heures aussi facilement), donc elle ne squatte chez lui qu’en son absence. Le second est par contre très demandeur de sa présence, mais s’ils ne sont pas d’humeur à s’endormir vite, ça chambarde et dégénère assez vite… du coup, la petite est reléguée dans sa chambre, à son grand désespoir : « Je ne veux pas dormir toute seule ».

    Il arrive aussi parfois que les deux garçons dorment ensemble, même si c’est plus rare. Disons qu’on reste ouverts à toutes les combinaisons, tant que ça n’impacte pas trop leur qualité de sommeil. J’ai toujours trouvé que la chambre « fraternelle » était un prolongement logique du co-dodo… à défaut de pratiquer l’option « chambre familiale » qui ne nous tente pas plus que ça. J’aime savoir qu’en cas de réveil ou micro-réveil nocturne, la présence de l’autre peut rassurer et apaiser, et j’aime aussi les entendre se réveiller doucement le matin, papoter tranquillement, puis jouer ou lire calmement en attendant le lever des adultes. Ces derniers jours, c’est magique, même en étant seule à la maison avec eux, je peux me lever à l’heure qui me convient!

    Au niveau matériel, l’aîné a récupéré le « grand » lit superposé de notre logement précédent, et pour le second, nous avons aussi un « Kura » customisé avec cabane et toboggan. La petite a un grand matelas au sol dans sa chambre, et nous récupérons le matelas « bébé’ qui nous sert de banquette de bibliothèque en temps normal lorsqu’elle dort avec ses frères, soit sur le « lit du bas » du grand, soit dans la « cabane » du lit Kura (comme June). Nous devrions investir dans un ou deux matelas grande taille pour équiper les chambres des garçons de manière plus durable, soit pour la petite, soit pour les copains en visite, mais nous attendons de changer nous-mêmes de matelas pour récupérer nos deux anciens à cet effet. Le souci, c’est que nous ne savons absolument pas quel matelas, et encore moins COMMENT choisir un matelas de qualité pour nous (aussi bien au niveau matière qu’au niveau tenue, mon homme a mal au dos)… donc, on procrastine :-D.

    Et pour conclure ce témoignage… je m’en vais remonter au premier étage, il est bientôt 22h, et évidemment… Ca chambarde ferme ;-).

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