Avec Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin signent la cinquième des histoires de leur jeune héros Archibald*. Cette fois, le thème est la confiance en soi et, comme toujours, l’album déborde de bienveillance : Archibald a beau s’entraîner beaucoup, il ne parvient pas à améliorer son jeu au tennis ; sa maman l’emmène donc faire une promenade en forêt, suite à laquelle Archibald comprend l’intérêt de découvrir ce qu’il aime vraiment afin de s’y consacrer pleinement ; c’est un soir qu’il ne cherche plus qu’il le découvre…

On ne peut que se réjouir qu’Archibald remplace Tchoupi ou Petit ours brun sur les rayonnages de la bibliothèque familiale. L’histoire est crédible et adaptée aux enfants entre trois et six ans, les dessins sont réalistes et non genrés, le message évite la finale moralisatrice ou simpliste. La poésie des précédents opus est toujours présente également. Cet album plaira tout particulièrement aux parents qui se réclament de la pédagogie Montessori et / ou de la communication non violente. Je regrette simplement qu’il n’ait pas l’humour ravageur de son grand frère – Au lit ! (clique pour découvrir sa chronique) – qui, sous couvert de s’adresser aux enfants, donnait une bonne leçon de vie aux parents (et ça, j’aime beaucoup, évidemment).

 

J’ajoute enfin que pour les personnes comme moi dont l’épanouissement passe précisément par la démultiplication des voies de perfectionnement, le message de cet album est plutôt celui prôné traditionnellement dans notre société contemporaine, c’est-à-dire celui de la spécialisation : il s’agit de trouver SA voie, si possible sans se tromper, pour se perfectionner et s’accomplir le plus rapidement possible. Or, je crois que certaines personnes vont au contraire avoir besoin de s’engager simultanément dans de nombreuses voies pour s’accomplir. Ce peut être relativement frustrant pour elles, car ceux qui se sont choisi une unique voie donneront l’impression d’avancer beaucoup plus vite (puisqu’ils avancent dans une seule direction tandis que les autres répartissent leurs pas vers des horizons différents et parfois contradictoires), mais n’oublions pas que ce qui importe, c’est avant tout le cheminement, la joie qu’apporte le parcours en lui-même (même dans les moments où, comme Archibald, il s’agit de travailler très dur pour s’améliorer), et que la richesse jaillit également des passerelles qui peuvent soudain réunir l’une ou l’autre des disciplines que l’on s’est choisies, de sorte qu’elles trouvent alors à s’enrichir entre elles. Ceci n’est toutefois qu’une petite digression personnelle que je ne peux m’empêcher d’ajouter, et qui n’ôte rien à la beauté de cet album pour enfants.

 

Astrid Desbordes, Pauline Martin, Ce que j’aime vraiment*, Albin Michel

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5 Comments on Ce que j’aime vraiment

  1. De manière générale je préfère louer les livres à la bibliothèque … mais là j’ai craqué lol Ils sont sur la liste des fêtes de fin d’année ! Ce que papa m’a dit pour son anniversaire, Mon amour pour la St-Nicolas et Ce que j’aime vraiment pour la Noël !

  2. J’adore la dernière partie de ton article, je m’y retrouve complètement et le lire, si justement écrit me l’a fait véritablement réaliser, j’ai eu l’impression d’un soulagement, comme si je me disais enfin que ce n’était pas grave si je n’arrivais pas à choisir, si j’avais envie de faire un milliards d’activités en même temps. Je me suis toujours dit qu’une vie ne me suffirait pas pour faire tout ce que j’aime et aller au bout de chacune de mes activités, je me suis déjà torturé l’esprit pour savoir ce qu’il fallait vraiment que je choisisse pour m’accomplir, pour savoir laquelle de toutes ces activités que j’aime me correspondaient le plus et vers laquelle je devais pleinement me tourner, comme si c’était obligatoire de faire un choix, comme si être diverse, c’était s’éparpiller et comme si s’éparpiller, c’était une mauvaise chose. Mais ce que je vouais contrer est juste une évidence, en fait, mon accomplissement passe par ce grand mélange, je suis comme ça, tout se mêle si bien et c’est juste ça qui me rend heureuse. Je le savais mais je cherchais pourtant encore. Merci et merci également pour la découverte de cet album et auteur.

  3. C’est justement un album que je tiens a offrir à Romann pour noël. J’ai deja  » mon amour « et  » ce que papa m’a dit ». J’aime vraiment le ton, les images et la douceur qui en ressort. Il y a quelques jours,je lui dit je taime, il me répond « pourquoi » ( comme a peu pres a chaque phrase que je prononce en ce moment !!!) , je lui réponds  » parce que tu es mon enfant  » et lui de me répondre  » et que je ne t’appartiendrais jamais ». Il n’a pas vu l’émotion dans mes yeux( mère poule absolument pas prête a couper le cordon), il etait juste amusé ( il adore ressortir des phrases de ses livres , quand il en entend un mot ou une partie). Nb: Par contre je n’ai pas lu au lit et tu me donnes envie de le lire.

  4. J’ai découvert cette série géniale suite à l’achat d »un amour de petite soeur » pour annoncer à ma fille l’arrivée de son frère. Ce livre est vite devenu son préféré (parmi d’autres ^^) mais je te rejoins sur la qualité de cette série et de ses illustrations.

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