Plutôt que jeter #3 : réparer les trous (même que c’est tendance)

Mon fils est vraisemblablement parvenu à l’âge où il dégomme un genou de pantalon par semaine, qu’il vient bravement ajouter à la pile « couture en souffrance » qui menace dangereusement d’envahir mon chez-moi. Mon entourage affirme que c’est un passage obligé, quelque chose comme l’acquisition de la continence ou l’entrée en lecture, en somme. La « période sensible des trous aux genoux » : un moment où les jeux au sol requièrent inévitablement que l’enfant se traine à genoux pendant de longues heures, jusqu’à ce que la fibre rende l’âme et se fende, en guise de dernier soupir, d’un trou, que la petite sœur ne manquera pas de remarquer – étant elle en pleine période sensible de l’attention aux petites choses : « un t’ou ! un t’ou » – avant d’y enfouir son index scrutateur histoire de bien élargir la bestiole au cas où – « ya, maman, t’as vu ? un t’ou ! ».

La première fois, j’ai acheté des trucs thermocollants à la mercerie. J’étais très fière du gain de temps que la fabuleuse invention allait me permettre de sauver, jusqu’à ce que je me penche sur le mode d’emploi, lequel conseillait de coudre le patch une fois collé. J’ai ri, j’ai sorti mon fer à repasser et laissé mes aiguilles dans leur boîte. Évidemment, au bout de quelques jours la chose pendouillait mollement au genou de mon fils et c’était reparti : « un t’ou, maman ! Ya, yaaaa ! Un t’ou ». Comme la totalité des pantalons de mon fils menaçait de céder de façon tout aussi imminente à une attaque de plancher ou de cours de récré’, je me suis emparée d’un porte-savon en guise de patron et d’une vieille paire de jeans, j’ai rapidement surjeté la douzaine d’empiècements à la surjeteuse (mais c’est également possible avec un point zigzag sur une machine à coudre) et j’ai profité du temps de couture à la main pour regarder la dernière saison de Peaky Blinders. Une fois dans le mouvement, plus rien ne m’arrêtait : j’ai découpé d’autres chutes de tissu pour faire de jolis empiècements contrastés et j’ai même ajouté des coudières sur un pull du papa (qui passe sans doute trop de temps à soutenir sa tête pour l’empêcher de tomber, accoudé à son bureau).

Rien de sorcier dans tout cela me diras-tu. Il est certain qu’avec cet article, je n’ai rien inventé, mais je t’aurais peut-être donné la motivation de t’y mettre toi aussi. Cela ne coûte rien et prend certainement moins de temps que de courir acheter un nouveau pantalon ! Et si tu es une couturière chevronnée, je parie que tu seras ravie de trouver une idée pour recycler tes chutes (mais si, tu sais bien, tous ces petits bouts de tissus que tu gardes précieusement dans l’espoir qu’un jour, peut-être…).

Prochain projet : la seule paire de jeans qu’il me reste est lamentablement déchirée aux genoux, alors je prévois de me lancer dans une ambitieuse réparation mêlant empiècement en liberty et broderie « sashiko » (il s’agit de motifs de broderies japonaises que je trouve vraiment très poétiques ; on en trouve plein d’exemples sur la Toile en recherchant tout simplement « sashiko » ou « sashiko mending »). Si je parviens à quelque chose de probant, il n’est pas dit que je ne troue pas exprès un ou deux autres pantalons qui dorment dans mon armoire…

EDIT AVRIL 2018 : en fait, Fabriqué en Utopie a publié il y a peu de temps un article absolument incroyable reprenant toutes sortes de techniques de raccommodage à la main ; je ne l’avais pas encore lu au moment d’écrire cet article, et c’est un véritable trésor.

15 réponses sur “Plutôt que jeter #3 : réparer les trous (même que c’est tendance)”

  1. Bonne idée cet article qui m’a boosté pour faire avancer ma pile de vêtement à réparer 🙂 J’avais un peu laissé en plan ces derniers temps, et à la suite de la lecture de ton article j’ai réparé deux pantalons dans la soirée: un pour mon ptit gars et un à moi!

  2. De mon coté je rapièce les genoux avec de la polaire ! C’est assez résistant à l’usure « naturelle » des genoux des p’tits loups, et ça ne risque pas de s’effilocher… Résultat, je coupe, je couds à la main, sans passer par la case machine !

    1. C’est une bonne solution aussi, merci de l’astuce ! Ici je n’ai pas souvent de la polaire de récup’ car c’est un tissu que je n’utilise jamais. Note qu’avec de molleton ou de jersey, c’est pareil.

  3. Hello, je suis moi aussi en train d’accumuler les pantalons à rapiécer… Je m’u suis presque mise l’autre jour mais j’ai buté sur une difficulté toute simple : la jambe de pantalon est tellement étroite, je suis obligée de découdre la jambe, coudre la pièce et ensuite refermer la jambe (tip pris sur la toile). Je n’avais pas pensé à ça avant, comment fais-tu, toi ?? Ma fille a 3 ans 1/2, elle met encore du 3 ans, commence à mettre du 4 ans mais bon, c’est petit ces choses là, ça ne passe pas autour du « bras » de ma machine… 🙁

    1. Les jambes ne passent pas autour du bras, non. Même avec un pantalon adulte ce serait difficile d’ailleurs. Je couds l’empiècement à la main. Avant, je désassemblais pour coudre à la machine, mais maintenant je préfère un point solide à la main. Je trouve que ça va plus vite, mais j’imagine que ça dépend des personnes.

  4. C’est peut-être pour ça que nos grand-pères portaient uniquement des culottes courtes jusqu’à 10 ans ! Pour le moment, le mien ne fait pas trop de trous aux genoux… en revanche ce sont les chaussures qui morflent avec la draisienne (et je ne sais pas rapiécer les chaussures !).

    1. Je suis certaine que c’est bien la raison des culottes courtes ! Pour les chaussures, il existe du cirage et de la teinture qui font des merveilles : j’en parle dans un article précédent d’ailleurs, ahaha.

  5. Juste un peu plus de détail sur « surfiler » et quel Pont de couture à la main? Je crois voir comme un surjet tout autour fait à la machine? Mais sur le bord puis on coupe ensuite Et après couture point dimple en blanc?…merci merci pour des détails car moi aussi toutes mes belles créations (même un dark Vador et un X wing) En thermocollant ont fichu le
    Camp!!!

    1. Tu as raison : j’aurais dû écrire surjeter et pas surfiler (et ne pas écrire mes articles la nuit), je vais modifier cela. Sinon, un point simple à la main (enfin, j’essaie de choisir un point qui tiendra un maximum de temps tout de même) avec un fil de la couleur de l’empiècement.

  6. Jnai complètement renoncé à réparer les trous des pantalons. Entre le grand de 5 ans qui tombe, joue au foot… bref! Et revient avec des trous aux genoux et ma Petite Marmotte 11 mois qui fait du 4 pattes…
    Les trous font partie de notre look vestimentaire et puis c’est tout!

  7. Aloooors… la période sensible des trous aux genoux, c’est de 4 à minimum 10 ans! Mes deux garçons ont en permanence soit des pantalons troués, soit des pantalons patchés. Je renonce à avoir des pantalons intacts et je réutilise tant que je peux. Faut dire que comme leur cours de récré est un sous-bois, faut pas rêver, ils rentrent à la maison tout crados, donc je leur mets des vieux vêtements ;-).

    Par contre, j’ai renoncé aussi à coudre à la main, la pile de vêtements à réparer est trop haute.
    Finalement, les patchs thermocollants ne marchent pas si mal… quand ça se décolle, je redonne un bon coup de fer, et ça finit par tenir. Certains pantalons sont patchés depuis des années et ça va. Eventuellement, si ça ne tient vraiment pas, j’ai un tube de colle textile s’il faut vraiment renforcer.

  8. Aaaah, la satanée période sensible du genou troué ! Mon fils est beaucoup plus jeune que le tien, et pourtant il est en plein dedans aussi ! Comme quoi, il faut vraiment laisser ses enfants vivre à leur rythme !

    Heureusement, je n’ai pas de deuxième enfant en période sensible des petites choses, donc ouf, personne ne dit rien : l’amoureux a la flemme d’aller acheter des pantalons, la nounou fait semblant de ne pas avoir remarqué que s’il n’y pas de trou aux genoux, ni aux fesses, c’est sûrement que le pantalon est tâché, et moi, je bookmarque les tutos de rapiécage pour quand j’aurais le temps (je n’ai jamais cousu, alors il me faut beaucoup de temps pour me préparer psychologiquement !)

    (Mais merci, j’ai troué – moi aussi – mon jean préféré, et je voulais le racommoder comme ça, mais je ne connaissais pas le terme de sashiko !)

  9. c’est exactement ce à quoi je pensais ! on peut même rajouter plusieurs pièces de tissus et ça devient de l’art !!! certains vêtements japonais ont plusieurs siècles; merci pour la video

  10. Salut. Moi avec 2 garçons, je leur donne des pantalons à salir quand nous sommes dehors pour jouer, à la maison le WE et le soir en rentrant de l’école. Je garde les pantalons propres et intactes pour les courses, l’école etc… et j’en ai toujours 2 dans la voiture pour aller chez les copains. Bonne soirée

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