Tout ce qu’il faut pour une cabane

Tout ce qu’il faut pour une cabane* : c’est un titre en forme de promesse que celui de cet album que Emily Hugues, dessinatrice dont je t’ai déjà parlé sur ce blog, signe avec Carter Higgins. Il ne faut pas y voir une leçon de pragmatisme : ici, il ne sera pas question d’apprendre l’art savant du nouage ou de l’assemblage de planches à des hauteurs vertigineuses. L’album, édité chez Albin Michel jeunesse dans sa version française, est une invitation à rêver le nez en l’air, à la découverte des chatoyants jeux de lumière qui habitent le feuillage des plus grands arbres. Car…

« ce qu’il faut pour une cabane, c’est avoir du temps pour lever les yeux, et imaginer »

 

 

Tout ce qu’il faut pour une cabane* est poétique à souhait. Au fil de ses pages, sont déclinées une multitude de cabanes, aux architectures les plus diverses : cela va du château haut perché à la plus simple cabane de couverture. Ses dessins se découvrent avec les enfants à la manière d’un cherche-et-trouve : ils regorgent de détails amusants au moyen desquels s’inventer des histoires que le texte ne fait qu’esquisser. Plus que l’art de la cabane, c’est ode au jeu d’enfant et à l’imagination à laquelle se livre cet album : bataille de bombes à eau, sauts dans l’eau, abordage de pirates, veillée avec extraterrestres, jeux d’ombres, refuge où partager les secrets…, la cabane est surtout présentée comme le terrain de jeu privilégié de l’enfance. En son sein, les ressources de l’imagination se révèlent capables d’en repousser indéfiniment les limites.

Gare à celui qui ne serait plus en mesure de « faire comme si », ou qui n’aurait plus le temps de lever les yeux.

Enfin, j’apprécie particulièrement la diversité de la faune et de la flore représentées, tout comme celle des personnages : ici, la diversité est présente aussi bien dans les fleurs de la serre qu’au sein des enfants, et les petites filles plantent des clous tandis que les petits garçons racontent des secrets ou font pousser des bégonias. Le tout sans ce goût amer du politiquement correct qui bien souvent me reste en travers de la gorge.

Tu l’auras compris, Tout ce qu’il faut pour une cabane* est un coup de cœur, que je ne me lasse pas de lire à mes enfants. Bon, mon enthousiasme pour les cabanes doit aussi y être pour quelque chose… Tant mieux : c’est en ce moment l’activité préférée de mes enfants lorsqu’ils jouent ensemble, et cela les occupe des heures durant de longues minutes.

Pour d’autres idées de lecture, rendez-vous dans notre bibliothèque !

5 réponses sur “Tout ce qu’il faut pour une cabane”

  1. Merci Alys ! Cela tombe à pic, je n’avais toujours pas trouvé de livre plein de cabanes et celui-là me semble parfait !
    Chez nous on s’en était quand même rapproché grâce à une trouvaille de la médiathèque : « un ticket pour shitamachi », de KAJINO Tadayoshi, http://www.lirabelle.fr/produit/un-ticket-pour-shitamachi/
    C’est un magnifique livre sur un train très aménagé dont les wagons sont autant de cabanes sur rail à mes yeux. Il n’y a pas de texte mais une foule de détails qui permettent d’observer longuement chaque scène. Wagons insolites, confortables, surchargés ou épurés, je me suis régalée dès la première lecture et mes filles de 2 ans et demi ont vite aimé ce rythme de lecture, me demandant de leur décrire les scènes, rêvant d’entrer dans le grand wagon bibliothèque ou de se percher sur un arbre (qui est planté sur un wagon), cherchant avec moi à retrouver le héros de la couverture, Chô-chô, repérer les chiens, les lanternes japonaises sans les confondre avec les horloges ou les stores… On a bien voyagé avec ce train, et il est sur ma liste au père noël 😉

  2. Sur le même thème le magnifique « graines de cabanes » de Philippe Lechermeier avec les splendides illustrations d’Éric Puybaret

  3. Quand je l’ai vu chez mon libraire celui-ci, je n’ai pas hésité une seconde et l’ai emmené en vacances avec nous, pour lire dans la nature ce si bel ode à la rêverie. Et comme tu l’écris, ce qui est fabuleux, outre le trait d’Emilie Hughes et la poésie du sujet (j’ai toujours dessiné des cabanes dans les arbres, enfant, et m’étonne donc guère que ma fille les aime également autant) c’est la diversité des enfants et de leurs activités. A contre courant de tant d’autres livres ou activités ouvertement affichés pour les unes ou pour les autres ce qui a le don de m’agacer, voire me mettre en colère. Un vrai coup de coeur chez nous aussi, tant pour moi car cela réveille mes rêves d’enfants que pour ma fille.

Répondre à Alys Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *