Du doudou à la précieuse poupée de chiffon, à chaque âge sa poupée Waldorf

La poupée revêt une importance toute particulière dans la pédagogie Steiner-Waldorf. Fabriquée à partir de matériaux naturels, cousue à la main par une personne qui y investira son cœur, ses traits et sa morphologie évoluent en fonction de l’âge de l’enfant auquel elle est destinée. D’abord petit doudou à nœuds qui accompagnera bébé au berceau, la poupée Waldorf deviendra plus tard un confident et un compagnon de jeu.

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Quand tu demandes du lait… et que je te souris « non »

Il y a trois ou quatre mois, j’ai commencé à dire « non » le soir, puis plus récemment « non » le matin. Un « non » timide, raisonnable, négociateur. Un « non » qui se cherche, qui sait ce qu’il veut sans vouloir faire de peine. Un « non » qui a trop conscience de l’étape irréversible qu’il marque et auquel ce pas franchi fait peur. Aujourd’hui encore, tu pointes ton index vers ma poitrine et demandes : « Je peux avoir du lait ? Il n’y en a plus ? Je peux voir s’il y en a encore ? » Je te souris et t’embrasse.

Mon. Cœur. Prend.L’eau.

Je te propose du lait végétal avec des glaçons et des câlins à profusion. Tu acceptes les deux avec enthousiasme. Cela ne t’empêchera sans doute pas, demain, de poser encore les mêmes questions. De quelle tristesse mon cœur sera-t-il submergé le jour où tu ne les poseras plus ?

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Excursion sensorielle à la frontière franco-belge

Comme tu l’as peut-être vu sur Instagram, nous venons de passer trois jours chez mon amie Claire et ses enfants ; le genre de mini excursion qui me fait me demander pourquoi partir bien loin quand il fait si (atrocement) beau dans notre petit pays où ni la mer ni la forêt ne sont bien loin… Puisque les enfants ne sont jamais aussi heureux et faciles à vivre que dehors, Claire nous a fait découvrir les Prés du Hem, un parc de loisir à la frontière franco-belge, organisé autour d’un lac et dédié aux activités d’extérieur : nul manège ici, mais de la baignade, du pédalo, du canoë, des ponts suspendus, une réserve ornithologique, etc.

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Exercer sa motricité globale à l’intérieur : quelques idées version bois

Mes enfants sont très branchés motricité globale en ce moment, notamment parce que ça leur permet de jouer ensemble malgré leur différence d’âge. L’aîné organise des parcours, fait la démonstration et encourage sa petite sœur comme s’il l’entraînait pour de futurs jeux olympiques. C’est assez amusant à voir. Toutefois, si j’ai désormais renoncé à répéter à longueur de journée qu’on ne fait pas de trampoline sur le canapé (rassure-moi, chez toi aussi il y a des enfants debout sur ton mobilier de salon ?), je préfère que leur enthousiasme s’exerce sur un matériel adapté. Nous avons beau passer un maximum de temps dehors, nous habitons en appartement et notre grande terrasse est un espace largement insuffisant pour que puisse s’y libérer l’énergie des enfants. Quelques outils sont donc les bienvenus ; ils ont en outre l’avantage de travailler l’équilibre, l’orientation dans l’espace et de solliciter des muscles moins souvent mis à l’épreuve.

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Quand les mômes cuisinent : le gâteau au chocolat simplissime et délicieux

Toute famille qui a l’ambition d’inviter la pédagogie Montessori dans sa maison accorde une place de choix à la cuisine : c’est l’endroit par excellence où les enfants pourront affiner leur motricité fine en exécutant des tâches de plus en plus complexes, exercer leurs compétences exécutrices en suivant les différentes étapes de réalisation d’une recette, et bien entendu gagner en autonomie et en confiance en soi en participant à une activité très concrète de la vie de famille : la préparation des repas. Nul doute que vos enfants seront fiers de voir déguster par toute la famille leur création !

Le gâteau au chocolat que je te présente aujourd’hui est simplissime à cuisiner, car il comporte peu d’ingrédients et ne nécessite aucune opération complexe (comme séparer les jaunes des blancs ou monter ces derniers en neige) : ce gâteau peut donc être réalisé aisément avec des bambins. Les plus grands seront initiés aux mesures et éventuellement à la cuisson. Typiquement montessorien : n’oublie pas d’inclure les enfants dans l’étape de la vaisselle ! Ils y trouvent souvent plus d’intérêt que nous.

 

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Je veux continuer à porter mon GRAND bébé !

Début février, Magalie qui a fondé la boutique A portée de bisous m’a proposé un partenariat ; désireuse de profiter de son expertise en matière de portage, je lui ai demandé de m’aider à choisir un porte-bébé qui me permettrait de porter encore ma petite potelée de bientôt deux ans et 13kg. Après discussion, Magalie m’a envoyé un préformé de la marque Beco, conçu pour les enfants de 12 à 27 kg. J’ai ainsi pu tester un véritable « porte-bambin », et en avoir un ressenti très différent de mes précédentes expériences de préformés.

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La découverte des lettres rugueuses : comparatif de trois coffrets « Montessori »

Pourquoi les lettres rugueuses ?

Maria Montessori a énormément valorisé l’intelligence de la main (clic, clic) : pour Montessori, la main est l’organe moteur par le biais duquel l’homme entre en contact avec ce qui l’entoure ; elle appartient simultanément au corps et à l’esprit. En développant la musculature et la sensibilité de ses doigts, l’enfant affine sa compréhension du monde. C’est un principe fondateur de la pédagogie Montessori qui me parle beaucoup.

Dans la pédagogie Montessori, les lettres rugueuses permettent de préparer dans le même temps l’enfant à l’écriture et à la lecture. Il s’agit de conférer à chaque lettre une épaisseur et un « grain », afin de l’appréhender à la fois par  l’ouïe, le regard ET le toucher : reproduisant le geste de l’adulte qui vient de lui en faire la démonstration, l’enfant prononce le son de la lettre, la reconnaît et suit son tracé du bout des doigts. À l’heure de la découverte des différents types d’intelligence et de canaux de mémorisation, la pertinence de cette approche qui fait appel aux compétences auditives, visuelles et kinesthésiques – ces dernières étant bien souvent peu exploitées sur les bancs d’école – nous apparaît clairement !

 

Pourquoi des lettres cursives ?

La pédagogie Montessori choisit de présenter les lettres cursives plutôt que les « capitales » ou « lettres bâtons », puisque ce sont celles que nous utiliserons toute notre vie pour écrire. Ce choix est donc corrélé à l’approche sensorielle de la lettre que j’ai rapidement décrite ci-dessus : rien ne sert de se mettre dans les doigts des lettres qu’on n’écrira pas par la suite. En outre, la fluidité du tracé des cursives est perçu comme un exercice capable de muscler et d’assouplir davantage le mouvement de la main, en vue de préparer celle-ci à l’écriture.

Néanmoins, malgré le fait que j’aie choisi de présenter les lettres cursives à mon fils, celui-ci les identifie encore mal et leur préfère nettement les lettres « bâtons ». Si je l’accompagne volontiers dans cette découverte, je préfère éviter de lui faire appréhender cette écriture sous forme de lettres rugueuses, pour lesquelles je réitère mes propositions de cursives. Cela n’engage toutefois que moi.

 

Quelles lettres rugueuses choisir ?

Dernièrement, nous nous sommes retrouvés en possession de trois coffrets de lettres rugueuses estampillés « Montessori » à la maison : j’ai acheté le premier la veille du jour où le deuxième fut offert à Django par sa marraine, et deux semaines plus tard nous avons reçu le troisième d’un éditeur. J’avais eu moi-même beaucoup de mal à choisir le coffret dans lequel je me suis décidée à investir : j’ai une idée bien précise de ce que je voudrais trouver en guise de lettres rugueuses et il m’a été difficile de me faire une idée de ce que contenait exactement les différents coffrets proposés. Aussi, je me propose de te faciliter la tâche en te montrant ce que j’ai actuellement dans les mains (mais sache qu’il en existe encore d’autres, les éditeurs jeunesse surfant joyeusement sur la vague d’engouement pour les pédagogies actives). Je vais essayer de rester la plus objective possible et de ne pas trop donner mon avis pour une fois, car ces coffrets ont chacun leurs défauts et leurs qualités. Je dois reconnaître d’emblée qu’aucun d’entre eux ne correspond exactement à ce que j’aurais voulu trouver, et que si c’est également ton cas, tu n’auras pas vraiment d’autre choix que de le réaliser toi-même. Tout dépend de tes critères pour l’usage que tu souhaites en faire.

 Le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar* chez Hatier

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Les tiges d’encastrement Montessori

La lecture de Maria Montessori m’a appris à regarder les mains de l’enfant travailler (voir L’esprit absorbant de l’enfant* par exemple). Depuis, il y a certaines activités que je ne me lasse pas de voir les tout-petits exécuter. Voici un matériel que j’ai envie de te montrer depuis quelques mois, mais qu’il me fut difficile à prendre en photo. J’ai profité d’un moment où June était trop fatiguée que pour vraiment remarquer la présence de l’appareil et se déconcentrer : installée dans le canapé, tétine en bouche, elle a choisi de répéter un encastrement sur tige qu’elle maîtrise depuis longtemps déjà, après avoir décidé de cacher les deux autres rondelles sous un coussin (?).

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Le temps qui passe et la symbolique de l’héritage : deux albums pour les 3-6 ans

Sauf quand il s’agit de déplier une explication scientifique (du type « comment fait-on les bébés »), j’aime que les albums jeunesse – et la littérature en général – ne soient pas trop explicites. J’aime que la poésie d’un livre nous permette d’y trouver les réponses que nous sommes venus chercher – consciemment ou inconsciemment – ou qu’au contraire elle nous incite à nous questionner. J’aime que le texte et le dessin puissent susciter des lectures multiples, en fonction de l’âge ou du tempérament de leur jeune lecteur. Je déteste les livres pour enfants aux morales simplistes – et bien souvent fausses – (« sois gentil dans la vie, ou tu n’auras pas d’ami »), qui me donnent toujours l’impression de prendre les enfants pour des imbéciles.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi j’ai eu un véritable coup de cœur pour Ici et là, les maisons d’Akira et Mon arbre, deux albums qui abordent, de manière très différente, la symbolique de l’héritage générationnel et la question du temps qui passe, en approchant de ce fait quelques thèmes essentiels pour les enfants autour de trois ou quatre ans : la famille, la vieillesse et la mort.

Ici et là, les maisons d’Akira*

Sous la forme d’un conte initiatique, les fabuleux dessins de Clotilde Perrin nous font voyager à travers les différentes étapes de la vie d’Akira : chaque grand moment de la vie (la naissance, l’indépendance, l’amour…) vient s’incarner dans l’architecture d’une « maison ». La poétique de l’espace est particulièrement bien menée par l’auteure Claire Ubac : le talent de l’album à demeurer du côté de la suggestion permet différents niveaux de lecture, ce qui en fait un album particulièrement adéquat pour les fratries, et la symbolique spatiale permet à l’enfant d’appréhender ces grands moments de passage sur le registre du sensible plutôt que sur un mode intellectuel. Autrement dit, on n’est pas du côté de l’explication, mais du côté de l’image : il s’agit pour l’enfant de ressentir par son imaginaire et son corps plutôt que de saisir par la raison, c’est-à-dire de faire appel au vecteur d’apprentissage privilégier des enfants avant six ou sept ans (et que notre société contemporaine a par ailleurs plutôt tendance à négliger).

Mon arbre*

Un grand-père plante un arbre pour la naissance de son petit-fils. Chaque année, l’anniversaire de l’enfant est l’occasion de rendre visite à l’arbre et de déposer à son pied une pierre. Le petit garçon et son grand-père se tiennent à ce rituel jusqu’à la mort de ce dernier. Par la suite, l’adolescent puis l’adulte continuera de bâtir année après année un muret autour de son arbre, en-dessous duquel joue désormais son propre enfant. Il entretient le souvenir de son grand-père, finissant par atteindre l’âge de ce dernier au moment de sa naissance, puis à le dépasser. Page après page, le temps chemine et les générations se dessinent à travers les riches illustrations d’Emilie Angebault. À travers la symbolique de cet arbre destiné à abriter sous son feuillage des générations de jeux d’enfants, ce sont les thèmes de la transmission et de l’héritage que Mélanie Edwards aborde de manière tendre et touchante. L’album se termine par le dessin d’un arbre généalogique que l’on peut soi-même compléter. Sur ses branches se tiennent un nain et une fée, deux de ces personnages imaginaires qu’on retrouve à chaque page telles de subtiles allusions aux jeux du narrateur lorsqu’il rendait visite à son arbre en compagnie de son grand-père : une manière de souligner que les échos de l’enfance perdurent malgré les années qui passent… et malgré les épreuves que nous imposent la vie.