Ce que j’aime vraiment

Avec Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin signent la cinquième des histoires de leur jeune héros Archibald*. Cette fois, le thème est la confiance en soi et, comme toujours, l’album déborde de bienveillance : Archibald a beau s’entraîner beaucoup, il ne parvient pas à améliorer son jeu au tennis ; sa maman l’emmène donc faire une promenade en forêt, suite à laquelle Archibald comprend l’intérêt de découvrir ce qu’il aime vraiment afin de s’y consacrer pleinement ; c’est un soir qu’il ne cherche plus qu’il le découvre…

On ne peut que se réjouir qu’Archibald remplace Tchoupi ou Petit ours brun sur les rayonnages de la bibliothèque familiale. L’histoire est crédible et adaptée aux enfants entre trois et six ans, les dessins sont réalistes et non genrés, le message évite la finale moralisatrice ou simpliste. La poésie des précédents opus est toujours présente également. Cet album plaira tout particulièrement aux parents qui se réclament de la pédagogie Montessori et / ou de la communication non violente. Je regrette simplement qu’il n’ait pas l’humour ravageur de son grand frère – Au lit ! (clique pour découvrir sa chronique) – qui, sous couvert de s’adresser aux enfants, donnait une bonne leçon de vie aux parents (et ça, j’aime beaucoup, évidemment).

 

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Le musée du jouet de Bruxelles

C’est le compte Instragram de ma copinaute Sylvie qui m’a donné envie d’aller faire un tour au Musée du jouet de Bruxelles. Nous n’avons pas été déçus : tous les membres de la famille sont ressortis enchantés. Faute de moyens, le Musée prend un peu la poussière ces dernières années, et on voit bien que l’équipe manque de bras pour classer et aménager la multitude de jouets du lieu. C’est bien simple : il y en a partout ! Mais c’est ce qui fait le charme du musée… ça, et son conservateur de toujours, passionné par toutes les pièces rassemblées ici, et qui semble bien avoir légué une bonne partie de ses propres jouets d’enfant à la collection. J’ai trouvé que ce musée reflétait ce que mon pays a de plus charmant : de la bonhomie, une passion pour les choses un peu fragiles ou désuètes, un bric-à-brac invraisemblable et une générosité certaine.

Les enfants se sentent bien aussi en ces murs ; il faut dire qu’ils sont les bienvenus : plein de jeux sont mis à leur disposition, afin qu’ils puissent les manipuler. Il suffit de demander gentiment pour recevoir quelques billes à glisser dans les divers circuits (gardez précieusement la vôtre jusqu’à la sortie : il y a encore un circuit au dernier étage) ou pour voir fonctionner les trains électriques.

Je te laisse poursuivre la visite en images, en te conseillant vivement de pousser la porte du Musée du jouet lors de ta prochaine visite bruxelloise. Attention, le musée est grand : il faut compter entre une et deux heures pour en faire le tour.

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« Je porte l’enfant qui est venu à nous »

Ce soir, je fais de la place aux mots de mon amie Lexane, qui a accouché son premier enfant à la maison et m’a donné, en faisant ce choix qui était pour elle une évidence, la confiance que je pourrais un jour le faire à mon tour. Lexane a donné naissance à sa fille, Olive, fruit de l’arbre de vie, en compagnie du papa et de la marraine d’Olive, ainsi que de deux sages-femmes. L’honnêteté et la justesse de ses mots me font venir les larmes aux yeux et me vrillent les entrailles, en même temps qu’ils me donnent à moi aussi envie de me redresser à mesure que je revis en souvenirs notre propre incroyable traversée pour donner la vie, même si elle fut tout à fait différente. J’espère qu’ils trouveront en toi un écho semblable.

Les images qui illustrent ce texte sont des œuvres de Judy Chicago, une artiste choisie par Lexane.


C’est pour aujourd’hui. Une petite phrase qui a traversé ma tête un instant, et un calme certain qui s’est installé en moi. Je vais me coucher avec ce calme. J’aime beaucoup sa présence. Je me sens habitée.
Je me réveille. Un mouvement. Un mouvement qui vient de mon ventre, pas dans mon ventre. Et toujours ce calme. J’aime être réveillée alors que tout le monde dort. J’ai l’impression d’être la reine du monde. J’allume des guirlandes lumineuses. Je m’allonge dans le salon. J’ai besoin d’être sans lui. J’ai besoin d’être avec mon calme qui m’habite. J’ai besoin qu’on prenne de la place. Je n’ai plus besoin de vêtement.
J’ai envie de partager ce calme et de l’agrandir, j’ai envie de partager ma joie sans sourire. J’ai besoin d’un écho. Je l’appelle. Elle. Elle me rejoint immédiatement. Je me recouche. Elle me regarde dormir. Elle sait et ne sait pas trop qu’après ça, la vie ne sera plus jamais pareille.
Des mouvements. Pour eux, c’est incertain. Pour lui comme pour elle. Ils attendent patiemment. Ils se font tout petits. Moi je suis déjà emportée par ce mouvement. Je suis ce mouvement. Je sais.

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En bois ou en carton, mes cuisines à jouer préférées

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Bientôt les fêtes, les parents se mettent en quête de ce qu’ils vont glisser sous le sapin. La cuisine à jouer est une valeur sûre des jeux d’imitation, elle trouvera sa place dans toutes les maisons. Voici mes préférées, en bois (ou en carton), parmi lesquelles tu choisiras en fonction de tes critères : la plus solide, la plus jolie, la home-made, la plus polyvalente…

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Happy Halloween, ou une première bonne occasion de faire entrer la lumière

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Ma maman étant née aux États-Unis, nous avons toujours fêté Halloween. En Belgique, lorsque j’étais enfant, les magasins ne vendaient aucune déco et les voisins étaient étonnés de nous voir arriver attifés en fantômes et sorcières. Ma tante s’était prise au jeu et elle créait de superbes et gigantesques scènes effrayantes devant sa maison.

J’aime toujours autant me déguiser et je suis donc ravie de préparer les décorations de cette fête que beaucoup jugent commerciale avec mon petit garçon, qui aime bien, désormais, jouer à se faire « un tout petit peu peur ». Il faut dire que les semaines (les mois ?) qui suivent le changement d’heure sont pour moi tellement déprimants que j’essaye de ne rater aucune occasion d’y apporter un peu de lumière.

Car, en cette veille de 1er novembre, c’est bien de lumière qu’il s’agit…

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Plutôt que jeter #1 : cirer les chaussures… en couleurs !

Cirer ses chaussures, voilà bien une activité de vie pratique par excellence pour le cycle 3 à 6 ans dans la pédagogie montessori. L’idée est bonne : l’enfant travaille sa motricité fine et sa faculté de concentration, en même temps qu’il se fixe un objectif et détermine toutes les étapes nécessaires pour y arriver (ôter les salissures du soulier, appliquer le cirage, attendre un instant, lustrer la chaussure à l’aide d’une brosse ; aaaaah les fameuses compétences exécutives dont je te parlais l’autre jour). Si bien que c’est une activité que nous avons déjà pratiquée quelques fois Django et moi ; cet été, nous avons même tenté de réaliser notre propre cirage à base de cire d’abeille (mais la recette n’était pas très équilibrée et le cirage trop dur pour que Django puisse vraiment l’utiliser).

Depuis plusieurs mois, mon fils me réclame du cirage rouge pour redonner leurs éclats à ses chaussures. Il faut comprendre sa déception : l’avant/après d’une activité cirage sur une paire de souliers de papa ou maman est plutôt saisissant ! On apprécie aussitôt le résultat d’une paire de chaussures bien cirée, qui semble comme neuve. Ce n’est pas le cas pour les chaussures d’enfant qui ont bien souvent leur bout complètement élimé par les jeux au sol ou les freinages répétés de draisienne (et c’est bien normal, il serait bien dommage que les enfants doivent prendre garde à ne pas abîmer leurs souliers au détriment de leurs jeux). Devant le dépit de mon petit garçon qui n’était pas parvenu à produire sur ses chaussures l’effet escompté, j’avais glissé que peut-être, avec un peu de cirage rouge… Depuis, il n’en démordait pas : il lui fallait du cirage rouge !

Alors quand je suis tombée sur mon fil Instagram sur une publication de Marche Mallow vantant leur gamme de crème teignante, j’ai souri… et j’ai aussitôt écrit un message à la boutique bruxelloise pour leur proposer un partenariat (en vrai, c’est drôle : je venais de refuser de participer à la campagne d’une marque de papier de toilette humide bien connue, et me voilà à solliciter une petite boutique belge de chaussures en leur disant que j’ai envie d’écrire un article sur comment rendre les petits garçons heureux en leur offrant du cirage rouge ; c’est toujours comme ça ce blog, a priori personne ne devinerait quels sujets je vais trouver excitant). Marche Mallow n’a pas eu l’air de me prendre pour une folle. J’ai reçu un duo crème teignante + crème de soin colorée en rose pâle pour une paire de chaussures de June et j’ai acheté un duo similaire en rouge pour Django.

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Quand Céline Alvarez parle des compétences exécutives

Jeudi dernier avait lieu la deuxième conférence de Céline Alvarez organisée par Emergences à Bruxelles. Ne compte pas sur moi pour un résumé des deux heures de conférence ni pour une critique chevronnée de la conférencière (oui, Céline Alvarez enfonce des portes ouvertes – mais elle ne s’en cache pas ; oui, son travail surfe sur une vague d’engouement pour les pédagogies dites « actives » – mais il l’alimente également, ce dont je ne vois personnellement qu’une occasion de se réjouir, d’autant que ses propos ont l’immense qualité selon moi de véritablement célébrer le potentiel d’intelligenceS de l’enfant ; non, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle affirme – notamment lorsqu’elle clame que l’être humain apprend naturellement sans effort, ou lorsqu’elle se félicite que les « sciences » confirment désormais ce que certains pédagogues et médecins pressentaient depuis longtemps, voulant en fait parler des avancées récentes en sciences neurocognitives et oubliant que les sciences sociales en sont aussi, des « sciences », et que leurs postulats ne sont pas rendus légitimes par de vagues intuitions mais par des travaux de recherche rigoureux, s’échelonnant sur plusieurs dizaines d’années). Je voulais simplement revenir ici sur une question qui m’a particulièrement intéressée, essentiellement parce qu’elle touche à quelque chose que j’ai envie de développer dans ma pratique d’enseignement, et que Céline Alvarez appelle « les compétences exécutives de l’être humain ».

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L’autonomie, mais pourquoi ?

Quasiment dans chaque article que j’écris à propos des pédagogies actives, je te bassine à propos de l’autonomie de l’enfant : laisser à l’enfant l’opportunité de faire seul, aménager l’espace pour ne pas entraver ses motivations à mener à bien une activité, etc. Autonomie, autonomie, mon grand dada… et finalement POURQUOI ? C’est devenu une telle évidence pour moi désormais (et bien que ça ne l’était pas nécessairement avant que je ne devienne maman) que je ne questionne plus la légitimité de cette affirmation : pourquoi encourager nos enfants à faire seul ?

C’est une question que ma belle-sœur m’a posé cet été qui est venue interroger cette évidence, une question posée – je crois – sans animosité ou jugement, avec un vrai point d’interrogation derrière ; je ne sais plus si cette question concernait le fait que je salue l’enthousiasme de ma petite fille d’un an à mettre seule la table ou le récent réaménagement de la buanderie à destination des enfants – peu importe, mais une question qui disait en somme :

pourquoi pousser l’enfant à faire seul quand on peut lui épargner des efforts, du temps pour faire autre chose (sous-entendu « de plus intéressant ») et lui exprimer en l’aidant combien nous l’aimons et sommes là pour lui ?

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« balancing board », « rocker board », « curvy board »… : faut que ça swing !

Après avoir louché plusieurs mois sur le Wobbelboard (il faut dire que leur com’ aux alentours des fêtes de fin d’année était particulièrement bien réussie, avec des « Give Away » tous plus incroyables les uns que les autres), j’ai fini par craquer lorsque Leen, de Manine Montessori, est venue me rendre visite la veille de l’anniversaire de mon fils, des Wobbelboards tout plein le coffre de sa voiture ! Pour ses quatre ans, mon fils a donc reçu un aéroport construit par son papa à partir des Lego de quand lui-même était petit, des ailes de papillon cousues par mes soins… et cette drôle de planche courbe en bois, dont je me demandais si elle allait susciter l’intérêt des enfants ou se contenter de prendre la poussière dans un coin. Alors, indispensable ou inutile, le Wobbelboard ?

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Je n’étais pas sûre de mon coup jusqu’à ce que j’observe mes enfants prendre simultanément la planche d’assaut à peine l’objet déballé. Je crois que, pour une fois, je pourrais presque laisser parler les images elles-mêmes.

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Les albums incontournables d’Emily Hugues

Il y a, dans la littérature jeunesse, de ces albums si beaux et si touchants que je les sais capables de résister aux plus violentes de mes aspirations au minimalisme ; ceux d’Emily Hugues en font incontestablement partie. Son trait – que l’on ne peut qualifier que de foisonnant – emporte ses lecteurs dans un univers sauvage, mystérieux et contrasté, dans lequel évoluent de petits héros confrontés, en dépit de leur courage, à de dures épreuves. Bien sûr, leur appétit de vivre finit par triompher. Bercés par la musicalité du texte, les enfants entre deux et cinq ans ne manqueront sans doute pas de s’identifier à ces cœurs à la fois téméraires et fragiles, pour comprendre intuitivement que différence n’est pas synonyme de faiblesse et que, parfois, la reconnaissance arrive là où on ne l’attendait pas.

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Enfin, parce que leur dessin fait la part belle à la faune et à la flore les plus extraordinaires, ces albums constituent un merveilleux moyen de faire entrer un peu de Nature dans son foyer. Les artistes en herbe et les parents qui aiment dessiner se plairont sûrement à s’inspirer de leur végétation luxuriante pour composer leurs propres dessins.

Retrouve ces albums sur Amazon en cliquant sur les images ci-dessus* ou chez ton libraire préféré.

Le saint Graal de la recette de pâte à modeler maison

Il y a bien longtemps, j’ai cru avoir trouvé une parfaite recette de pâte à modeler maison. Mais la belle était gluante et inutilisable au bout d’une petite semaine (et comprends-moi bien, si je trouve un plaisir certain à malaxer la pâte à modeler tout juste sortie de la casserole, je ne vais tout de même pas en cuisiner chaque semaine et empiéter de la sorte sur le temps consacré à mon gâteau au chocolat hebdomadaire, nondidju). C’était sans compter sur le sacro-saint ingrédient qui permet à la pâte à modeler de conserver très longtemps, révélé dans sa recette par Merci qui ? Merci Montessori : la crème de tartre. Et depuis, mon dieu que cela fonctionne bien ! Seul hic : ma pâte à modeler était le plus souvent de couleur naturelle, car je trouve les colorants alimentaires liquides très peu pratiques d’utilisation (il faut en mettre énormément, ça coule de tous les côtés si on veut les ajouter hors du feu, ça consomme plein de petits flacons en plastique). Récemment, j’ai acheté des colorants alimentaires en poudre et le problème ne se pose plus. Pour parfumer la pâte, je préfère également utiliser de l’extrait d’amande ou de fleurs d’oranger plutôt que des huiles essentielles. Du coup, voici…

La recette

Mélanger la farine, le sel, l’eau, la crème de tartre et l’huile dans une grande casserole. Ajouter l’extrait d’amande ou de fleurs d’oranger et le colorant alimentaire en poudre (une très petite quantité est nécessaire ; plus il y a de colorant, plus la teinte sera foncée ; les mélanges sont évidemment possibles). Chauffer à feu moyen en mélangeant avec une cuiller en bois jusqu’à ce que le mélange épaississe de manière homogène. Quand la pâte ne colle plus aux doigts (attention, c’est chaud), elle est prête. Malaxer sur le plan de travail et conserver dans des récipients hermétiques.

NB : évidemment, cette pâte à modeler maison, en plus d’être avantageuse financièrement et de limiter les emballages, a l’avantage de présenter moins de risques pour la santé que son équivalent industriel. Mais même si elle est composée d’ingrédients naturels, je déconseille de laisser les enfants en manger (et, crois-moi, ma fille adore), car la consommation de colorants alimentaires est particulièrement déconseillée pour les jeunes enfants, chez qui ils peuvent entraîner des risques d’hyperactivité et des troubles de l’attention (voir par exemple cette liste ; cela concerne également les colorants « naturels », comme la cochenille – E120 – par exemple). Il en va de même pour les arômes (que tu peux néanmoins choisir d’origine biologique).  

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