Fleurs du bitume et espaces verts à Bruxelles (3) : le Rouge-Cloître

Une balade le matin, un tour au parc le soir, tel fut notre rythme de croisière durant les grosses chaleurs du printemps et de l’été. Il n’y a pas de meilleure école que la Nature, et pas de meilleur endroit où mener ses enfants pour décompresser lorsqu’on les garde H24 : dehors, tout est plus facile, et plus intéressant.

En attendant un article pour te convaincre que vivre au vert en ville, c’est possible, le nombre d’heures que nous avons passées à arpenter les parcs bruxellois ces derniers mois m’a donné envie de reprendre une série de billets destinés à te faire découvrir mes espaces verts préférés dans la capitale. Je sais que j’ai un lectorat majoritairement français, mais j’espère que ces articles pourront insuffler un nouvel élan à mes voisins bruxellois, et des idées aux vacanciers qui s’aventureraient jusque chez nous avec leurs enfants.

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Le Rouge-Cloître

Cette ancienne abbaye et le parc qui l’entoure constituent assurément un de mes espaces verts préférés à Bruxelles. Situé à l’entrée de la forêt de Soignes (pour ceux qui souhaiteraient faire une longue balade), le Rouge-Cloître est un lieu parfait pour se promener avec des enfants car il comprend aujourd’hui à la fois :

  • une ferme, qui abrite aujourd’hui l’ASBL Cheval et Forêt (dont les chevaux de traits et leurs belles carrioles plairont sûrement aux petits connaisseurs),
  • plusieurs points d’eau (dont l’un accessible aux pêcheurs), avec leur flore et leur faune qu’on ne se lasse pas d’observer,
  • deux très belles plaines de jeux,
  • un centre d’art,

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Lit au sol et chambre partagée : le super lit posé

À l’automne dernier, June a quitté notre lit et rejoint Django pour dormir dans un « super lit posé » (dixit mon fils) aménagé par leur Papa et leur Pépé. J’ai rêvé ce lit commun telle une maisonnette capable de procurer aux enfants un sentiment de sécurité, et qu’ils pourraient librement s’approprier. Le lit est assez ouvert pour les câlins du soir ou pour permettre aux adultes de s’y glisser ; les ouvertures qui permettent d’atteindre l’étage supérieur empêchent que ma petite intrépide de désormais un an puisse s’y aventurer.

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Proposition d’activité : et s’il suffisait de changer de perspective ?

Lorsqu’on consomme quantité de blogs de parentalité aux propositions d’activité* toutes plus belles les unes que les autres, le risque est, au mieux, de dépenser beaucoup de temps et d’énergie (et parfois d’argent) à tâcher de reproduire la même chose à la maison ou, au pire, de se décourager et de renoncer finalement à faire quoi que ce soit.

Bien sûr, il y a des parents qui trouveront énormément de plaisir ou de gratification dans la réflexion et la préparation de l’activité en elle-même ; c’est parfait ! Que tous les autres se rassurent en sachant qu’il n’est pas nécessaire de passer ses week-ends à découper des banquises dans de la frigolite pour monter une proposition d’activité qui puisse passionner vos rejetons.

*pour comprendre ce que j’entends par « proposition d’activité », la lecture de cet article te sera peut-être utile.

De quoi a besoin une proposition d’activité pour exister en tant que telle ?

  • De résulter de l’observation fine, par l’adulte, de l’enfant, dans le but de cerner quelques-uns de ses intérêts du moment ;
  • de mettre en œuvre une discipline et du matériel que l’adulte pressent comme pouvant répondre à un ou plusieurs de ces intérêts ;
  • d’être disposée dans l’espace de travail ou de jeu de manière à fonctionner comme une invitation pour l’enfant à s’en saisir (c’est là la dimension esthétique et ouverte – je ne trouve pas de meilleure épithète – de la proposition) ;
  • d’être laissée à la libre disposition de l’enfant (même lorsque l’activité nécessite une démonstration de l’adulte ou la lecture d’une consigne, l’enfant est par la suite libre de s’en saisir quand bon lui semble… ou s’en détourner).

Ceci n’étant qu’une ébauche personnelle de réponse à un questionnement qui m’anime, sache que tous tes commentaires sont les bienvenus pour enrichir ou interroger cette définition.

Parfois, il en faut peu…

Il suffit parfois de changer la perspective d’un matériel que l’on croyait épuisé ou au contraire hors de portée, parce que délaissé par l’enfant, pour que celui-ci revête soudain un intérêt nouveau.

Ici, une plaque pour blocs encastrables et deux morceaux de double face auront suffi à donner une nouvelle dimension à un panier de blocs délaissé depuis plusieurs semaines (ou plutôt exclusivement destiné à être répandu aux quatre coins de la cuisine, ce dont mes orteils se plaignaient beaucoup).

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Il ne manquait à cette petite fille, encore incapable d’emboîter les pièces sur la plaque, qu’un grand-frère ravit de s’exécuter à sa place pour qu’elle puisse aussitôt ôter les pièces. Le jeu devint vite à qui des deux joyeux larrons serait le plus rapide, et j’ai eu droit à de grands éclats de rire pendant les quelques jours que le jeu les a captivés.

Une fois June ayant jugé avoir fait le tour de la chose, mon fils a construit deux ou trois villes horizontales, et cherché comment y fixer des véhicules. Parvenu à ses fins à deux ou trois reprises, il s’est à son tour détourné de ce matériel qui n’offre à un enfant de trois ans que des possibilités de construction limitées, et j’ai rangé le panier de blocs en plastique… pour le ressortir trois semaines plus tard, dans la salle-de-bain.

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Parfois, il suffit de changer la perspective pour qu’un matériel puisse être redécouvert par l’enfant : installer aquarelles et crayons de couleur dans le jardin, ajouter un miroir à l’espace de construction, déplacer le coin poupées de la chambre vers le salon, inviter les Playmobil dans le bac sensoriel, utiliser une table lumineuse pour mettre en valeur un puzzle…

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Les plus belles figurines d’animaux en bois

Si les adeptes de la pédagogie Montessori utilisent généralement les figurines d’animaux en plastique de type Schleich pour leur caractère ultra-réaliste, les familles qui instaurent chez elles une ambiance Waldorf leur préfèrent les figurines en bois, utilisées pour les jeux libres ou les tables des saisons. Toutes constituent des petits présents de naissance ou d’anniversaire idéaux, décorant joliment les étagères des chambres d’enfants. En ce qui concerne les animaux en bois, mon conseil est de les choisir non vernis, d’une épaisseur qui leur permette à la fois de tenir aisément debout et d’être manipulés par des petites mains, peints avec des couleurs hydrosolubles et des huiles non toxiques, et fabriquées dans un bois issu de forêts gérées durablement.

 

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[sources images : 1-3-4-5-6, catalogues des marques citées ; 2, A Blessed Nest]

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Élever des papillons à l’école ou à la maison

En février, je te parlais dans cet article de notre intention d’élever des papillons pour célébrer le printemps. L’aventure a récemment pris fin, aussi je te propose de t’en faire un petit reportage en images. Toute la famille a été conquise : de la plus petite qui se demandait bien pourquoi nous passions autant de temps à observer ces bestioles, à mon aîné qui a passé de longs moments à observer la transformation des petites créatures en enrichissant considérablement son vocabulaire, en passant par mon homme qui jetait de réguliers coups d’œil à la table d’observation. Quant à moi, je devinais que j’allais être très intriguée par cette activité et ça n’a pas loupé : j’ai trouvée l’expérience à la fois passionnante et un peu inquiétante, et j’ai appris beaucoup de choses. Pédagogiquement, outre les apprentissages biologiques évidents, je trouve que c’est un fabuleux moyen pour que les jeunes enfants puissent faire concrètement l’expérience du temps qui passe (tu sais combien je suis sensible aux activités qui permettent d’appréhender ou de ritualiser le temps) !

A la suite des photos, je te donne des liens vers le kit d’élevage et d’autres ressources utiles.

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Premiers jours : les chenilles grossissent à vue d’œil dans leur petit contenant rempli de nourriture ; c’est très impressionnant.

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Balade sonore à la découverte de l’eau

C’est une lectrice de Minuscule infini (merci Léa !) qui m’a fait découvrir au détour d’un commentaire un trésor pour jeunes (ou moins jeunes) oreilles :  » chants de l’eau », « chants d’oiseaux », « concerts naturels »…, Studio les Trois Becs capture les sons de la nature qui nous environne. Ce projet a deux raisons de me plaire : je suis sensible au fait que nous vivons dans un brouhaha ambiant qui nous déconnecte du silence comme des sons d’origine naturelle, et, à l’exception des activités musicales à proprement parler, les propositions d’activités qui mobilisent le sens de l’ouïe sont peu répandues.

studiolestroisbecs04 À l’écoute des premiers morceaux, tandis que j’imagine comment introduire les chants d’oiseaux auprès de mon petit garçon de trois ans, surgit une émotion inattendue : voici soudain un petit bout de mon enfance qui m’enserre le cœur et remonte dans ma gorge ; je me vois jouant dans le jardin avec mes cousins ou observant le ciel gris depuis la fenêtre de mon bureau chez mes parents. Je jette un œil sur la pochette : c’est le chant de la mésange que ma mémoire a lié étroitement à ces souvenirs. Je croyais n’avoir jamais tendu l’oreille assez attentivement, je croyais être passée à côté de la subtilité de ces mélodies ; elles étaient là, en moi, connues de mes oreilles sans que ma bouche puisse les nommer. Étrange et intense expérience.

Trois créations du Studio les Trois Becs sont arrivées chez nous

  • Pour la plus petite, Mon imagier sonore de la nature, idéal pour tous les parents qui n’aiment pas imiter les cris des animaux (ou qui ne sont tous simplement pas très doués pour cela, uhuhuh) ; les illustrations enfantines du livre cartonné qui accompagne le disque seront plus avantageusement remplacées par des photographies des animaux en question, mais le cd en lui-même est très bien fait, présentant les cris d’une douzaine d’animaux de la ferme, suivis du chant de quelques insectes et oiseaux parmi les plus connus, pour s’achever sur des sons naturels plus inattendus (« le ruisseau », « je marche dans la neige », « le feu de bois »…) et de trois pistes destinées à l’endormissement. Atypique et précieux.
  • pour moi Pour Django, Chants d’oiseaux des bois et forêts, dont je te parlerai dans un prochain article plus longuement,
  • et enfin Les chants de l’eau que j’avais envie de te présenter aujourd’hui en guise de support à une balade sonore à la découverte de l’eau.

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La boîte à forme unique, la suite

Serait-ce par dépit (parce que son papa ne lui fabrique pas les boîtes suivantes ; oui, oui, j’adresse des messages personnels par l’entremise du blog) ? Il semble en tout cas que June ait trouvé de quoi poursuivre sa progression avec la boîte à forme unique :


Boîte à forme ou « imbucare » chez Manine Montessori

Si tu as des « coquilles » Kinder dont tu n’as pas l’utilité, nous serions heureux de les utiliser ici car nous ne consommons pas ce produit et leur forme plait beaucoup aux enfants. Je peux te régler les frais de port ou t’échanger ces bouts de plastique contre d’autres « loose parts ».

 

 

Porridge banane cacao : le petit déjeuner des championnes

En ce moment, je ne travaille pas. Du coup, je bénéficie de matinées en tête-à-tête avec ma fille. Ce matin, la journée a commencé par un petit déjeuner riche en fibres, en graisses insaturées et en magnésium (et surtout pauvre en sucre et en sel, puisque c’est ce qui m’intéresse pour June qui n’a pas encore un an) : porridge banane cacao. La recette est inratable et très bon marché, et son temps de préparation est raisonnable si j’excepte la casserole que je n’ai jamais envie de nettoyer.

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Ingrédients

  • 3/4 de verre de petits flocons d’avoine
  • 250 ml de lait d’amande
  • 2 càs de cacao non sucré
  • 1 banane
  • 3 càs de noix de coco moulue ou une poignée d’amandes concassées
  • [sirop d’érable]

Recette

Dans une casserole, mélanger les flocons d’avoine et le lait, porter à feu vif, bien mélanger à nouveau quand les flocons commencent à épaissir et cuire environs 5 minutes. Hors du feu, ajouter le cacao. Laisser tiédir et servir. Saupoudrer de morceaux de banane et de poudre de noix de coco ou d’amandes concassées (l’idée étant que cette garniture oblige à la mastication). Pour les adultes au bec sucré, ajouter un filet de sirop d’érable.

Comme tu le vois, ça se déguste à la cuiller… ou avec les mains, c’est selon.

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Gray Label, douceur et intemporalité

J’ai écrit beaucoup d’articles à propos de pédagogie ces derniers temps ; varions les plaisirs et faisons de la place pour un autre dada de ce blog : la mode organique. Dans l’idée de répondre aux questions que tu m’envoies et parce que c’est de saison – n’en déplaise au ciel gris qui règne en maître ici -, je parlerai aujourd’hui d’une de mes marques fétiches en coton organique : Gray Label.

Gray Label

Gray Label est une marque néerlandaise de vêtements pour bébés et enfants, fabriqués en Europe (si je ne m’abuse, au Portugal). Prenant le contre-pied des imprimés enfantins clinquants, la marque a opté pour des tissus unis et des coupes à la fois minimalistes et ultra-confortables, qui rendent ses vêtements identifiables au premier coup d’œil. Le coton utilisé est labellisé GOTS et c’est le plus doux qu’il m’ait été donné de toucher. D’une collection à l’autre, on retrouve une série de « basics » intemporels, auxquels s’ajoutent chaque saison quelques modèles et couleurs éphémères. Tout est beau, bien coupé, facile à assortir et agréable à porter.

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Apprentissages autonomes : et si nos enfants n’avaient pas besoin qu’on leur enseigne pour apprendre ?

Tu m’écris parfois que tu ne comprends pas comment j’arrive à proposer autant d’activités aux enfants, ce à quoi je te réponds invariablement que s’il me semble que je n’arrête jamais, je ne déploie pas une créativité extraordinaire pour mes enfants. À lire tant de blogs qui fourmillent d’activités intéressantes, j’ai mille idées de séquences ou de thématiques que je voudrais transposer à la maison. La vérité, c’est que j’en réalise bien peu, pour tout un tas de raisons, parmi lesquelles la préparation extrêmement chronophage de beaucoup d’activités par rapport au temps de jeu auquel elles donnent lieu. Mes propositions d’activités ont d’ailleurs encore considérablement diminué depuis ma deuxième grossesse et la naissance de June, faute de temps, d’énergie et d’organisation.

De l’art de ne point trop en faire (et s’en faire)

Si je fais l’impasse sur ces merveilleuses activités, mon enfant en sera-t-il moins épanoui ou moins intelligent ?

Sans avoir bien entendu la réponse à cette question, depuis que mon premier enfant est né, j’ai cheminé à travers les diverses pédagogies actives vers les apprentissages autonomes. Aujourd’hui, je suis intimement convaincue que nos enfants apprennent « seuls », au rythme et en réaction à l’environnement qui sont les leurs. Une de mes grandes joies au quotidien est de m’émerveiller de ces apprentissages : « Tiens, Django reconnaît l’écriture de certains chiffres et s’amuse beaucoup à inventer des rimes », « Oh, June s’essaye à prononcer « au revoir » et « encore » tout en faisant signe de la main ». Plus j’observe les enfants, plus je me dis qu’ils n’ont décidément pas besoin qu’on leur apprenne quoi que ce soit : ils construisent par eux-mêmes tous les apprentissages qui leur sont nécessaires pour grandir dans une société comme la nôtre.

Si nous avons toujours de bonnes idées de choses à faire faire aux enfants, ils n’auront pas suffisamment de temps pour avoir des idées eux-mêmes. Ensuite, ils peuvent se mettre à penser que toutes les bonnes idées viennent des adultes et ainsi devenir dépendants de nous.
(John Holt)

N’aidez jamais un enfant à faire une tâche qu’il se sent capable d’accomplir seul.
(Maria Montessori)

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Le rôle de l’éducateur

Oh, ça ne me veut pas dire que l’adulte n’a rien à faire ou que sa tâche est aisée, bien au contraire…

Ma première mission de parent est de me rendre disponible, physiquement et mentalement. C’est pour moi le plus difficile, et cela explique d’ailleurs que je cherche à réduire le temps que je consacre à préparer des activités (mais aussi des repas, des lessives, des articles de blog, héhé) pour ÊTRE au maximum avec mes enfants.

Ma tâche consiste ensuite à assurer à l’enfant un cadre favorable aux apprentissages, de deux manières essentielles :

  • en lui fournissant un environnement adapté

Ce que les adultes peuvent faire pour les enfants, c’est leur rendre ce monde et ses habitants plus accessibles et plus évidents. Le mot clé est accès : aux personnes, aux lieux, aux expériences […] Nous pouvons aussi mettre à leur disposition des outils, des livres […] et toutes autres ressources.
(John Holt)

L’éducation authentique ne se fait pas de A vers B, ni de A sur B, mais par A avec B, par l’intermédiaire du monde.
(Paulo Freire)

  • en adoptant un comportement bienveillant (envers autrui, envers l’enfant, envers moi-même) et exemplaire

Ce que les enfants veulent et ce dont ils ont besoin de notre part c’est une attention authentique. Ils veulent que nous les remarquions et que nous prêtions attention à ce qu’ils font, que nous les prenions au sérieux, que nous leur fassions confiance et que nous les respections en tant qu’êtres humains.
(John Holt)

Ce ne sont pas les discours moralisants, ce ne sont pas les exhortations raisonnées qui agissent sur l’enfant dans le sens indiqué, mais les actes que les grandes personnes accomplissent de manière visible sous ses yeux.
(Rudolf Steiner)

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Django prépare une salade de fruits ; opinel pour enfants chez Manine Montessori

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