Catégorie : Apprentie maman

Les arts plastiques selon l’approche Reggio, ou l’art de ne pas faire du « bricolage »

invitation-to-play-aquarelleSouvent, je parle sur ce blog de pédagogie Montessori, essentiellement parce qu’il s’agit de la pédagogie active qui a été, à mon sens, la plus clairement et la plus pratiquement théorisée, et qu’il est donc relativement aisé de la comprendre et de se l’approprier. Il me semble d’ailleurs qu’on ne peut pas vraiment cheminer en pédagogie active sans avoir lu L’esprit absorbant de l’enfant et L’enfant (dans lesquels je te conseille encore une fois de te plonger : ces ouvrages sont vulgarisés et donc faciles à lire, et généralement aisément accessibles puisque disponibles dans la plupart des bibliothèques).

Toutefois, l’approche qui me parle le plus, celle que j’aime à la folie bien que ses contours soient plus flous et donc un peu plus difficiles d’accès, c’est l’approche Reggio (pour comprendre de quoi il s’agit, rendez-vous par exemple chez An Every Day Story – en anglais – ou chez Merci Montessori). Là où Montessori développe peu de choses à propos des arts plastiques, ceux-ci s’invitent au quotidien dans l’approche Reggio. Pas parce que le but est de faire faire de « l’art » aux enfants, mais tout simplement parce que…

chaque apprentissage est envisagé en tant qu’exploration menée par l’enfant et en tant que connexion d’une discipline à toutes les autres ; dès lors dessiner, découper, modeler, coller, peindre… deviennent des modes d’appréhension et d’expression du monde.

En vertu de quoi, construire une proposition Reggio, c’est échapper à la tentation de faire faire à l’enfant du « bricolage ». Et ça, ça me plaît énormément !

 invitation-to-play-la-couleurInvitation autour des couleurs

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Trois vestes en laine pour bébé sur le banc d’essai

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Très chaude et pourtant souple et légère, la veste en laine remplace avantageusement la traditionnelle « doudoune » auprès des plus petits, qui restent ainsi beaucoup plus libres de leurs mouvements (ce qui est évidemment particulièrement important à l’âge où l’on s’entraîne à marcher, sauter, courir, escalader, etc.).

Grâce à la Yaya de Django qui aime beaucoup habiller mon fils, nous avons désormais eu l’occasion de tester les trois principaux modèles de vestes en laine pour tout-petit à la maison. Je me suis dit que même si l’hiver est déjà bien avancé, en cette période de soldes et d’arrivée du froid, un petit comparatif t’intéresserait peut-être… Zoom sur le blouson Cosilana, la veste Iobio et le manteau Disana !

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Baboes Schaerbeek : quand l’espace devient acteur d’apprentissage

baboes-learning-space-07Plus encore que dans d’autres pédagogies dites « actives » (mais c’est très prégnant dans celles-ci aussi et c’est sans doute pourquoi toutes ces approches me passionnent tant), l’approche Reggio considère que l’espace est un acteur à part entière de l’apprentissage de l’enfant.

Baboes-Schaerbeek l’a bien compris ! Ce lieu de rencontre, qui accueille gratuitement les enfants de 0 à 4 ans accompagnés d’un adulte, s’est installé dans les incroyables locaux de Arts Basics for Children. Depuis que Django et moi avons découvert l’endroit grâce à cet article de Bruxelles-les-Oies (blog dont je ne peux que te recommander chaudement la lecture, si tu es Bruxellois – de cœur ou d’un jour), nous en sommes tombés amoureux et nous y retournons le plus souvent possible. C’est bien simple, tout me plaît chez Baboes-Schaerbeek : le concept et sa gratuité (si tu veux en savoir plus, rendez-vous sur Bruxelles-les-Oies, donc), la véritable convivialité qui en découle, la bienveillance des accueillantes et, surtout, la beauté et l’intelligence de tout le mobilier. D’ailleurs, c’est pour ça que je t’en parle, car si la distance géographique t’empêche d’y mettre un jour les pieds, j’ai pensé que l’aménagement de l’endroit pourrait t’intéresser. Pour moi, il est une incroyable source d’inspiration.

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L’effet Montessori (2)

effetmontessori04– Un an –
effetmontessori02– Deux ans –
effetmontessori01– Deux ans pas encore tout à fait et demi –

Non, je ne suis pas une inconditionnelle de la pédagogie Montessori. Je t’expliquerais d’ailleurs peut-être un jour pourquoi, si ça t’intéresse. Mais il y a, dans les ouvrages de Maria Montessori, des propositions si simples et intelligentes qu’elles s’imposent rapidement comme des évidences et qui pourtant, pour nos esprits élevés dans l’aire du plastique et de la surconsommation, peuvent tout d’abord faire l’effet d’une véritable révélation. L’idée de ne proposer que de la vaisselle en matériaux naturels à l’enfant depuis sa naissance (verre, céramique, bois, etc.) fut pour moi de cet ordre ! J’ai eu la grande chance de faire cette « découverte » au moment où je cherchais la vaisselle la plus clean possible pour mettre sur la liste de naissance de Django… Exit, au dernier moment, les jolies assiettes Biobu et autres sets en plastique garantis sans BPA. Nous nous sommes simplement équipés de couverts, de verres et de carafes de taille réduite, adaptés aux petites mains de bébé, souvent chinés dans les tiroirs de cuisine des copains ou des grands-mères. Allaité jusqu’à 16 mois, Django n’a vraiment commencé à boire de l’eau que l’été de son premier anniversaire, mais il mange dans une assiette « qui casse » depuis les premiers temps de la diversification alimentaire. Cela fait désormais plus d’un an qu’il boit seul dans un verre en verre, quelques mois qu’il adooooore se servir lui-même avec une carafe (même si le versé est encore loin d’être parfait… mais ce n’est pas vraiment mon objectif – pas une inconditionnelle de Montessori te disais-je, huhu). A 28 mois, il est tout à fait capable d’aider à mettre la table, de se servir (quand il veut bien manger seul) de petits couverts. S’il ne manipule pas encore très bien le couteau, il a tout à fait compris le danger de celui-ci. À lire d’autres blogs montessoriens, tu découvriras vite que mon fils ne fait pas exception (et qu’il existe même des enfants beaucoup plus « précoces » en la matière).

Ces gestes, qui sont pour lui naturels, provoquent souvent de la réticence hors du cercle familial. Spontanément, on s’empresse de retirer les objets qui cassent des mains d’un enfant plutôt que de lui rappeler, simplement, que ceux-ci sont fragiles. On s’écrie : « Attention, tu vas le casser ! » (ce qui est, assurément, la meilleure manière pour que l’enfant le casse, effectivement). On ne propose pas à un enfant de deux ans d’aider à mettre la table, de passer un chiffon pour les poussières ou d’essuyer l’eau qu’il a renversé. Il suffit pourtant d’observer le plaisir et la concentration d’un tout-petit lorsqu’il effectue ces tâches pour se convaincre de leur intérêt.

Et je peux t’assurer que Django a cassé beaucoup moins de vaisselle ces deux dernières années que moi, dont la maladresse quasi-légendaire arrache des soupirs moqueurs à mon homme ! Et puis franchement, quel gain de temps, de place et d’argent…

Les solutions les plus simples…

À défaut d’être une « bonne résolution », voilà du moins mon leitmotiv pour 2016.

Que l’année nouvelle te soit douce et belle !

Ritualiser le temps : préparer Noël

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La pédagogie Steiner-Waldorf accorde beaucoup d’importance à la ritualisation du temps (et de l’espace). L’année est rythmée par différents temps de célébration et de fêtes, au fil des saisons. C’est une chose à laquelle je suis particulièrement sensible, car je trouve que c’est à la fois une bonne manière

  • de renouer avec une temporalité plus « naturelle » (opposée au mode frénétique que nous imposent nos sociétés contemporaines)
  • et de permettre au petit-enfant, notamment s’il ne maîtrise pas encore le décompte des heures et des jours, de s’approprier le passage du temps en construisant des repères temporels qui l’accompagneront toute sa vie.

La période de Noël est particulièrement propice à cette ritualisation. C’est d’ailleurs le rôle de l’Avent que de nous y préparer. Il n’est pas nécessaire, à mon sens, d’être croyant pour investir ce temps de préparation.

À défaut d’avoir célébré l’Avent, on peut profiter des vacances scolaires pour préparer en famille les fêtes de fin d’année et célébrer le solstice d’hiver (qui a lieu le 21 décembre, c’est-à-dire aujourd’hui).

Personnellement, j’ai hâte de consacrer plus de temps et d’énergie à la préparation de ce type de rituels : préparer une table des saisons, raconter des histoires et proposer quelques activités autour des moments clefs de l’année, etc. Pour le moment, je tâtonne et propose timidement quelques petites choses en fonction de mes disponibilités et de ce qui est reçu positivement par mon petit garçon de deux ans pas encore et demi.

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J’ai peur, oui… mais pas des bombes

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J’avais enfin l’impression d’avoir récupéré un peu d’énergie malgré la grisaille automnale, je pensais avoir réussi à me préserver, à ralentir un peu l’allure, à me reposer et booooom, vendredi soir Paris explose et je me sens abattue. Le week-end a un goût de cendres que même le sourire de mon bébé ne semble pas pouvoir faire passer. Je suis sous le choc et je culpabilise de me laisser à ce point secouer.

J’ai peur. Une peur intense qui me vrille le ventre, causée par mon impuissance. J’ai peur, mais pas des bombes qui – c’est malheureusement presque certain – tomberont encore, mais du manque cruel de perspective des réponses apportées par nos gouvernements pour mener ce combat. Quand la France riposte par une violence aveuglée de colère, la Belgique elle aussi sous le choc reste prostrée par ses querelles gouvernementales internes, chacun se renvoyant la balle pour mieux se laver les mains de sa responsabilité, comme nous savons si bien le faire. Inertie et punition comme seules pistes envisagées à l’horizon, encouragées par le discours puant de médias qui semblent pour la plupart avoir renoncé à diffuser autre chose que du sensationnel et du polémique. Heureusement, oui, heureusement, que je n’ai plus la télé. Je me concentre pour résister à l’envie malsaine de regarder les images des attentats. Je sais qu’elles ne m’apprendront rien et qu’elles statufieront encore un peu plus mon esprit par leur noirceur et leur stérilité.

Non, je n’ai pas peur des bombes par lesquelles je me sens encore (trop) épargnée, mais j’ai peur de vivre dans une société qui ne sait que punir, punir, toujours envisager les problèmes a posteriori, et chercher la sanction la plus adéquate plutôt que d’admettre que le cœur du problème est juste là, sous nos yeux, et que c’est la société dans laquelle nous vivons qui en est responsable. Que tant que nous n’entreprendrons pas une véritable et profonde réforme de notre enseignement et des structures qui nous permettent de vivre en communauté (l’école, l’entreprise, la justice, etc.) pour déconstruire les discours – notamment ceux de haine – et pour donner à nos enfants (mais aussi à nous autres adultes) des perspectives d’avenir réjouissantes, des exemples de réussite et la foi dans les capacités d’invention et d’épanouissement personnelles de chacun, rien ne changera !

Nous vivons dans une société où la peur inhibe la créativité et l’ouverture à l’autre, incite à l’immobilisme et au repli sur soi. L’Europe l’a déjà prouvé dans sa gestion de la crise grecque ; elle le confirme tous les jours par la diversité de ses politiques économiques et sociales, de ses mesures d’austérité, de gestion du droit à l’asile, de réponse sécuritaire à la « menace terroriste »… et dont le principal point commun est une morose absence de réformes innovantes et positives.

Et ça marche ! On sous-entend qu’il ne faut pas avoir peur de la menace terroriste car cela équivaudrait à célébrer leur victoire, mais je n’ai pas peur de la menace terroriste, j’ai peur d’une société qui m’a appris à envisager mon existence en fonction de ce sentiment, j’ai peur d’un modèle social qui enseigne dès son plus jeune âge à mon enfant à avoir peur pour son identité, son corps, son futur, pour sa « carrière », pour ses sous, pour sa santé, pour sa vie ! Une société qui continue d’éduquer par l’évaluation et la punition, plutôt que par l’écoute, le dialogue et l’amour.

Une société qui écrase, plutôt que de tirer vers le haut ; qui préfère toujours dire « dépêche-toi », « fais attention », « adapte-toi », « suis les règles », « travaille », « arrête de rêvasser » et qui fait croire aux parents que c’est la bonne manière de traiter leurs enfants et leurs semblables, plutôt que de leur enseigner à ouvrir les bras, afin que de la diversité des enfants qu’ils regarderaient ainsi grandir surgisse un monde meilleur.

Pour oublier ma peur, me donner envie de me relever, croire encore, je m’en vais passer la main dans les cheveux de mon bébé et respirer encore un peu leur odeur. Plus que jamais, je me sens privilégiée. Plus que jamais, j’ai envie de me battre.


EDIT : si vous cherchez des pistes d’action concrètes, voici la réponse la plus intelligente qu’il m’ait été donné de lire ces derniers jours, publiée par un ami que je n’ai pas eu la chance de voir depuis longtemps. Merci à lui pour la sagacité de son regard et la sagesse de son raisonnement !

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Pyjama party ! (+ concours Ooplaboo)

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Depuis que je suis grande, je ne porte plus de pyjama. Moi, ce que j’aime, c’est me blottir toute nue sous la couette contre mon homme. D’ailleurs, les rares fois où j’ai encore l’occasion de dormir en collectivité, j’oublie systématiquement mon pyjama. C’est très ennuyeux : il faut toujours que je trouve une bonne âme pour me prêter un t-shirt ample ou une chemise de nuit. Je ne te parle même pas de l’horrible dilemme qu’a été pour moi le choix d’un pyjama pour la maternité. Les dimanches en pyjama, ce n’est pas mon truc non plus. Je ne me maquille ni ne me coiffe beaucoup, mais j’aime m’habiller et je me sens drôlement mieux dans mon jupon en tulle de princesse pour glander à la maison avec mon chéri et mon petit garçon.

Enfant, par contre, c’était une toute autre histoire ! Je me rappelle avec tendresse des soirées passées à jouer avec ma petite sœur – pyjama deux pièces pour elle, robe de nuit pour moi – depuis nos lits respectifs dans la chambre que nous partagions. Je me souviens des petits matins que nous passions toutes les deux sagement assises en pyjama devant la télévision pour laisser nos parents dormir, en mangeant des tartines au chocolat (une pâte à tartiner d’une marque bien connue que j’ai désormais bannie de mon chez-moi, comme la télé, d’ailleurs – les temps gens changent) que je plongeais dans d’interminables bols de cacao.

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Le portage, ou comment je suis « entrée en maternage »

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La semaine internationale du portage a commencé hier. L’occasion pour moi de me rendre compte que, malgré l’importance qu’il a pris dans notre vie, je n’ai jamais évoqué ici le portage physiologique. En réalité, je n’ai pas l’impression d’avoir l’expertise pour le faire : je ne suis pas une « collectionneuse » d’écharpes et de porte-bébés (les valeurs que je m’efforce de respecter – et mes finances – ne m’y autorisent pas vraiment…), je n’ai suivi aucune formation, et je peux donc pas me permettre de t’écrire de longues tartines à propos de mon amour pour tel nouage ni de précieux comparatifs des différents modèles de porte-bébés physio.

Cependant, je sais, par les commentaires que souvent tu me laisses, que beaucoup arrivent sur ce blog un peu par hasard et y découvrent ensuite des alternatives à la manière dont ils envisageaient jusque-là la parentalité. C’est d’abord à ces personnes que je pense en écrivant cet article, qui est, comme souvent sur Minuscule infini, plus une lettre d’amour pour le portage qu’un long compte rendu bien documenté (mais promis, je te renvoie vers plein de liens très sérieux qui t’expliqueront tout bien mieux que moi). Il est aussi adressé à celles et ceux qui, comme moi, ont crée par le portage une connexion tout à fait particulière avec leur enfant, et que ce témoignage toucherait.

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Vêtements en laine pour bébé et enfant : les marques que j’aime

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Suite à un article paru l’année dernière dans lequel j’expliquais les incomparables bienfaits de la laine, je reçois régulièrement des questions sur les différentes marques de vêtements en laine pour bébé et enfant. Pour tenter d’y apporter un maximum de réponses pratiques et te faire peut-être découvrir de nouvelles merveilles, j’ai décidé de publier ici une liste des marques de vêtements en laine que j’ai testées et des raisons pour lesquelles je les aime.

Sache que mon addiction pour la laine me prive parfois de toute objectivité en la matière, et que je n’ai jamais eu que quelques pièces de chacune de ces collections en main (malheureusement) : il se peut donc que je me trompe ou que mon avis soit trop subjectif ; mais je ferai tout mon possible pour présenter chacune de ces marques le plus honnêtement possible. Tes questions, découvertes et remarques sont les bienvenues en commentaire.

Cette page est en construction, le répertoire sera régulièrement édité pour que j’y ajoute mes impressions à propos de nouvelles marques, des photos et des liens vers d’autres articles qui en parlent plus longuement.

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