Blog à facettes

Les deux derniers articles que j’ai écrits ici portaient sur la mode éthique pour enfants. Au moment de leur publication, on enterrait en Belgique la petite Mawda, deux ans, tuée par une balle perdue tirée par l’un des policiers qui poursuivait la camionnette dans laquelle elle fuyait en compagnie de sa famille et d’autres réfugiés. Il paraît que les balles se perdent désormais en Belgique et, bien sûr, l’ironie, l’insoutenable ironique, de la situation m’empêche de trouver les mots pour dire combien cela me rend triste, combien j’ai honte de mon inertie, de mon pays et de son gouvernement mené par un fantoche aux mains de l’extrême droite, combien je vomis l’hypocrisie et l’opportunisme du discours politique, combien je me sens impuissante face aux discours de la peur et de la haine, parce que moi je n’ai que les mots comme arme et que les mots, alors, semblent à la fois si envahissants – chacun y allant de sa petite opinion personnelle à coup de sondages médiatiques d’un cynisme éclairé : « Pour ou contre l’obtention du droit d’asile pour les parents de Mawda ? » – et si impuissants – pour informer, sensibiliser, appeler à l’empathie, lutter contre les amalgames, défendre les minorités… Alors, le jour je donne cours et j’écris des articles sur des vêtements pour enfants, et le soir je vais accrocher un body trop petit de ma fille à côté de centaines d’autres devant le palais de justice de Bruxelles et je me tiens en silence dans la nuit une bougie à la main. J’essaye de ne pas trop penser au fait que ma fille, comme Mawda, va bientôt avoir deux ans, parce que ça n’aurait pas été plus terrible si cela avait été un adulte frappé par cette balle. Le cliché aurait simplement été moins foudroyant.

Depuis un mois, donc, le silence.

Parce que Mawda méritait plus qu’une minute. Plus que mon désarroi. Plus qu’une bafouille maladroite. Plus que mes épaules voûtées et mes mains qu’on dirait amputées à force de ne plus trop savoir qu’en faire.

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En v(o)eux-tu en voilà

2017 fut une année émotionnellement chahutée.

Je ne sais pas si j’ose croire à ces vagues d’énergie cosmiques qui nous toucheraient chacun à leur façon, ou si nos individualités ont simplement réagi avec force ces derniers mois aux bouleversements qui secouent notre époque et qui confèrent un certain sentiment d’urgence à vivre et à s’accomplir. Tu l’as ressenti, toi, cette secousse ?

Autour de moi, des tempêtes décisionnelles ont été prises et beaucoup de naufrages ont eu lieu, que je n’avais pas vus venir. La plupart, malgré la peine qu’elles ont causée, ont pris le large au profit d’horizons clairs et colorés.

De nouvelles mères sont également nées, qui ont bâti les plus douces des tanières avec les débris laissés par le tsunami ayant emporté leur ancienne vie.

Toutes ces femmes de mon entourage proche m’ont époustouflée de leur courage, de leur énergie, de leur résistance. Lorsqu’elles m’ont laissée tendre la main pour boucher un petit trou d’une coque qui prenait l’eau, c’est qu’elles étaient déjà occupées à tisser des voiles plus puissantes et plus éclatantes que jamais. Et si leur voyage n’est pas fini, il est incontestable qu’elles puisent en elles les vents favorables pour barrer efficacement leur navire.

Cette année, j’ai eu la chance d’être épargnée par la vague. J’ai ralenti au cœur de la frénésie, je me suis laissée submerger sans boire la tasse. Je n’en avais pas vraiment pris conscience avant de jeter ce timide regard en arrière et, à dire vrai, je ne nous souhaite rien d’autre pour l’année à venir.

Je regarde mes amies, mes sœurs, et je ne trouve pas grand chose à faire si ce n’est partager un bout de radeau et les admirer en me demandant si j’aurais leur force quand soufflera vers moi la tempête.

En pensant à elles, ainsi qu’à mes enfants qui me rendent si fières, je me sens plus humaniste que jamais, plus féministe que jamais, plus écologiste que jamais. J’ai hâte d’encore m’interroger et me remettre en question pour investir un monde un peu plus juste, un peu plus beau, un peu plus durable, dans l’espoir (fou ?) qu’il n’est pas tout à fait trop tard pour notre planète et que nous allons trouver un moyen d’accueillir les grands changements qui s’annoncent.

Et ce blog sera à l’image de ce cheminement-là, avec ses envolées lyriques, ses déceptions, ses moments de retrait, ses enthousiasmes insensés pour un petit morceau de bois ou de tissu, ses erreurs, ses manquements, sa pudeur et sa franchise ; avec des photos et des articles que je tacherais de rendre aussi poétiques que possible, même si la lumière n’est pas toujours avec moi et en m’efforçant de ne pas souscrire à la dictature du « like » et de l’image vernie et polie (merci Emma). Et sans jamais chercher à te faire acheter une étoile ou un stock de papier de toilette humide (véridiques). Pour les vêtements, par contre, je ne promets rien (mais tu sais le grand bien que je pense du seconde main).

Merci à toi de me lire, de revenir, de commenter, de corriger, de partager.

S’il devait t’arriver de te sentir un peu trop seul.e sur ta barque, sache que cet espace est certes virtuel, mais qu’il accueille aussi bien les perles que l’écume et le limon. Souvent y résonnent des chants de sirène capables de se mettre au diapason de la voix d’autrui. Sens-toi libre d’y apporter ta pierre.

C’est sur ce clin d’œil que je me permets de te souhaiter une belle, tendre et merveilleuse année 2018 !

Tournai : derrière les murs enchanteurs de sa Petite Fabriek, son Cœur de beurre

Mon amie Claire m’a fait découvrir Tournai il y a quelques années le soir de sa fête de l’accordéon, et il est certain que les guirlandes lumineuses et les sourires des danseurs qui illuminaient la ville ce soir-là ne sont pas pour rien dans le fait que je sois aussitôt tombé sous le charme de ses vieilles pierres et de son fleuve, du caractère à la fois humble et envoûtant de cette cité du Nord à la frontière entre la France et la Belgique.

Cœur de beurre

Lorsque Caroline, la cousine de Claire, a eu son premier enfant, elle a choisi comme beaucoup de jeunes mamans de prendre un nouveau départ professionnel, et elle a quitté son job dans le secteur socio-culturel bruxellois – le genre de boulot que je me serais battue pour décrocher autrefois et que je ne comprenais que trop bien qu’elle l’abandonne désormais – pour rêver un concept-store dédié à l’enfance au centre de la ville de Tournai. À des kilomètres des trottoirs hors de prix de la capitale, elle a retapé toute seule ou presque un petit local auquel elle a su donner vie, en le remplissant des merveilles dont elle aurait voulu habiller et entourer son propre bébé quand il était encore dans son ventre. Cœur de beurre était né. Aujourd’hui, la boutique dispose aussi de sa plate-forme virtuelle, et on peut faire confiance à Caroline pour y composer la plus tendre des listes de naissance ou y dénicher un doudou rapidement incontournable ou un cadeau d’anniversaire amusant.

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Cœur de beurre – 3 Placette aux Oignons, 7500 TOURNAI – E-shop ; Facebook ; Instagram

Ce samedi, la boutique fête son premier anniversaire : happy you Cœur de beurre !

Heu par contre, les mamans qui ont des filles, mes photos datent du début de l’été, or actuellement Caroline vient de rentrer la nouvelle collection de Louise Misha et mmmmmh… comment dire ? Mieux vaut fermer très fort les yeux !

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Aujourd’hui n’est pas la journée de la femme

Aujourd’hui n’est pas la journée de la femme.

Aujourd’hui est la journée internationale DES DROITS deS femmeS, créée en 1910 à l’instigation de Clara Zetkin, enseignante, journaliste, femme politique et pacifiste de l’Allemagne du début du XXe siècle.

Et parce que tout ce qui touche de près ou de loin à la maternité est un combat à propos duquel les mouvements féministes sont encore bien souvent frileux, j’ajouterais aux droits à la contraception et à l’avortement dont parle la vidéo de Klaire Fait Grr ci-dessous, le droit à des soins – gynécologiques, notamment – non violents, le droit à un accompagnement de la grossesse et de la naissance non infantilisants et respectueux, le droit de choisir les modes de garde et d’éducation de ses enfants, le droit de disposer de structures et d’institutions performantes pour que puisse réellement exister l’égalité entre homme et femme au sein de la cellule familiale comme de l’entreprise…

Que vous soyez déjà maman de 5 ou d’1 enfant(s), que vous soyez désireuse de le devenir ou que vous ne souhaitiez pas avoir d’enfant, que vous ayez avorté, que vous ayez adopté ou accouché à l’hôpital, en maison de naissance ou à la maison, par voie basse ou par césarienne, que vous ayez ou non perdu un enfant avant sa naissance, que vous pratiquiez l’allaitement ou que vous donniez le biberon, que vos enfants soient à l’école ou instruits à la maison, que vous soyez maman au foyer ou que vous travailliez, que vous soyez maman solo ou en couple, que vous soyez homosexuelle, hétérosexuelle ou transgenre, que vous vous épiliez ou non les aisselles, que vous portiez ou non du maquillage, que vous habilliez en « fille » ou en « garçon » (???),… que vous soyez TOUTES CES FEMMES ou un homme, aujourd’hui comme n’importe quel jour de l’année, MOBILISEZ-VOUS pour que les droits des femmes, chez nous comme partout dans le monde, soient entendus et respectés.

Pour aller plus loin à propos des rapports entre maternité et féminisme :

Yipie ! Il paraît qu’on relance l’industrie de la laine française à nous seuls

Parfois, c’est gai de rêver aux répercussions possibles de notre modeste « part du colibri » (selon le titre du désormais célèbre ouvrage de Pierre Rabhi) ! C’est ce à quoi m’invitait il y a quelques jours Landmade, en déclarant avec humour sur sa page Instagram :

Alys est très très forte : après avoir acheté et testé notre futon et notre surmatelas en laine, elle en a parlé sur son blog. Depuis, il semblerait que toute la filière des matelas en laine en France soit relancée 😜

Le clin d’œil introduit un chouette article sur Minuscule infini, dans l’onglet « Nos clients ont du talent » de la boutique. Merci Marion pour tes mots !

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Je suis en tout cas convaincue que nous sommes de plus en plus nombreux à réfléchir aux conséquences environnementales et socio-économiques de ce que nous achetons, et à désirer équiper nos intérieurs de matières qui soient à la fois belles, fonctionnelles et durables. C’est une chance que des boutiques comme Landmade nous facilitent grandement la tâche par le soin qu’elles consacrent à leur sélection.

Continuons de battre des ailes !

 

Clique pour retrouver :

 

Un petit tour de plus autour du soleil

_ « Une année, c’est un cycle qui se termine. Alors, presque partout sur la planète, le soir qui précède l’année nouvelle, les gens font la fête et se souhaitent le meilleur pour l’année à venir. »
_ « Mais, c’est quoi qui se termine ? C’est déjà la fin de l’hiver ? »
_ « Non, non, l’hiver vient de commencer. Une année, c’est 365 jours (et même 366 en 2016). »
_ « Mais ça fait combien de dodos, ça ? »
_ « Ben 365. Enfin 366. Beaucoup de dodos quoi… Non, non, attends, je sais, voilà : une année, c’est quand la Terre a fait une fois le tour du soleil ! »
_ « Mais après, elle fait quoi, la Terre ? »
_ « Et bien elle recommence. »
_ « Ah d’accord. Et en même temps, elle tourne sur elle-même pour faire le jour et la nuit. »
_ « Oui, voilà, c’est ça. »
_ « Mais moi je la sens pas bouger, la Terre. »
_ « Ben non, c’est normal, c’est parce qu’on est beaucoup trop petits. »
_ « Mmmmh. Et aujourd’hui, c’est demain ? »

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Merci !

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2016, déjà.

Du fond du cœur, merci pour tes messages : ils m’apportent souvent la tendresse et les encouragements dont j’ai besoin !

Merci de t’être réjoui avec moi de l’arrivée prochaine d’un nouveau membre dans notre famille ! Très absorbé par mon travail ces derniers mois, toujours plein d’appréhension au début d’une grossesse, mon cerveau s’était arrangé pour mettre entre parenthèses ce petit invité, quelques centimètres sous mon nombril. Grâce à la joie de ma famille et de mes amis à l’annonce de cette bonne nouvelle de fin d’année et grâce à tes félicitations et aux témoignages plus intimes que tu m’envoies, je m’autorise peu à peu à me réjouir pleinement de ce bébé et à me préparer à l’accueillir.

Merci pour ta présence au quotidien, pour les petites tranches de vie que tu partages avec moi, pour tes coups de blues comme pour tes grandes joies, pour toutes les trouvailles que tu m’envoies, pour tes conseils de lecture, pour tes coups de cœur et tes questions.

MERCI !

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Zoom sur Wildressing et le pourquoi des vêtements éthiques et « bio »

Ouuuuh, je suis remplie de joie à l’idée de pousser avec toi la porte de Wildressing, « l’outlet des marques éthiques pour les enfants de 0 à 10 ans ». Émilie, sa créatrice, a même pensé à toi en t’offrant un code de réduction de -15% que tu trouveras à la fin de cet article.

Alors, c’est vrai, sur Minuscule infini, ça parle souvent de vêtements en laine, mais ça ne m’empêche pas de faire une jolie place au coton biologique dans la garde-robe de mon bébé (et, dès que c’est possible, dans la mienne et celle de mon homme). Si je te dis que choisir un coton biologique et équitable pour tes vêtements, c’est une manière de changer activement le monde, peut-être as-tu envie de rire. Et pourtant…

Nous sommes tous plus ou moins au courant de ce à quoi nous souscrivons lorsque nous achetons un t-shirt bon marché ou la dernière paire de baskets fashion : conditions de travail déplorables des employés, ateliers clandestins, toxicité des tissus et des teintures utilisés, gaspillage des matières premières, pollution, etc.

Continuer à consommer ces produits, c’est encourager ce mode de production irrespectueux de la planète et de l’être humain.

Il existe pourtant plein d’alternatives à ce mode de consommation aveugle : acheter en seconde main, troquer, prêter, louer ses vêtements ou… acheter des vêtements produits éthiquement. C’est dans cette dernière voie qu’a décidé de s’engager Wildressing.

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S.O.S. blogueuse en détresse

J’accepte très peu de partenariats. Pas par manque d’intérêt pour ce qui gravite ailleurs qu’autour de mon propre nombril, mais tout simplement parce que je me refuse à promouvoir un produit auquel je ne crois pas. C’est sûr, j’adorerais te faire gagner plein de jolis cadeaux tous les jours de la semaine, mais à la seule condition que ceux-ci soient bio, éthiques et / ou faits mains, issus d’un commerce de proximité, etc.

Non, je n’ai pas envie de faire un article sur les étiquettes thermocollantes ni sur telle boutique de tissus qui ne vend rien d’organique ou de naturel. Je suis désolée, ça ne m’intéresse pas. Quand je parle d’un de mes coups de cœur, je le fais toujours le plus honnêtement possible et gratuitement. Parfois, je reçois un produit qu’une boutique à envie de me faire découvrir et j’ai alors l’occasion de t’en faire gagner un à toi aussi. Là, bloguer devient un peu magique. Mais cela reste rare, et ce qui me motive à continuer à écrire, c’est tous les messages et les photos que tu m’envoies, les questions qu’on se pose ensemble, les clins d’œil qu’on s’adresse au quotidien en constatant que nous traversons les mêmes questionnements (existentiels !! ahah), etc.

Aussi, lorsque j’ai été contactée par une chargée de comm’ à propos d’un événement Pampers sur la motricité des bébés, auquel était associé Kind en Gezin, l’organisme chargé par le gouvernement flamand en Belgique du soutien à la parentalité et à la qualité des structures d’accueil pour bébés, je n’ai tout d’abord pas répondu. Moi qui utilise des langes lavables depuis la naissance de mon fils, promouvoir Pampers ? Très peu pour moi. Relancée à plusieurs reprises par cette personne, j’ai accepté de recevoir le kit press et d’en faire un retour sur le blog. J’ai mis longtemps à honorer cette promesse, car je ne savais pas très bien comment aborder ce sujet. Très sincèrement, ce que j’ai lu ne m’a pas plus…

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Cette semaine, j’ai découvert… (5)

Cette semaine, nous avons presque fini la nouvelle chambre de Django : lit en forme de maison, tente, petite bibliothèque à hauteur d’enfant, jolies malles en métal, etc. J’ai hâte de te montrer ça ! Nous nous sommes donné du mal en construisant la plupart de ces objets et ce qui est très gratifiant, c’est que notre bébé apprécie beaucoup l’effort. Il semble très fier de son petit univers et répète inlassablement le nom des personnes qui l’ont créé pour lui : « Papa », « Maman », « Papou »…  Quel bonheur !

Quant à moi, je sombre complètement dans la folie d’Instagram (avec des années lumières de retard, je sais, mais j’ai résisté le plus longtemps que j’ai pu). J’adore plonger au cœur de l’univers des familles qui habitent à la campagne, la vrai, un peu sauvage. Je craque pour tous les jolis looks des bébés bruxellois et parisiens (en étant quand même très triste de ne pas voir plus de marques éthiques et organiques encensées par leurs « fashion mom »). N’hésite pas à me conseiller des comptes qui te séduisent tout particulièrement !

Cette semaine, sur le blog, je te donne rendez-vous dans un univers de rêves et d’étoiles :

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