Wobbel board, en action

J’avais complètement oublié ces petits bouts de vidéo capturés tandis que je préparais mon article pour te parler du Wobbel en septembre dernier. Voici donc les plus amusants assemblés. Avec de la musique, ça aurait été encore plus sympa, mais bon, tu sais bien, le temps, la vie, les enfants, tout ça, tout ça, quoi.

Notre Wobbel vient de chez Manine Montessori, c’est la version laquée sans l’épaisseur de feutre.

J’espère que ça swing tout autant chez vous !

Plutôt que jeter #2 : tawashi party !

Voilà trois ans que le tawashi tissé a fait son apparition sur Fabriqué en utopie. J’avoue, je ne m’y suis pas mise aussitôt : ce n’est pas tant la flemme d’enfoncer vingt clous sur une planche de bois qui m’a freinée que la perspective de devoir ensuite ranger cette planche en bois cloutée quelque part ; j’imaginais déjà la chose errer sans place bien définie entre l’armoire de la cuisine et l’endroit où je stocke mon matériel de couture, l’horreur (bon, évidemment, tout est relatif, mais pour moi qui ne suis que joie dès que je peux me désencombrer de quelque chose, c’était un véritable frein). Quand Lilacam a démontré il y a quelques mois qu’il suffisait de fixer quelques pinces à linge sur un récipient pour se fabriquer un métier à tisser de fortune, je n’avais plus aucune excuse !

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J’ai commencé par découper un vieux t-shirt et une paire de bas filée (car oui, Fabriqué en utopie a trouvé comment donner une seconde vie aux bas filés et aux chaussettes orphelines, si ce n’est pas merveilleux ça !), et puis c’est devenu tellement addictif que la totalité de ma garde-robe a bien failli y passer. Après les petits tawashis tissés à taille d’éponge (dont je ne me sers toutefois pas pour faire la vaisselle car je les trouve peu efficaces pour cela, mais pour nettoyer les surfaces, c’est parfait), je me suis mise à rêver à de plus grandes pièces… pour lesquelles il m’a bien fallu sortir une planche (gigantesque, en plus) et des clous. Mais je n’en avais cure : j’étais devenue addict. C’est ainsi que sont apparus dans ma salle-de-bain deux tapis en tawashi tissé dont je suis très fière, parce que cela faisait des plombes qu’il nous fallait quelque chose d’autre qu’une serviette déposée au sol au sortir de la douche, que la seule alternative que je trouvais acceptable était ce beau tapis de bain en bois chez Landmade, mais que quand j’ai des sous à dépenser chez Landmade, il y a plein de choses drôlement plus attractives à mon goût qu’un tapis de bain (aussi esthétique celui-ci soit-il). Bref, mon fils a été ravi d’enfoncer des centaines de clous, et moi je suis très satisfaite de mes tapis de bain qui ne m’ont rien coûté et qui m’ont permis de recycler une belle quantité de linge qui était initialement destinée à finir à la poubelle. Actuellement, je rêve de paniers.

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De la laine cardée pour la table des saisons : le roi hiver

Django est dans une école Steiner-Walford, dont l’une des particularités est d’impliquer les parents dans la vie de l’école. Parmi mes diverses tâches, je participe à l’atelier hebdomadaire des parents, où nous fabriquons les jouets destinés aux jardins d’enfants ou, quand nous parvenons à être particulièrement productifs, à être vendus au marché de Noël au bénéfice du fond de solidarité de l’école. Depuis septembre, nous confectionnons de petits personnages en laine cardée destinés aux tables des saisons présentes dans chacune des classes. Comme son nom l’indique, la table des saisons évolue au fil du temps qui passe, saluant le passage des saisons, les différentes fêtes qui ponctuent l’année, et accueillant les trésors de la nature que les enfants récoltent durant leurs balades. C’est ainsi que les Rois mages s’apprêtent à quitter la table qui les a accueillis début janvier au profit du Roi hiver…

Si je prends la peine d’écrire un article à propos de cette petite création, c’est parce que je trouve que le piquetage de laine cardée est une merveilleuse technique pour ceux qui souhaitent faire quelque chose de leurs mains pour leurs enfants, mais n’ont que peu de temps à investir dans cette activité. Contrairement à la couture, au tricot ou au travail du bois, le piquetage de laine cardée permet d’arriver rapidement à un résultat satisfaisant et ne nécessite qu’un investissement minimal en outillage (et ne prend pas beaucoup de place à ranger). De plus, c’est une technique qui donne vie à des styles de créations très diversifiés : pour le moment, j’aime faire de gros bonhommes comme celui-ci avec peu de détails et un rendu de laine assez brut (il faut dire que j’ai enchaîné Saint-Nicolas, les Rois mages et puis le Roi hiver… vivement faire quelques oiseaux pour le printemps), mais il est tout à fait possible de réaliser des choses beaucoup plus fines et détaillées.

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En v(o)eux-tu en voilà

2017 fut une année émotionnellement chahutée.

Je ne sais pas si j’ose croire à ces vagues d’énergie cosmiques qui nous toucheraient chacun à leur façon, ou si nos individualités ont simplement réagi avec force ces derniers mois aux bouleversements qui secouent notre époque et qui confèrent un certain sentiment d’urgence à vivre et à s’accomplir. Tu l’as ressenti, toi, cette secousse ?

Autour de moi, des tempêtes décisionnelles ont été prises et beaucoup de naufrages ont eu lieu, que je n’avais pas vus venir. La plupart, malgré la peine qu’elles ont causée, ont pris le large au profit d’horizons clairs et colorés.

De nouvelles mères sont également nées, qui ont bâti les plus douces des tanières avec les débris laissés par le tsunami ayant emporté leur ancienne vie.

Toutes ces femmes de mon entourage proche m’ont époustouflée de leur courage, de leur énergie, de leur résistance. Lorsqu’elles m’ont laissée tendre la main pour boucher un petit trou d’une coque qui prenait l’eau, c’est qu’elles étaient déjà occupées à tisser des voiles plus puissantes et plus éclatantes que jamais. Et si leur voyage n’est pas fini, il est incontestable qu’elles puisent en elles les vents favorables pour barrer efficacement leur navire.

Cette année, j’ai eu la chance d’être épargnée par la vague. J’ai ralenti au cœur de la frénésie, je me suis laissée submerger sans boire la tasse. Je n’en avais pas vraiment pris conscience avant de jeter ce timide regard en arrière et, à dire vrai, je ne nous souhaite rien d’autre pour l’année à venir.

Je regarde mes amies, mes sœurs, et je ne trouve pas grand chose à faire si ce n’est partager un bout de radeau et les admirer en me demandant si j’aurais leur force quand soufflera vers moi la tempête.

En pensant à elles, ainsi qu’à mes enfants qui me rendent si fières, je me sens plus humaniste que jamais, plus féministe que jamais, plus écologiste que jamais. J’ai hâte d’encore m’interroger et me remettre en question pour investir un monde un peu plus juste, un peu plus beau, un peu plus durable, dans l’espoir (fou ?) qu’il n’est pas tout à fait trop tard pour notre planète et que nous allons trouver un moyen d’accueillir les grands changements qui s’annoncent.

Et ce blog sera à l’image de ce cheminement-là, avec ses envolées lyriques, ses déceptions, ses moments de retrait, ses enthousiasmes insensés pour un petit morceau de bois ou de tissu, ses erreurs, ses manquements, sa pudeur et sa franchise ; avec des photos et des articles que je tacherais de rendre aussi poétiques que possible, même si la lumière n’est pas toujours avec moi et en m’efforçant de ne pas souscrire à la dictature du « like » et de l’image vernie et polie (merci Emma). Et sans jamais chercher à te faire acheter une étoile ou un stock de papier de toilette humide (véridiques). Pour les vêtements, par contre, je ne promets rien (mais tu sais le grand bien que je pense du seconde main).

Merci à toi de me lire, de revenir, de commenter, de corriger, de partager.

S’il devait t’arriver de te sentir un peu trop seul.e sur ta barque, sache que cet espace est certes virtuel, mais qu’il accueille aussi bien les perles que l’écume et le limon. Souvent y résonnent des chants de sirène capables de se mettre au diapason de la voix d’autrui. Sens-toi libre d’y apporter ta pierre.

C’est sur ce clin d’œil que je me permets de te souhaiter une belle, tendre et merveilleuse année 2018 !

Aux mères-veilleuses, malgré la douleur, malgré la peine

31 août, veille de rentrée scolaire. J’ai étiqueté l’ensemble des affaires des enfants ; je vérifie une dernière fois les listes respectives ; je fais deux tas. J’embarque les affaires de Django dans la charrette que j’accroche à l’arrière du vélo pour transporter les enfants. J’ajoute du jus de fruits et un gâteau confectionné la veille. Nous nous sommes levés tôt  June s’est levée (beaucoup trop) tôt. J’ai aidé les enfants à s’habiller, j’ai préparé le petit déjeuner. Comme tous les matins. Je me dis que je n’ai pas prévu pour eux de « tenues de rentrée ». Tout le monde est souriant aujourd’hui. Il fait beau. Je beurre une tartine et je me souviens que j’ai oublié d’ajouter des sacs pour le linge sale dans les affaires que June emportera à la crèche. Elle commence son « acclimatation » (oh le barbarisme…) dans quatre jours. Les enfants sont heureux de mettre leur casque et de s’installer dans la charrette qui a rendu possible toutes nos aventures de l’été. Je m’installe sur le vélo. La jardinière de Django nous a invité à un brunch de retrouvailles à l’école, et je lui suis reconnaissante d’avoir organisé cette activité qui permettra à tous d’apaiser l’effervescence de la rentrée et d’éviter des embrassades trop déchirantes le lendemain matin. Les enfants sont ravis de jouer dehors et il faut voir avec quel naturel ils s’installent aux tables que nous avons disposées dans la cour pour manger, se passant des muffins aux myrtilles ou réclamant plus de jus de pomme ; on n’a pas l’impression que deux mois viennent de passer. Le week-end dernier, nous avons terminé les divers travaux de couture et d’ébénisterie nécessaires et nous avons tout nettoyé. Les enfants sont curieux de cette nouvelle disposition, qu’ils découvriront véritablement le lendemain. Je n’oublie pas de déposer toutes les affaires de Django. Il m’aide à installer son couchage à l’étage.

Sur la route, un automobiliste klaxonne derrière moi ; je prends peur car j’imagine le pire (la charrette en train de se détacher), je freine de toutes mes forces. J’ai changé les freins (à disque…) la veille, la route est humide : le vélo glisse et se couche sur moi. Je heurte méchamment le bitume.

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La veste MINI A TURE : être infidèle à la laine pour mieux profiter des bienfaits de la laine

Il y a environ un an, Julie prend contact avec moi pour me présenter sa boutique de vêtements en laine pour enfants, Mini Scandinave, et me demander si une collaboration est envisageable. J’aime beaucoup les marques qu’elle propose sur son site, mais mes enfants ont déjà largement de quoi s’habiller en laine et je ne désire pas multiplier mes boutiques partenaires, parce que je chéris vraiment les contacts humains et la liberté que m’offrent celles avec lesquelles je collabore. Toutefois, Julie a plus d’un tour dans son sac : elle me glisse un mot sur un anorak pour les petits aventuriers qu’elle aimerait promouvoir, me renvoie à son article sur « la méthode des trois couches » dont je t’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises et me dit qu’elle me reviendra à la fin de l’été, puisque l’hiver touche désormais à sa fin. Et lorsque Julie me relance il y a quelques mois, je suis tout à fait emballée : mon fils s’est tellement gelé les miches lors des sorties en forêt hebdomadaires de son école que ses grands-parents lui ont acheté une doudoune (synthétique, mais éthique, l’honneur était sauf) en urgence, et l’article de Julie a fait son chemin ; je suis désormais résolue à réserver les vestes en laine bouillie ou polaire aux (rares) jours sans vent ou en sous-couche, et à équiper mes enfants d’une veste imperméable et coupe-vent, idéalement dans une matière respirante (ce que j’expliquais dans la mise à jour de mon article sur les vestes en laine en octobre). Ce fut donc décidé : j’allais tester pour June la veste MINI A TURE de Mini Scandinave !

La veste MINI A TURE

Évidemment, Julie m’écrivait en connaissant son produit, dont elle était convaincue de la qualité. Effectivement, la veste MINI A TURE tient ses promesses : sa matière synthétique la rend légère et souple, contrairement à ce que son aspect bouffant pourrait laisser croire, et protège efficacement ma fille du vent et de la pluie tout en permettant à la transpiration d’être évacuée (ce que ne fait pas le manteau imperméable que j’ai acheté à Django et qui se révèle également plus rigide et plus lourd, en comparaison).

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Jeux de société : la suite (à partir de quatre ans)

Il y a un peu plus d’un an, je te parlais de nos premiers vrais jeux de société en famille, testés et approuvés durant la troisième année de Django. Désormais, notre petit garçon a quatre ans, et bien que l’essentiel du temps de jeu soit désormais invariablement consacré aux Lego (surtout quand le papa s’en mêle), nous avons eu l’occasion de tester beaucoup d’autres beaux jeux de société. Deux éditeurs, surtout, excellent à faire des jeux généralement très beaux et bien pensés pour les joueurs en herbe : Smart Games qui, même si je ne présenterais aucun de ces jeux dans cette chronique, réussit des casse-tête intelligents et financièrement accessibles qui se jouent longtemps et Haba, leader incontestable du jeu de plateau pour enfants, avec de beaux graphismes, des pièces en bois et des règles – coopératives ou non – la plupart du temps fort bien pensées.

Pas facile de faire son choix parmi l’étendue de ce qui nous est désormais proposé (c’était plus facile lorsque Django avait deux ans : memory ou… memory ?). J’aimerais pouvoir te dire que tu peux te fier à l’âge conseillé par le fabriquant mais rien n’est moins sûr : plus un enfant a l’habitude des jeux de société, moins ces indicateurs d’âge se révéleront fiables. J’indique donc « à partir de quatre ans » dans mon titre, mais en vérité je considère plutôt que l’enfant est plus ou moins passé par les « cases » memory (encore lui…), domino, loto, Batawaf*, Petites chenilles multicolores et incontournable Verger. Autrement dit, qu’il maîtrise les règles de base du jeu de société (identifier l’objectif du jeu, attendre son tour, lancer le dé et interpréter le résultat selon le jeu, avancer sur un plateau…), qu’il connaît bien les couleurs et qu’il est capable de dénombrer jusqu’à 10 au moins, qu’il commence à se montrer combatif et à être sensible à la nécessité de déployer une stratégie pour battre l’adversaire. C’est acquis ? Alors c’est parti !

 

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Ce que j’aime vraiment

Avec Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin signent la cinquième des histoires de leur jeune héros Archibald*. Cette fois, le thème est la confiance en soi et, comme toujours, l’album déborde de bienveillance : Archibald a beau s’entraîner beaucoup, il ne parvient pas à améliorer son jeu au tennis ; sa maman l’emmène donc faire une promenade en forêt, suite à laquelle Archibald comprend l’intérêt de découvrir ce qu’il aime vraiment afin de s’y consacrer pleinement ; c’est un soir qu’il ne cherche plus qu’il le découvre…

On ne peut que se réjouir qu’Archibald remplace Tchoupi ou Petit ours brun sur les rayonnages de la bibliothèque familiale. L’histoire est crédible et adaptée aux enfants entre trois et six ans, les dessins sont réalistes et non genrés, le message évite la finale moralisatrice ou simpliste. La poésie des précédents opus est toujours présente également. Cet album plaira tout particulièrement aux parents qui se réclament de la pédagogie Montessori et / ou de la communication non violente. Je regrette simplement qu’il n’ait pas l’humour ravageur de son grand frère – Au lit ! (clique pour découvrir sa chronique) – qui, sous couvert de s’adresser aux enfants, donnait une bonne leçon de vie aux parents (et ça, j’aime beaucoup, évidemment).

 

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