Un petit tour de plus autour du soleil

_ « Une année, c’est un cycle qui se termine. Alors, presque partout sur la planète, le soir qui précède l’année nouvelle, les gens font la fête et se souhaitent le meilleur pour l’année à venir. »
_ « Mais, c’est quoi qui se termine ? C’est déjà la fin de l’hiver ? »
_ « Non, non, l’hiver vient de commencer. Une année, c’est 365 jours (et même 366 en 2016). »
_ « Mais ça fait combien de dodos, ça ? »
_ « Ben 365. Enfin 366. Beaucoup de dodos quoi… Non, non, attends, je sais, voilà : une année, c’est quand la Terre a fait une fois le tour du soleil ! »
_ « Mais après, elle fait quoi, la Terre ? »
_ « Et bien elle recommence. »
_ « Ah d’accord. Et en même temps, elle tourne sur elle-même pour faire le jour et la nuit. »
_ « Oui, voilà, c’est ça. »
_ « Mais moi je la sens pas bouger, la Terre. »
_ « Ben non, c’est normal, c’est parce qu’on est beaucoup trop petits. »
_ « Mmmmh. Et aujourd’hui, c’est demain ? »

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Tu as six mois, et déjà j’oublie tout

Mon bébé lune, ma douce, ma jolie June,

Tu as six mois. Déjà. Quelle claque dans la figure il y a quelques semaines tandis que, te regardant rire aux éclats devant la palette de pitreries que ton frère ne déclinait que pour le plaisir de tes yeux d’argent, je me suis rendu compte que tu n’étais déjà plus mon nourrisson, ma toute petite, mon minuscule bébé qui se lovait si naturellement au creux de mes bras, ta peau contre ma peau, me donnant le sentiment que mon corps était un refuge qui pourrait t’abriter de tous les malheurs de l’univers. Je t’ai vue soudain si grande du haut de tes six mois, toi que je ne cesse pourtant d’observer chaque jour, et les larmes me sont montées aux yeux ; des larmes de fierté de te voir t’ouvrir si naturellement au monde chaque jour davantage et des larmes de détresse de mesurer brusquement combien le temps file vite entre mes doigts. Ô, je le sais depuis longtemps, ma June, que le temps passe toujours trop vite auprès de ceux qu’on aime, mais il est malgré tout de ces instants qui te rappellent cette vérité sans s’annoncer. Ton papa me dit ressentir parfois une même urgence de s’allonger auprès de toi endormie, pour tenter de stopper cette course effrénée.

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Mais je le connais depuis longtemps, mon ange, ce temps dont les minutes s’égrainent si vite ; j’ai appris à apprivoiser sa violence, j’essaye de ne plus être cette Alice qui court après le lapin blanc. Alors j’ai profité, j’ai profité me semble-t-il de chaque seconde de cet été avec vous deux, de ce congé de maternité lumineux que vous avez eu la tendresse de m’offrir. J’ai savouré les terribles courbatures des premiers jours après l’accouchement, j’ai souri de la difficulté que j’avais à seulement lever un bras tant j’avais sollicité tous les muscles de mon corps pour te mettre au monde, j’ai écouté religieusement les conseils de ma sage-femme de ne pas bouger un orteil hors de ce grand lit qui était devenu le quartier général de la maisonnée. J’ai donné le temps à mon corps de se reposer et de se réparer malgré le beau soleil qui brillait comme une invitation au dehors. J’ai saisi cette occasion de n’être qu’à toi, de ne respirer qu’à travers toi, de me shooter – littéralement – à l’odeur de ton corps que ta naissance à la maison m’avait donné l’opportunité de ne pas encore laver. J’ai lu quelque part que certaines sage-femmes se disent droguées à cette odeur là, celle du vernix présent sur la peau des nouveaux-nés, et je me suis dit alors que j’avais peut-être raté ma vocation.

Car j’ai beau avoir savouré ces instants avec vous, ces premiers moments avec toi ma Douce, ma toute-petite, j’ai beau avoir déployé tant d’attention pour retenir ces purs instants de joie, j’oublie. Je me souviens avoir ressenti un incroyable sentiment de plénitude en te donnant la vie, je me souviens avoir modestement éprouvé l’impression d’être en parfaite adéquation avec le monde, parfaitement à ma place ou dans le rôle que la nature semblait m’avoir dévolu. Oui, je m’en souviens, parce que je l’ai écrit (un peu ici, plus longuement et différemment rien que pour toi et moi), parce que je me le suis répété et que je l’ai partagé, à ton papa, à mes proches, ou à toute oreille complaisante qui voulait bien m’entendre. Oui, je me souviens que des premiers jours passés près de toi j’ai tiré une force et une quiétude que je n’avais jamais éprouvées jusque là, mais la nature même de cette sensation a disparu. Je l’ai oubliée, à mesure que le quotidien a repris ses droits, au contact des contingences de la vie familiale, d’abord, puis professionnelle. Je l’ai perdue, sans doute, en me dépêchant une fois de trop un matin pour ne pas arriver en retard au travail, ou bien en interrompant un de ces câlins lactés qui t’emportent doucement dans le sommeil pour aller essuyer les fesses de ton frère, ce petit bonhomme si généreux mais qui trouve, bien sûr, toujours les moments les plus opportuns pour manifester un irrépressible besoin de ma présence. J’ai oublié, June, l’odeur si enivrante de ta peau recouverte de vernix, et en prendre conscience me serre la gorge si douloureusement que j’en perds les mots pour écrire l’intensité des sentiments qui me lient à toi.

Je me souviens des rayons de soleil que je laissais filtrer à travers les rideaux de la chambre, mais j’ai laissé s’échapper le souvenir de leur chaleur réconfortante. Je me souviens t’avoir tenue presque constamment contre moi, d’avoir lové ton petit corps contre mon ventre que tu venais de quitter. Je me souviens de la joie à nous déshabiller toutes les deux rapidement à chaque fois que tu réclamais du lait pour t’allaiter en peau à peau. Je me souviens de tous les massages que je t’ai faits dans l’espoir d’apprendre par cœur du bout des doigts le tracé de ton corps. Je me souviens des précautions attentionnées de ton frère, cherchant comment apprivoiser ce petit être si intriguant dont il se sentait vraisemblablement tellement proche mais qu’il ne savait pas très bien comment aborder. Je me souviens de nos siestes, tous les trois, dans le grand lit, de ce moment quotidien d’abandon tranquille et quasi total qui me permettait de surmonter la fatigue du reste de la journée. Je me souviens, oui, mais la saveur exacte de ces instants est irrémédiablement perdue, désormais. Nulle photographie ou vidéo, nul mot, ne pourra la ressusciter. La mémoire a déjà posé son filtre flou sur les événements ; par chance, celui-ci est extrêmement lumineux et j’ai bien l’intention de raviver le plus longtemps possible son aura.

Tu es un de ses petits bébés qui s’accrochent fermement à la vie, June : dès tes premiers instants sur cette terre, à peine t’ai-je prise contre moi, tu as refermé tes petits poings décidés sur la peau de ma poitrine et il aurait été bien mal accueilli celui qui aurait tenté de t’en empêcher. De cela aussi, je me souviens. Encore aujourd’hui, tu happes, tu arroches et tu attires à toi ceux qui te plaisent et que tu entends bien ne pas lâcher. Tu possèdes en toi une ténacité que peu de gens soupçonneraient chez un si jeune être humain. A mesure que j’observe tes mains potelées et si volontaires s’ouvrir pour aller à la rencontre des objets du monde, je pressens que c’est avec un immense morceau de moi-même qu’elles s’en iront happer d’autres réalités.

Pauvres cœurs des mères que nous sommes, qui brillent de fierté à l’idée qu’un jour nos enfants n’auront plus besoin de chercher refuge dans nos bras et que, forts de cette confiance en soi que leurs mains sont venues puiser dans la puissance inconditionnelle de notre amour, ils s’en iront insouciants avec ce morceau de nous-mêmes qu’ils ont forgé de leur présence, et qu’il ne restera à ces mêmes cœurs qu’à rafistoler maladroitement tout en souriant.

Aussi, je ne nous souhaite rien d’autre, ma princesse, que la capacité de savourer ces précieuses minutes durant lesquelles tu feras de moi toujours un peu plus ta maman. Et quand bien même le temps devrait ôter les nuances de leurs couleurs, il me restera l’intensité de leur lumière, et tant d’autres souvenirs à construire avec toi.

Je t’aime

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Quand musique et livres pour enfants s’invitent au pied du sapin [give away]

Bonne nouvelle : contrairement à sa grande sœur qui s’est en partie numérisée, la Littérature jeunesse et enfantine a toujours la côte. On offre encore très volontiers de beaux livres aux enfants, et j’espère qu’ils seront nombreux au pied de ton sapin !

Pour t’y aider, Minuscule infini s’associe à La Montagne secrète et à Ker Éditions pour faire gagner à ses lecteurs quatre albums-disques : un exemplaire de Il pleut à boire debout, un exemplaire du Loup de Noël et deux exemplaires de Léon accordéon.

Dans la « vraie » vie, je suis (encore pour un temps) chercheuse en littérature de langue française, casquette qui me rend particulièrement sensible à la question de l’édition dans le monde des Lettres. Du coup, cette double proposition de partenariat était trop belle pour que je résiste au plaisir de te faire découvrir deux petites maisons qui ont réussi à se tailler une place de choix dans la monde de l’édition francophone, et les cœurs battants qu’elles abritent.

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Trois comptes Instagram pour assouvir mon envie de m’installer au milieu des bois

Le froid, le manque de lumière, la menace des changements climatiques, le manque de perspectives économiques, le sentiment de relative impuissance face aux drames humains qui se jouent juste devant notre porte, les attaques constantes à l’encontre de droits acquis de hautes luttes en faveur des minorités (étrangers, femmes, enfants, homosexuels, notamment), le culte de la peur entretenu par nos médias, l’immobilisme de nos gouvernements… Autant de raisons – dont certaines sont la conséquence directe des autres – qui incitent plus que jamais au repli sur soi et sur le noyau familial, dans une tentative – stérile mais compréhensible, à défaut d’être légitime – de préserver les siens et de se ressourcer auprès d’eux.

Tous les jours, j’essaye de lutter contre cette tentation là. Je m’efforce de m’informer, m’interroger, m’offusquer, me remettre en question, chercher des alternatives, dénoncer, partager, nuancer, encourager… Agir, parfois.

Mais bien souvent, il faut l’avouer, je déserte le champ de bataille. Je verrouille la porte de mon chez-moi, au nom du bien-être de mes enfants. Je rêve d’évasion, de grands espaces perdus dans la nature où ils pourraient vivre libres et en paix, loin, très loin des problèmes du monde.

Bon. Ce n’est pas demain la veille que je réussirai à convaincre mon homme de déserter la capitale pour aller nous enterrer au fin fond de la forêt afin d’élever notre merveilleuse et nombreuse progéniture au contact et dans le respect de la nature. Je me contente donc de faire pousser quelques tomates sur mon balcon au printemps et de rêver en regardant les magnifiques photographies de trois comptes Instagram que je chéris tout particulièrement :

Travel Little one

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Mama 2 the Little Ones

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Growing wild things

wild

C’est beau, n’est-ce pas ?

Bon évidemment, le mieux est encore d’aller prendre soi-même un bon bol d’air frais plutôt que d’essayer de respirer comme je le fais par le biais de photographies interposées.

Néanmoins, j’y trouve parfois de quoi revenir plus tenace sur la scène du combat.

Tiens, savais-tu que selon une étude européenne sur la violence de genre, en Belgique, près de 50% des hommes et des femmes estiment  qu’il existe des circonstances qui peuvent justifier une relation sexuelle sans consentement (c’est-à-dire un viol, pour parler sans euphémisme)* ?

Avoue qu’après avoir lu ça, tu reprendrais bien une petite dose de retraite dans les bois, n’est-ce pas ?

Aller, zou, je n’habite pas les Alpes bavaroises, mais je peux toujours faire comme si.

suisse* Merci à Maud d’avoir attiré mon attention sur cette étude et ses affligeants résultats.

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Vouloir une maman en couleurs, avec FFIL

Django _ « Mais maman, pourquoi tu t’habilles toujours en noir ? »
Moi _ « Je ne m’habille pas toujours en noir ! »
Django _ « Ben si, tes manches, elles sont toujours noires. »

******************************

Django _ « Il est nouveau, ton pantalon gris ? »
Moi _ « Non, c’est un pantalon dont Mamie ne voulait plus. Je l’ai mis car il est un peu brillant et je me suis dit que ça changeait du noir, par rapport à ce que tu m’as dit hier. »
Django _ « Mais tu sais, le gris, c’est pas beau non plus. »

 

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La vérité sort de la bouche des enfants : moins de noir pour maman

C’est vrai que ma garde-robe (d’hiver surtout) est bien terne. C’est que j’ai peu de vêtements, alors autant qu’ils soient faciles à assortir. Et puis, c’est chic, le noir… Mmmmh. Bof. C’est vrai qu’à force de prendre tant de plaisir à choisir ce qui prendra place dans la penderie de Django, j’ai complètement déserté la mienne. Comme beaucoup de mamans, je crois. La faute d’abord à la grossesse, puis aux mois qui lui succèdent. Pas question de racheter la parfaite panoplie de la fashion victime à chaque fois que je change de taille de pantalon ou de soutien-gorge. J’ai appris à composer avec ce que recèlent mes armoires. Il faut bien avouer que je ne passe de toute façon plus beaucoup de temps devant les miroirs. Serais-je, comme mon homonyme, passée de l’Autre côté ? Je m’en fous un peu de la tête que j’ai et de ce à quoi ressemblent exactement mes fesses et mes seins en ce moment. Et pourtant, j’en ai passée des heures à me contorsionner devant la glace, ado, pour essayer de juger si j’avais ou non un gros postérieur. De temps en temps, je me vois en photo et je me dis qu’il faudrait vraiment que je prenne le temps de me maquiller. « Au moins l’anti-cerne, Alys, quoi, tout de même ! » Puis j’oublie. Finalement, je m’aime bien comme ça, et mon homme, c’est toute nue qu’il m’aime le mieux.

Sauf que… C’est important de prendre soin de soi. Les mamans s’oublient trop ; elles se donnent entièrement et n’attendent rien en retour. C’est vrai. Limite, elles jouent la carte du sacrifice. Mais qui leur a demandé de se donner inconditionnellement de la sorte, si ce n’est un discours ambiant assez anxiogène ? Finalement, on les aimerait tout autant avec un peu trop de poudre aux joues et moins stressée par la qualité de la purée de carottes. Moi, c’est tout ça que j’ai décidé d’entendre dans le reproche que mon petit garçon de trois ans adressait à ma garde-robe. Devant son souhait d’avoir une maman en couleurs, j’ai fait des choses pour moi : je me suis acheté un rouge-à-lèvre (et tant pis si je ne le mets pas, il est dans mon sac et c’est déjà ça), je me suis inscrite au yoga, je suis sortie boire des bières avec mes copines en « abandonnant » mes enfants à mon compagnon et j’ai même été danser quelques heures.

Et j’ai reçu un cadeau. Un cadeau couleur de bonbon et de soleil. Un sac FFIL.

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FFIL : les sacs ludiques et éthiques de Claire Batardière

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Le calendrier de l’Avent des lectrices de Minuscule infini : zéro plastique, un peu de sucre, beaucoup d’amour

La semaine dernière, je te demandais sur Facebook des idées d’activités pour calendrier de l’Avent. Je me propose de compiler toutes les idées reçues en commentaires ou par mail (je n’ai écartées que l’une ou l’autre qui ne correspondaient pas tout à fait à la ligne éditoriale du blog, parce qu’elles me semblaient très coûteuses ou ne nécessitaient qu’une participation minimale de l’enfant), en commençant par une petite mise en bouche pédagogique de saison et en ajoutant quelques liens.

Calendrier de l’Avent et pédagogie Steiner-Waldorf

Je t’ai déjà dit l’importance que la pédagogie Steiner-Waldorf accorde à la ritualisation du temps. C’est un aspect de cette approche que j’aime toujours autant. Rythmer le passage des jours, des mois, des saisons. Les enfants y sont bien évidemment sensibles et cela leur permet d’acquérir des repères pour comprendre la notion de cycle et de temps qui passe.

Contrairement à une idée largement répandue par les calendriers de l’Avent qui distribuent chocolat et petits figurines en plastique, l’Avent ne commence pas le 1er décembre mais le 4ème dimanche avant Noël. En 2016, il commence donc le 27 novembre et compte 28 jours. Il fonctionne d’une part comme une invitation à sensibiliser au changement de lumière, à la venue de l’hiver (où tout meurt pour mieux renaître au printemps), au fait que la nature se met en sommeil, et constitue d’autre part un rituel destiné à accompagner l’attente qui précède Noël, en le ponctuant d’instants de réflexion sur soi et de moments de partage, ou de temps consacré au bonheur d’être ensemble.

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La table d’exploration sensorielle

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit un billet à propos de mobilier ou d’aménagement de l’espace pour les tout-petits ; pourtant, je sais que tu les affectionnes. Voici donc quelques mots sur la table d’exploration sensorielle home made qui a élu domicile chez nous depuis un an (je ne le répéterai jamais assez : je suis à la bourre pour tout). « Table d’exploration sensorielle ? Elle se prend pas un peu la tête, là, pour un simple bac à sable ? », me diras-tu, et tu auras raison ! C’est d’ailleurs ainsi que Django l’appelle, sauf qu’il change le nom en fonction du contenu : « mon bac à sable », « mon bac à riz », « mon bac à eau »… Mais disons qu’en écrivant « table d’exploration sensorielle », j’ai tout dit quant à son utilité. Après tout, le plaisir éprouvé en plongeant les doigts dans les lentilles n’est pas un privilège réservé à Amélie Poulain. Et qu’est-ce qu’on apprend en manipulant de la sorte diverses matières à propos du poids, des quantités, des textures, etc. !

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En fonction de l’intérêt de l’enfant, cette table sera tour à tour ou tout à la fois terrain de jeux d’imagination, exercice de motricité fine, bac sensoriel, table des saisons ou de la nature…

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N’oublie pas la boîte à tartines !

bancs-ecoleEt si les bancs d’école se mettaient à ressembler à cela ?

Je crois que j’ai passé l’été, en congé de maternité avec mes deux enfants, sur une autre planète. Après tant de douceur et de soleil, le retour a été un peu rude. Si bien que je n’ai pas encore pris le temps de te raconter que Django est désormais entré en maternelles. Je ne sais pas si c’est pareil pour les familles dont les enfants ont été en crèche, mais ce fut un sacré saut pour nous (ou pour moi ? je reconnais volontiers que je cogite tellement à propos de l’éducation et de l’instruction – en famille, en communauté – que forcément je me suis fait un mooooooonde de cette étape).

Une petite dizaine de jours avant la rentrée, nous recevons une bonne nouvelle : une place s’est libérée dans l’école Steiner dans laquelle j’avais essayé d’inscrire Django pour sa première rentrée. Il nous faut rapidement visiter l’école, rencontrer un membre de l’équipe pédagogique et prendre notre décision. Petite structure, toute nouvelle équipe enseignante, projet plein de promesses et de rêves mais qui risque encore quelques ratés (l’école n’en est qu’à sa troisième rentrée) et investissement humain (l’école a besoin de bras pour rénover ses locaux) et financier (légitime, mais conséquent pour le petit budget de notre foyer). Suspens. Zou, on décide finalement de se lancer dans l’aventure ; après avoir tant rêvé de pédagogie alternative, si je ne saisissais pas cette chance pour mon petit garçon, je le regretterais à coup sûr. Cette école n’incarne pas mon idéal pédagogique mais je partage pleinement les questionnements et la motivation des parents qui l’ont fondée. C’est parti. On retient notre souffle et on essaye de s’organiser pour la rentrée avec trois missions : la liste des courses, les étiquettes et la boîte à tartines.

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A chaque femme sa sage-femme

Lors d’une discussion avec Marloes, une des sage-femmes de Zwanger in Brussel qui ont suivi ma grossesse et mon post-partum, elle me racontait qu’elle venait de lire une étude publiée dans la revue Midwifery selon laquelle 80% des personnes interrogées ignorent ce qu’est exactement une sage-femme et en quoi consistent sa formation et son métier. Cela ne m’étonne pas : je me rappelle très bien avoir été dans la même ignorance lors de ma première grossesse. Or, depuis que j’ai fait l’expérience d’être accompagnée par une sage-femme (ou, en l’occurrence, par une équipe de sage-femmes) pour la naissance de June, il me tient très fort à cœur de faire savoir aux femmes qu’il existe des professionnels de la santé dont le métier est de se consacrer entièrement à l’accompagnement du couple lors de la grossesse et de l’accouchement, depuis le désir de conception d’un enfant jusque dans la période post-partum.

Si je n’avais qu’une seule chose à partager avec toutes les mamans ou futures mamans qui me lisent, ce serait le conseil de se choisir, quelle que soit la manière dont elles prévoient d’accoucher (à l’hôpital, accompagnées ou non d’un gynécologue, à la maison, peu importe), une sage-femme ou une équipe de sage-femmes avec laquelle elles se sentent en confiance.

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Pourquoi choisir de se faire accompagner par une sage-femme ?

Voici les raisons qui me viennent spontanément et qui me semblent les plus importantes ; cette liste est donc personnelle et, par le fait même, non exhaustive. Tous les témoignages qui viseraient à la compléter sont les bienvenus en commentaires de cet article.

  • Pour disposer de temps pendant les rendez-vous afin de partager ton histoire, tes sentiments, tes questions… et d’avoir la certitude d’être entendue.
  • Pour être informée et conseillée à propos de chaque procédure médicale envisagée et de ses conséquences pour le fœtus comme pour toi, et avoir le choix.
  • Pour impliquer ton homme, auquel la sage-femme s’adresse autant qu’à toi.
  • Pour aborder des questions intimes (sexualité, prise de poids, autres changements physiques liés aux bouleversements hormonaux de la grossesse et du post-partum – acné, chute des cheveux, rétention d’eaux, etc. -) en toute confiance et en sachant que celles-ci ne seront pas tout simplement évacuées si elles ne présentent pas de risque médical immédiat.
  • Pour éviter que des actes médicaux (touchers vaginaux, épisiotomie, administration de médicaments, etc.) soient effectués sans ton consentement le jour J.
  • Pour être accompagnée par quelqu’un qui vous connaît, toi, ton homme et votre bébé, durant toute la durée du travail et être véritablement épaulée en cas de besoin pour gérer la douleur et accompagner la sortie du bébé.

Mais, outre le temps (tellement précieux) et le suivi véritablement personnalisé que t’offrent la sage-femme, voici la principale raison qui rend indispensable selon moi l’accompagnement de la grossesse par une sage-femme :

  • Pour disposer d’un accompagnement globalisé : là où le gynécologue s’intéresse à la bonne santé du fœtus et de tes organes reproducteurs, là où l’anesthésiste intervient pour te proposer une méthode de gestion de la douleur, là où la pédiatre prend le relais du gynécologue une fois que l’enfant est né, chacun ayant donc des intérêts et un domaine d’expertise bien délimités, la sage-femme (dont la présence n’exclut en rien celles des acteurs précédemment mentionnés, bien entendu) va prendre en compte la mère, le bébé et même le reste de la petite famille dans leur globalité. Certes, elle va contrôler le bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement et vérifier la viabilité du fœtus puis du bébé. Mais lorsqu’elle reste quelques heures après l’accouchement ou lorsqu’elle revient les jours suivants, elle ne se contente pas de soigner la maman et de peser le bébé, elle va également s’intéresser à la relation du nourrisson avec sa mère, elle va aider à mettre en place et à poursuivre l’allaitement, elle va s’enquérir de la fatigue du papa, surveiller l’état psychologique de la jeune maman, demander comment le nouveau bébé a été accueilli dans la fratrie, etc. Selon les besoins exprimés aux différentes étapes de la grossesse, elle va parler allaitement, portage, couches-lavables ou méthodes de préparation à la naissance.

Cette approche globalisée de la naissance, seule la sage-femme est en mesure de te l’offrir et c’est un soutien des plus précieux. C’est pourquoi, selon moi, chaque femme devrait pouvoir été accompagnée par sa sage-femme, durant toute la durée de la grossesse et du post-partum si ceux-ci ne présentent pas de risque.

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EDIT 14/10/16 : je viens de retrouver cette photo de June pesée par Elke,  à la maison, peu après sa première tétée.

En attendant que nos institutions de santé publique comprennent tout le bien qui pourrait découler de la banalisation du suivi médical de la grossesse par les sage-femmes (diminution du coût des suivis pour la sécurité sociale, prévention du baby-blues ou du burn-out parental, notamment), j’ai demandé à Marloes de nous expliquer en quoi consiste exactement le métier de sage-femme. Voici ses réponses :

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Soudain, arrêter le temps : yoga, méditation, massage et taï chi pour les petits [concours]

Surmenage. La rentrée de Django, l’arrivée de l’automne, les absences répétées de mon homme, la reprise du travail et, de facto, la séparation avec ma fille, ma galère quotidienne pour tirer mon lait et les longs trajets jusqu’à mon lieu de travail… ont eu raison de la belle énergie que j’avais accumulée durant l’été. Fin août, j’avais l’impression de rayonner, aujourd’hui, je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Et pourtant, j’ai de l’aide : mes parents, mes beaux-parents, ma sœur, mes amies si chères à mon cœur, mes collègues et notre précieuse Malika qui vient deux fois par mois pour abattre un peu de ménage ; je ne manque pas de personnes ressource (et si vous me lisez, je vous embrasse de tout cœur). Je l’écris parce que peut-être que certaines qui me liront se sentiront moins seules. Je ne suis que compassion pour toutes les mamans en galère et mon admiration infinie va à toutes les autres ! Je cherche le bouton PAUSE !

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Quatre ouvrages et des places pour le salon de l’Éducation à gagner !

C’est dans ce contexte qu’arrive un superbe partenariat qui tombe à pic : à l’occasion du Salon de l’Éducation qui aura lieu à Charleroi du 12 au 16 octobre prochain, les Éditions Dominique et compagnie offrent aux lecteurs de Minuscule Infini 4 ouvrages de la collection « Zen » : deux exemplaires de Mon premier livre de Yoga et deux exemplaires de Mon premier livre de méditation (+ cd), ainsi que des places pour le Salon (voir la fin de l’article).

 

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Yoga, méditation, massage et taï chi pour les petits

POUR QUI ? Dans une société ultra-médiatisée et hyper-connectée, dans laquelle nous sommes constamment assaillis d’informations (visuelles, surtout, mais aussi auditives), il me paraît essentiel d’apprendre dès l’enfance des techniques pour se préserver de ce flux de sollicitations. Nos enfants sont le fruit de leur époque ; leurs comportements reflètent le rythme effréné auquel nous tentons bien souvent de soumettre nos existences, lequel va de pair avec la rapidité avec laquelle nous devons traiter la multitude de stimuli qui nous parviennent. Sans vouloir procéder à des raccourcis peu nuancés (j’espère toujours que ma sœur neuro-psychologue, qui se spécialise dans le travail avec les enfants, écrive ici un article à ce sujet), en témoignent les divers troubles de l’attention et les attitudes tantôt apathiques tantôt survoltées de nos tout-petits. Ces livres s’adressent aux (grands-)parents et aux professionnels de l’enfance qui souhaitent proposer un autre rythme aux enfants qu’ils côtoient.

POURQUOI ? Dans notre monde, se concentrer tient lieu au pire de la prouesse, au mieux du loisir, d’où l’efflorescence de toute une série d’activités qui nous invitent à nous recentrer sur nous-mêmes, à nous connecter à nos sensations, à ralentir le rythme pour être plus « pleinement conscient » de ce que nous vivons. Yoga, méditation, massage et taï chi peuvent faire partir de celles-là.

COMMENT ? Pas question, bien sûr, d’exercer le tout-petit à la justesse d’une posture ou d’avoir pour objectif de le plonger dans un état méditatif profond : les livres de la collection « Zen », avec leurs petits formats et leurs jolies illustrations, invitent plutôt à trouver en famille ou en groupe une temporalité autre, déconnectée de la course effrénée du quotidien, à travers laquelle l’enfant peut investir son corps (dont notre mode de vie contemporain a plutôt tendance à le couper alors qu’il constitue, selon Rudolf Steiner, son principal vecteur d’apprentissage de 0 à 7 ans) et développer des facultés cognitives différentes de celles qu’il a l’habitude de solliciter. Accorder de l’attention à la manière dont on respire, laisser le temps à l’esprit d’imaginer, faire l’expérience de se projeter au-dedans de soi à la recherche d’une certaine quiétude…, voilà ce que proposent les deux livres que je vous propose de gagner aujourd’hui.

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