Étiquette : accouchement

A chaque femme sa sage-femme

Lors d’une discussion avec Marloes, une des sage-femmes de Zwanger in Brussel qui ont suivi ma grossesse et mon post-partum, elle me racontait qu’elle venait de lire une étude publiée dans la revue Midwifery selon laquelle 80% des personnes interrogées ignorent ce qu’est exactement une sage-femme et en quoi consistent sa formation et son métier. Cela ne m’étonne pas : je me rappelle très bien avoir été dans la même ignorance lors de ma première grossesse. Or, depuis que j’ai fait l’expérience d’être accompagnée par une sage-femme (ou, en l’occurrence, par une équipe de sage-femmes) pour la naissance de June, il me tient très fort à cœur de faire savoir aux femmes qu’il existe des professionnels de la santé dont le métier est de se consacrer entièrement à l’accompagnement du couple lors de la grossesse et de l’accouchement, depuis le désir de conception d’un enfant jusque dans la période post-partum.

Si je n’avais qu’une seule chose à partager avec toutes les mamans ou futures mamans qui me lisent, ce serait le conseil de se choisir, quelle que soit la manière dont elles prévoient d’accoucher (à l’hôpital, accompagnées ou non d’un gynécologue, à la maison, peu importe), une sage-femme ou une équipe de sage-femmes avec laquelle elles se sentent en confiance.

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Pourquoi choisir de se faire accompagner par une sage-femme ?

Voici les raisons qui me viennent spontanément et qui me semblent les plus importantes ; cette liste est donc personnelle et, par le fait même, non exhaustive. Tous les témoignages qui viseraient à la compléter sont les bienvenus en commentaires de cet article.

  • Pour disposer de temps pendant les rendez-vous afin de partager ton histoire, tes sentiments, tes questions… et d’avoir la certitude d’être entendue.
  • Pour être informée et conseillée à propos de chaque procédure médicale envisagée et de ses conséquences pour le fœtus comme pour toi, et avoir le choix.
  • Pour impliquer ton homme, auquel la sage-femme s’adresse autant qu’à toi.
  • Pour aborder des questions intimes (sexualité, prise de poids, autres changements physiques liés aux bouleversements hormonaux de la grossesse et du post-partum – acné, chute des cheveux, rétention d’eaux, etc. -) en toute confiance et en sachant que celles-ci ne seront pas tout simplement évacuées si elles ne présentent pas de risque médical immédiat.
  • Pour éviter que des actes médicaux (touchers vaginaux, épisiotomie, administration de médicaments, etc.) soient effectués sans ton consentement le jour J.
  • Pour être accompagnée par quelqu’un qui vous connaît, toi, ton homme et votre bébé, durant toute la durée du travail et être véritablement épaulée en cas de besoin pour gérer la douleur et accompagner la sortie du bébé.

Mais, outre le temps (tellement précieux) et le suivi véritablement personnalisé que t’offrent la sage-femme, voici la principale raison qui rend indispensable selon moi l’accompagnement de la grossesse par une sage-femme :

  • Pour disposer d’un accompagnement globalisé : là où le gynécologue s’intéresse à la bonne santé du fœtus et de tes organes reproducteurs, là où l’anesthésiste intervient pour te proposer une méthode de gestion de la douleur, là où la pédiatre prend le relais du gynécologue une fois que l’enfant est né, chacun ayant donc des intérêts et un domaine d’expertise bien délimités, la sage-femme (dont la présence n’exclut en rien celles des acteurs précédemment mentionnés, bien entendu) va prendre en compte la mère, le bébé et même le reste de la petite famille dans leur globalité. Certes, elle va contrôler le bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement et vérifier la viabilité du fœtus puis du bébé. Mais lorsqu’elle reste quelques heures après l’accouchement ou lorsqu’elle revient les jours suivants, elle ne se contente pas de soigner la maman et de peser le bébé, elle va également s’intéresser à la relation du nourrisson avec sa mère, elle va aider à mettre en place et à poursuivre l’allaitement, elle va s’enquérir de la fatigue du papa, surveiller l’état psychologique de la jeune maman, demander comment le nouveau bébé a été accueilli dans la fratrie, etc. Selon les besoins exprimés aux différentes étapes de la grossesse, elle va parler allaitement, portage, couches-lavables ou méthodes de préparation à la naissance.

Cette approche globalisée de la naissance, seule la sage-femme est en mesure de te l’offrir et c’est un soutien des plus précieux. C’est pourquoi, selon moi, chaque femme devrait pouvoir été accompagnée par sa sage-femme, durant toute la durée de la grossesse et du post-partum si ceux-ci ne présentent pas de risque.

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EDIT 14/10/16 : je viens de retrouver cette photo de June pesée par Elke,  à la maison, peu après sa première tétée.

En attendant que nos institutions de santé publique comprennent tout le bien qui pourrait découler de la banalisation du suivi médical de la grossesse par les sage-femmes (diminution du coût des suivis pour la sécurité sociale, prévention du baby-blues ou du burn-out parental, notamment), j’ai demandé à Marloes de nous expliquer en quoi consiste exactement le métier de sage-femme. Voici ses réponses :

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Les naissances de Django et de June : de l’accouchement à l’hôpital à l’accouchement assisté à domicile

Autant l’annoncer tout de suite : cet article est l’un des plus intimes et des plus personnels que j’ai écrits sur ce blog. Il ne s’agit absolument pas d’un plaidoyer pour l’accouchement assisté à domicile (AAD) ou d’un billet militant contre la péridurale ou toutes autres formes de médication. Ce n’est pas non plus une synthèse informative, comme j’aime souvent en écrire. Je dévoile ici un petit morceau de mon histoire (enfin, plutôt une longue tartine car, tu me connais, je suis incapable de faire court) ; je ne prétends rien faire d’autre. Ce faisant, je m’adresse à toutes mes lectrices (mes lecteurs ?), et plus particulièrement à toutes celles qui m’ont demandé de faire ce récit, qu’elles aient elles-mêmes vécu un AAD ou qu’elles soient aussi ignorantes sur ce sujet que je l’étais lors de ma première grossesse. Si cette lecture suscite chez ces dernières des questions d’ordre pragmatique, je serai heureuse d’y répondre en commentaire ou dans un article plus théorique.

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Ni néonat’ ni maternité traditionnelles : le « M-star » ou le travail de sage-femmes pas comme les autres

En novembre dernier, j’ai eu la chance de rencontrer Élodie, sage-femme et ancienne chef de service de l’unité M-star du CHU Saint-Pierre. Élodie est Française, elle vient de Marseille et cela fait maintenant 10 ans qu’elle travaille comme sage-femme en Belgique. Elle est aussi l’heureuse maman de deux enfants de 8 et 1 ans.

En 2008, l’hôpital Saint-Pierre a fait un pari : réunir auprès de leurs mamans au sein de la maternité (« M ») les nourrissons nés prématurément qui n’ont pas ou plus besoin de l’assistance des soins intensifs de la néonatalogie (les bébés « n* »). C’est ainsi qu’a été créée l’unité M-star qu’Élodie a dirigé jusque février dernier (l’équivalent de ce qu’on appelle les « unités kangourou » en France).

C’est pour me faire part de la spécificité de son travail de sage-femme qu’Élodie m’a proposé de me faire visiter son service : inutile de te dire que j’ai sauté sur cette occasion en or de 1) mieux comprendre le travail des sages-femmes, d’une part, et 2) de mettre en valeur une initiative qui vise à redonner confiance aux mamans dans leurs capacités à s’occuper de leurs bébés.

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La magie du « Blessingway » : organiser et vivre une cérémonie prénatale

Il y a quelques mois, une amie proche m’a proposé de m’organiser une cérémonie prénatale – appelée en anglais Blessingway, littéralement « chemin de bénédiction » – qui a tout naturellement trouvé sa place dans la préparation de cette deuxième grossesse que je souhaite « physiologique » (Ô le triste barbarisme pour signifier que je souhaite une grossesse et une naissance qui respectent mon corps et celui de mon bébé, qui s’appuient sur mes forces mentales et physiques, qui fassent de moi et mon bébé à naître les acteurs de cette incroyable aventure qu’est donner la vie…). Entourée de quelques amies intimes le temps d’une soirée, j’ai puisé en elles, dans leurs attentions, leurs regards et leurs sourires, une précieuse dose de tendresse et d’apaisement.

S’il est impossible de partager ici la magie de ce moment, je me propose de t’en raconter le déroulement et de partager quelques idées pour une Blessingway réussie. Pour cela, j’emprunte les mots que mon amie Lexane a utilisés pour m’expliquer comment elle envisageait le déroulement de cette cérémonie et me laisser choisir les activités qui me convenaient le mieux. Merci encore à elle du fond du cœur !

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Trois films qui posent un autre regard sur la naissance

J’aimerais te parler de cette deuxième grossesse, de combien elle diffère pour moi de la première, des émotions et des sentiments si contradictoires qui me traversent, de ma joie à préparer un accouchement que j’imagine très différent de celui de Django… Mais les choses se bousculent tant dans ma tête que j’éprouve des difficultés à faire la part des choses, à déterminer ce qui serait vraiment intéressant à partager, quelle place laisser à mon ressenti pour ne pas tomber dans un dévoilement intime qui ne servirait que mon ego narcissique, quelles informations pourraient être intéressantes à transmettre alors que je ne suis pas une spécialiste de la question…

Je choisis donc pour l’instant de partager ici quelques-unes de ressources qui accompagnent ma réflexion et mon cheminement vers une naissance respectueuse de la physiologie de la femme et de l’enfant, et où ceux-ci sont considérés comme les acteurs principaux de la formidable aventure qui consiste à donner la vie. Je commence aujourd’hui avec trois films qui posent sur l’accouchement un regard tout autre que celui qui était le mien lorsque je suis tombée enceinte de Django. Que les remises en question auxquelles ils invitent te semblent depuis toujours des évidences ou que tu découvres, comme moi, des horizons jusqu’il y a peu insoupçonnés, j’espère que tu les trouveras inspirants.

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Corps de maman, corps de femme : 3 comptes Instagram à suivre pour mieux (s’)aimer

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Je l’écrivais ici dernièrement (et je te remercie d’ailleurs pour la tendresse avec laquelle tu as accueilli cet article sur la page FB de Minuscule infini), le corps de la femme et les changements que lui font vivre la maternité, ou tout simplement, le fait de vieillir, sont au cœur des questionnements qui me traversent. Pas facile de composer entre, d’une part, la fierté éprouvée pour ce corps qui a porté et mis au monde les êtres que nous chérissons le plus et, d’autre part, l’incompréhension à géométrie variable – teintée de curiosité, d’amertume, d’inquiétude ou de joie – suscitée par tous les chamboullements psychiques et physiques qu’implique l’arrivée d’un enfant.

Lorsqu’on ajoute à cela tous les impératifs de la vie (le boulot, les corvées ménagères, le train-train frénétique) et la pression sociale (réussite, épanouissement, zénitude, flexibilité, efficacité, disponibilité, créativité, énergie), il y a de quoi devenir légèrement schizophrène. Pour me soigner, quand je préfère éviter de me lancer dans de grands discours sur comment il faudrait changer la société et le rôle dévolu aux femmes (c’est-à-dire, également celui dans lequel on confine les hommes), je me plonge dans les sublimes photographies et les émouvants témoignages qui les accompagnent de trois comptes Instagram que je te conseille vivement de suivre, parce qu’ils font du bien au mental et qu’ils enseignent l’empathie.

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Me rêver princesse, dans mon corps de maman

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Je ne suis pas Super Woman. C’est dommage, j’aurais bien voulu, mais j’ai filé mes collants et le « S » de mon costume est parti au lavage. Vraisemblablement l’ampleur de la tâche dépasse largement la puissance de mes pauvres petits bras. Je suis désolée, mon bébé, si j’oublie si souvent que c’est normal de ne pas pouvoir jouer sur tous les tableaux de la vie en même temps, si je laisse parfois la fatigue gagner et que je me mets en colère contre moi-même de n’être pas à la hauteur. Ne t’inquiète pas, mon chéri, ce n’est que le temps de verser une petite (minuscule) larme. Après, on ira à nouveau jouer à l’infini dans le jardin tous les deux, on cueillera des fleurs et on marchera sur des pelouses interdites, je mettrai une jolie robe, et papa et toi vous me laisserez croire encore que je suis une princesse, de pacotille certes, mais une princesse !

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« Pour une enfance joyeuse » : le b.a.-ba de la parentalité bienveillante

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Couches lavables, pédagogies actives (« Reggio », « Montessori », « Steiner-Waldorf », etc.), hygiène naturelle infantile, diversification alimentaire menée par l’enfant, lit au sol, doula, accouchement en plateau de naissance ou à domicile, haptonomie, langue des signes pour bébé, allaitement long, motricité libre, portage, cododo… : s’intéresser de près ou de loin à la parentalité « bienveillante » ou « positive », au « maternage proximal », implique de pénétrer dans un univers peuplé d’expressions obscures (d’autant plus si elles figurent sous forme d’acronyme : LM, CL, HNI, DME, etc.) et de pratiques hors normes. Pas toujours facile de s’y retrouver ! Il y a peut-être de quoi se décourager devant la multiplicité des approches et la somme de connaissances à acquérir.

Bien entendu, il existe des tas de livres qui permettent de creuser très sérieusement ces questions, mais les ouvrir implique qu’on se soit déjà assez intéressé à ces sujets que pour avoir envie de chercher des réponses étayées.

La bonne nouvelle ? Le dernier hors-série du magazine Kaizen, intitulé « Pour une enfance joyeuse », se propose de te donner les clés de cet univers, en dressant un fantastique panorama de tout ce qui se fait en matière de parentalité positive, depuis le désir d’avoir un enfant jusqu’au 6 ans de celui-ci. Honnêtement, voilà une petite pépite journalistique qui vaut largement le détour !

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Le jour où j’ai retrouvé la foi… en la médecine

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… et puis

une dizaine d’heures plus tard,

après SEPT heures de contractions…





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Ps : à ceux et celles qui pensent que si les femmes du Moyen-Age étaient capables d’accoucher sans anesthésie, celles d’aujourd’hui peuvent le faire aussi, ainsi qu’à ceux et celles qui trouvent que c’est complètement crétin de vouloir accoucher dans la douleur à l’heure des prouesses technologiques de notre temps, lisez la suite…

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