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« Je porte l’enfant qui est venu à nous »

Ce soir, je fais de la place aux mots de mon amie Lexane, qui a accouché son premier enfant à la maison et m’a donné, en faisant ce choix qui était pour elle une évidence, la confiance que je pourrais un jour le faire à mon tour. Lexane a donné naissance à sa fille, Olive, fruit de l’arbre de vie, en compagnie du papa et de la marraine d’Olive, ainsi que de deux sages-femmes. L’honnêteté et la justesse de ses mots me font venir les larmes aux yeux et me vrillent les entrailles, en même temps qu’ils me donnent à moi aussi envie de me redresser à mesure que je revis en souvenirs notre propre incroyable traversée pour donner la vie, même si elle fut tout à fait différente. J’espère qu’ils trouveront en toi un écho semblable.

Les images qui illustrent ce texte sont des œuvres de Judy Chicago, une artiste choisie par Lexane.


C’est pour aujourd’hui. Une petite phrase qui a traversé ma tête un instant, et un calme certain qui s’est installé en moi. Je vais me coucher avec ce calme. J’aime beaucoup sa présence. Je me sens habitée.
Je me réveille. Un mouvement. Un mouvement qui vient de mon ventre, pas dans mon ventre. Et toujours ce calme. J’aime être réveillée alors que tout le monde dort. J’ai l’impression d’être la reine du monde. J’allume des guirlandes lumineuses. Je m’allonge dans le salon. J’ai besoin d’être sans lui. J’ai besoin d’être avec mon calme qui m’habite. J’ai besoin qu’on prenne de la place. Je n’ai plus besoin de vêtement.
J’ai envie de partager ce calme et de l’agrandir, j’ai envie de partager ma joie sans sourire. J’ai besoin d’un écho. Je l’appelle. Elle. Elle me rejoint immédiatement. Je me recouche. Elle me regarde dormir. Elle sait et ne sait pas trop qu’après ça, la vie ne sera plus jamais pareille.
Des mouvements. Pour eux, c’est incertain. Pour lui comme pour elle. Ils attendent patiemment. Ils se font tout petits. Moi je suis déjà emportée par ce mouvement. Je suis ce mouvement. Je sais.

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Les naissances de Django et de June : de l’accouchement à l’hôpital à l’accouchement assisté à domicile

Autant l’annoncer tout de suite : cet article est l’un des plus intimes et des plus personnels que j’ai écrits sur ce blog. Il ne s’agit absolument pas d’un plaidoyer pour l’accouchement assisté à domicile (AAD) ou d’un billet militant contre la péridurale ou toutes autres formes de médication. Ce n’est pas non plus une synthèse informative, comme j’aime souvent en écrire. Je dévoile ici un petit morceau de mon histoire (enfin, plutôt une longue tartine car, tu me connais, je suis incapable de faire court) ; je ne prétends rien faire d’autre. Ce faisant, je m’adresse à toutes mes lectrices (mes lecteurs ?), et plus particulièrement à toutes celles qui m’ont demandé de faire ce récit, qu’elles aient elles-mêmes vécu un AAD ou qu’elles soient aussi ignorantes sur ce sujet que je l’étais lors de ma première grossesse. Si cette lecture suscite chez ces dernières des questions d’ordre pragmatique, je serai heureuse d’y répondre en commentaire ou dans un article plus théorique.

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L’allaitement pardon : lettre-poème

Avec presque 2000 vues en l’espace de quelques mois, l’article « L’allaitement, tout naturellement ? » est loin d’être le billet le plus lu de Minuscule Infini, mais à en croire vos tendres retours et vos courriels de remerciement, il est l’un de ceux qui vous a le plus touché.

Parmi toutes ces réponses, il en est une, arrivée récemment, en forme de lettre-poème, que j’ai eu envie de publier pour la partager avec vous, parce qu’à travers l’histoire de quelques gouttes de lait, elle raconte en filigrane toute l’ambiguïté des sentiments qui font de nous des mères : étonnement, impatience, incrédulité, douleur, joie, culpabilité, courage, ténacité, amour inconditionnel… et difficulté d’être traversée par tant de sentiments – parfois contradictoires – à la fois.

Je n’ai pas été préparée à l’arrivée de mon Petit.
Je n’ai pas profité de ma grossesse. De ces neuf mois de saveurs, de sensations uniques.
Neuf mois extrêmement compliqués, dans un « déni conscient ».
J’ai eu hâte de te voir arriver, pour « passer à autre chose », reprendre un cours de vie normal, avec un petit en plus.

Et puis tu es arrivé, un dimanche. Pour la fête des Mamans.
Tu ne me feras jamais de plus beau cadeau que ce jour-là.

J’ai vu ta bouille pour la première fois.
« Il est à moi ? c’est le mien ? pour de vrai ? »

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Corps de maman, corps de femme : 3 comptes Instagram à suivre pour mieux (s’)aimer

Je l’écrivais ici dernièrement (et je te remercie d’ailleurs pour la tendresse avec laquelle tu as accueilli cet article sur la page FB de Minuscule infini), le corps de la femme et les changements que lui font vivre la maternité, ou tout simplement, le fait de vieillir, sont au cœur des questionnements qui me traversent. Pas facile de composer entre, d’une part, la fierté éprouvée pour ce corps qui a porté et mis au monde les êtres que nous chérissons le plus et, d’autre part, l’incompréhension à géométrie variable – teintée de curiosité, d’amertume, d’inquiétude ou de joie – suscitée par tous les chamboullements psychiques et physiques qu’implique l’arrivée d’un enfant.

Lorsqu’on ajoute à cela tous les impératifs de la vie (le boulot, les corvées ménagères, le train-train frénétique) et la pression sociale (réussite, épanouissement, zénitude, flexibilité, efficacité, disponibilité, créativité, énergie), il y a de quoi devenir légèrement schizophrène. Pour me soigner, quand je préfère éviter de me lancer dans de grands discours sur comment il faudrait changer la société et le rôle dévolu aux femmes (c’est-à-dire, également celui dans lequel on confine les hommes), je me plonge dans les sublimes photographies et les émouvants témoignages qui les accompagnent de trois comptes Instagram que je te conseille vivement de suivre, parce qu’ils font du bien au mental et qu’ils enseignent l’empathie.

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Me rêver princesse, dans mon corps de maman

Je ne suis pas Super Woman. C’est dommage, j’aurais bien voulu, mais j’ai filé mes collants et le « S » de mon costume est parti au lavage. Vraisemblablement l’ampleur de la tâche dépasse largement la puissance de mes pauvres petits bras. Je suis désolée, mon bébé, si j’oublie si souvent que c’est normal de ne pas pouvoir jouer sur tous les tableaux de la vie en même temps, si je laisse parfois la fatigue gagner et que je me mets en colère contre moi-même de n’être pas à la hauteur. Ne t’inquiète pas, mon chéri, ce n’est que le temps de verser une petite (minuscule) larme. Après, on ira à nouveau jouer à l’infini dans le jardin tous les deux, on cueillera des fleurs et on marchera sur des pelouses interdites, je mettrai une jolie robe, et papa et toi vous me laisserez croire encore que je suis une princesse, de pacotille certes, mais une princesse !

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« Pour une enfance joyeuse » : le b.a.-ba de la parentalité bienveillante

Couches lavables, pédagogies actives (« Reggio », « Montessori », « Steiner-Waldorf », etc.), hygiène naturelle infantile, diversification alimentaire menée par l’enfant, lit au sol, doula, accouchement en plateau de naissance ou à domicile, haptonomie, langue des signes pour bébé, allaitement long, motricité libre, portage, cododo… : s’intéresser de près ou de loin à la parentalité « bienveillante » ou « positive », au « maternage proximal », implique de pénétrer dans un univers peuplé d’expressions obscures (d’autant plus si elles figurent sous forme d’acronyme : LM, CL, HNI, DME, etc.) et de pratiques hors normes. Pas toujours facile de s’y retrouver ! Il y a peut-être de quoi se décourager devant la multiplicité des approches et la somme de connaissances à acquérir.

Bien entendu, il existe des tas de livres qui permettent de creuser très sérieusement ces questions, mais les ouvrir implique qu’on se soit déjà assez intéressé à ces sujets que pour avoir envie de chercher des réponses étayées.

La bonne nouvelle ? Le dernier hors-série du magazine Kaizen, intitulé « Pour une enfance joyeuse », se propose de te donner les clés de cet univers, en dressant un fantastique panorama de tout ce qui se fait en matière de parentalité positive, depuis le désir d’avoir un enfant jusqu’au 6 ans de celui-ci. Honnêtement, voilà une petite pépite journalistique qui vaut largement le détour !

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L’allaitement, tout naturellement ?

Je t’ai allaité 16 mois. Voilà quelque temps que c’est fini déjà.

Je voudrais, parfois, avoir encore cet élan nourricier pour te réconforter, lorsque tu tombes et te fais mal, lorsqu’un cauchemar te réveille la nuit.

Heureusement, nous avons inventé d’autres gestes de tendresse.

Tes bisous mouillés pleuvent sur mes joues, tes petits bras m’entourent tendrement. Je respire tes cheveux, je caresse doucement ton dos, je chatouille tes pieds. Je te murmure incessamment que je t’aime.

Lorsque nous prenons le bain ensemble, tu me montres mes seins et tu ris, en signant « manger ». Mais c’est seulement pour me signifier que tu te souviens, toi aussi. Que tu sais à quoi ils servent ces deux-là. Ou plutôt à quoi ils servaient.

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