Étiquette : arts plastiques

Quand musique et livres pour enfants s’invitent au pied du sapin [give away]

Bonne nouvelle : contrairement à sa grande sœur qui s’est en partie numérisée, la Littérature jeunesse et enfantine a toujours la côte. On offre encore très volontiers de beaux livres aux enfants, et j’espère qu’ils seront nombreux au pied de ton sapin !

Pour t’y aider, Minuscule infini s’associe à La Montagne secrète et à Ker Éditions pour faire gagner à ses lecteurs quatre albums-disques : un exemplaire de Il pleut à boire debout, un exemplaire du Loup de Noël et deux exemplaires de Léon accordéon.

Dans la « vraie » vie, je suis (encore pour un temps) chercheuse en littérature de langue française, casquette qui me rend particulièrement sensible à la question de l’édition dans le monde des Lettres. Du coup, cette double proposition de partenariat était trop belle pour que je résiste au plaisir de te faire découvrir deux petites maisons qui ont réussi à se tailler une place de choix dans la monde de l’édition francophone, et les cœurs battants qu’elles abritent.

(suite…)

De bons pinceaux

On croit, qu’avec un pinceau à la main, l’enfant apprend à dessiner ; mais dans le Closlieu, avec un pinceau à la main, l’enfant apprend à être !

Arno Stern, « L’enfant, le Closlieu et l’expression », 1984.

Il y a quelques mois, j’ai suivi une journée de formation au Jeu de peindre d’Arno Stern. Le moins que je puisse dire, c’est que cette journée, couplée à la lecture des ouvrages de Stern, ont passablement ébranlé mes belles certitudes quant à la manière d’introduire la pratique des arts plastiques dans les apprentissages de l’enfant, complexifiant encore le chemin que j’avais emprunté depuis que je m’intéressais à l’approche Reggio. Je ne résumerai pas ici la pensée de Stern : d’une part, j’en suis incapable, d’autre part, je dois bien avouer que je n’y souscris pas complètement. Disons que depuis, je regarde les activités que Stern qualifierait peut-être de « barbouillages » d’un autre œil, avec presque autant de méfiance que ces « bricolages » pour lesquels l’enfant est à peine sollicité. Moi qui me réjouissais à la vue de petits corps couverts de peinture, qui aimais tant les propositions de peindre « à la manière de » (Picasso, Monet, Klimt, etc.), qui prônais volontiers l’expérimentation de nouveaux outils, voilà que je ne suis plus si sûre. Il y a dans le Jeu de peindre une rigueur qui me séduit, un protocole qui me semble avoir du sens, parce qu’il invite celui qui s’y plie avec naturel au calme, à la concentration, voire à une certaine sérénité ; à une présence – à soi et à l’autre – qui m’apparaît bénéfique. De là à dire que les activités artistiques qui manquent de cadre portent préjudice à l’expression de l’enfant, je ne sais pas… mais je n’en suis plus si loin.

IMG_0225

Loin de moi l’idée de vouloir reproduire les conditions du Jeu de peindre chez moi (ce serait passer à côté de son essence) ni même de le pratiquer avec mon fils à Bruxelles : j’aime encore trop mettre les mains dans la peinture et je ne me sens pas d’engouement particulier pour le Closlieu. J’ai retrouvé plusieurs dizaines de bons pinceaux dans les affaires qui nous restent de mes grands-parents : de grande taille, ils invitent à se tenir à distance du papier, prolongeant le geste de la main. Pas question de les écraser sur la feuille, leurs poils sont fragiles et méritent d’être traités avec soin. À chaque pot de couleur, désormais, ses pinceaux, et pour les mélanges, il y a la palette ; la séance de peinture ne se termine plus lorsque la totalité du matériel a tourné au marron. J’ai également trouvé un chevalet et lui aussi joue son rôle de cadre, petit pan de mur mobile qui donne une dimension verticale au travail. J’imagine que mes grands-parents seraient heureux de savoir leurs outils sortis de la cave où ils attendaient sagement et employés avec autant d’application. J’ai toujours aimé disposer d’un matériel de dessin de qualité (petite, ô combien j’aimais ma grande boîte de crayons de couleur) et je sens mon fils toujours aussi sensible à un aménagement soigné de l’espace ; cela me motive. Bien sûr, notre coin n’a rien à voir avec Stern, mais un petit rouage dans la réflexion a indubitablement bougé et cela commence à se voir de l’extérieur.

Quelques pinceaux, un vieux chevalet : il suffit souvent de peu pour que les choses prennent une nouvelle dimension.

IMG_0222 IMG_0223 IMG_0224

Désolée si ma réflexion ne t’apparaît pas clairement, c’est qu’elle n’en est qu’à ses balbutiements.

À défaut, j’espère que notre coin peinture te semblera inspirant ou que je t’aurais peut-être fait découvrir cette étrange pratique qu’est le Jeu de peindre d’Arno Stern.

Dans l’espace propice de la feuille, la main inscrit des tracés ; ils n’appartiennent à aucun système esthétique, sémantique, linguistique usuel. Et ce n’est pas la main d’un être d’élection. Nul don ne dicte ces signes, mais un besoin de formulation en instance en chacun. Stimulée, cette formulation libère des enregistrements enfouis dans la mémoire de l’organisme. Signes insolites, formulation inéprouvée, mémoire ignorée…

Arno Stern, « Expression, langage du corps », 1983.

Art cinétique à la Patinoire Royale – so Reggio, my dear !

art-cinetique-01Est-ce que ça t’arrive d’aller à une expo avec ton tout-petit ?

Pendant mon congé de maternité, j’avais besoin de sortir régulièrement de chez moi sans me retrouver au milieu de la foule ou dans des endroits socialement très fréquentés. Je me rendais beaucoup dans les parcs et les musées, où je trouvais toujours un coin relativement paisible pour allaiter tranquille. Je me souviens notamment avoir vu une expo très marquante sur l’excision, devant les œuvres de laquelle je cachais parfois les yeux de mon nourrisson à moitié endormi dans son écharpe (ce n’était sans doute pas très utile, mais je crois que j’étais moi-même tellement bouleversée par certains tableaux que je ne pouvais pas faire autrement).

Puis j’ai repris le travail, Django a eu besoin d’avoir des horaires bien réglés et nos week-ends étaient déjà bien remplis de rendez-vous en famille ou avec les amis, ainsi que par tous les travaux à effectuer dans notre nouvel appartement…

art-cinetique-05 (suite…)

Les arts plastiques selon l’approche Reggio, ou l’art de ne pas faire du « bricolage »

invitation-to-play-aquarelleSouvent, je parle sur ce blog de pédagogie Montessori, essentiellement parce qu’il s’agit de la pédagogie active qui a été, à mon sens, la plus clairement et la plus pratiquement théorisée, et qu’il est donc relativement aisé de la comprendre et de se l’approprier. Il me semble d’ailleurs qu’on ne peut pas vraiment cheminer en pédagogie active sans avoir lu L’esprit absorbant de l’enfant et L’enfant (dans lesquels je te conseille encore une fois de te plonger : ces ouvrages sont vulgarisés et donc faciles à lire, et généralement aisément accessibles puisque disponibles dans la plupart des bibliothèques).

Toutefois, l’approche qui me parle le plus, celle que j’aime à la folie bien que ses contours soient plus flous et donc un peu plus difficiles d’accès, c’est l’approche Reggio (pour comprendre de quoi il s’agit, rendez-vous par exemple chez An Every Day Story – en anglais – ou chez Merci Montessori). Là où Montessori développe peu de choses à propos des arts plastiques, ceux-ci s’invitent au quotidien dans l’approche Reggio. Pas parce que le but est de faire faire de « l’art » aux enfants, mais tout simplement parce que…

chaque apprentissage est envisagé en tant qu’exploration menée par l’enfant et en tant que connexion d’une discipline à toutes les autres ; dès lors dessiner, découper, modeler, coller, peindre… deviennent des modes d’appréhension et d’expression du monde.

En vertu de quoi, construire une proposition Reggio, c’est échapper à la tentation de faire faire à l’enfant du « bricolage ». Et ça, ça me plaît énormément !

 invitation-to-play-la-couleurInvitation autour des couleurs

(suite…)

Pâte à modeler, pâte à sel, sable de lune… : l’intérêt des activités de modelage

modelage-01

Te souviens-tu que la première fois que j’ai proposé de la pâte à modeler à Django, ce fut un échec ? Évidemment, nous n’avons pas manqué de réitérer l’expérience. La pâte à modeler est un merveilleux outil d’apprentissage, peu onéreux et aux possibilités quasi infinies. Elle…

  • développe le sens du toucher, de la vue et de l’odorat (d’où l’intérêt de faire varier les textures – terre glaise, sable de lune, pâte à sel, etc. -, les couleurs et, pourquoi pas, les odeurs en ajoutant quelques gouttes d’huiles essentielles à la pâte à condition que bébé ne porte plus les objets à sa bouche) ;
  • travaille la motricité fine de l’enfant (enfoncer un doigt, déchirer, rassembler, aplatir, rouler, modeler… à chaque âge ses plaisirs) et exerce les muscles de la main ;
  • permet l’expérimentation en trois dimensions (découverte des formes, de la notion d’espace, des oppositions plus gros versus plus petit, etc.) ;
  • sert de support à l’imaginaire ;
  • éveille la sensibilité artistique ;
  • invite au calme, à la concentration, à la (re)connexion avec son intériorité (si tu as, dans la maison ou en classe, un petit espace de « sérénité » – j’en rêve -, où l’enfant peut faire la paix avec ses sentiments, il est intéressant d’y proposer une activité de modelage) ;
  • etc.

Désormais, tous les types de pâte à modeler ont la côte chez nous ! Même la terre glaise – celle que je préfère – qui, parce qu’elle est légèrement humide et collante, aurait pu rebuter les petites mains propres de mon fils. Il ne se passe plus une journée sans qu’il ne réclame cette activité.

modelage-02 (suite…)

Raconter des histoires autrement : le Butaï, théâtre japonais

butai-kamishibai-04

Événements familiaux difficiles, fin de thèse, grosses chaleurs, envie de passer toujours plus de temps avec mon fils, occasions de faire plein de découvertes avec des gens que j’aime… : je suis beaucoup moins présente sur le blog en ce début d’été. Mais je me réjouis, à lire les statistiques du site, de voir que toi aussi : je t’imagine dehors, à gambader dans les champs avec ta joyeuse marmaille ou derrière ta machine à coudre pour confectionner de jolis bloomers et robes d’été (et je compatis beaucoup si tu es enceinte ou coincée – comme moi, souvent – derrière ton ordinateur en ces jours caniculaires).

Aujourd’hui, je voudrais te parler d’un fantastique matériel pour raconter les histoires, chez soi ou en classe. Bien qu’il commence à peupler les bibliothèques et les centres d’activités culturelles pour enfants, il sort un peu de l’ordinaire et demeure assez méconnu. J’en suis tombée amoureuse il y a quelques mois, et j’ai eu la chance d’en recevoir un exemplaire à prêter de la part du merveilleux magasin de jouets éthiques Casse-Noisettes.

Il s’agit du « Butaï » ou théâtre japonais. C’est une structure de bois (ou de carton) pouvant accueillir plusieurs planches d’une histoire (en format A4, A3, etc.) ; le conteur est derrière le petit théâtre, et tandis qu’il passe d’une planche à l’autre, il lit le texte au dos de la planche qui lui fait face. Il peut jouer sur des effets de vitesse (en opérant une transition rapide ou lente entre les planches), ajouter des bruitages, des accessoires, aménager des jeux de lumières, etc.

C’est un régal, tant du point de vue de celui qui conte que pour son petit auditoire captivé ! Les exploitations pédagogiques d’un tel outil me semblent illimitées.

Casse-Noisette, à ma connaissance le plus intéressant des magasins de Bruxelles
Casse-Noisette, à ma connaissance le plus intéressant des magasins de jouets de Bruxelles

(suite…)

« May baby » au Wiels

wielsalaune

Si tu habites Bruxelles (ou ses environs), il te reste encore deux week-ends pour emmener ton tout-petit (entre 6 et 24 mois) aux ateliers de découvertes artistiques et sensoriels organisés par le Wiels.

Peindre avec de l’argile dans une forêt d’arbres suspendus, découvrir l’aquarelle sur grand format, pénétrer dans l’univers complètement magique du conte du Petit Poucet… : autant d’expériences étonnantes et jouissives spécialement pensées pour les plus petits.

IMG_4446

(suite…)

Maman, donne-moi encore une gommette !

gommettes-alaune

Chez nous, Django s’est mis joyeusement aux gommettes. Il choisit la forme et la couleur de celles-ci sur la planche, je prépare un peu le terrain pour qu’il puisse plus facilement saisir chacune d’elles et c’est parti. Il colle soigneusement une gommette, repasse précautionneusement sur les bords de celle-ci, s’énerve sur la suivante qui lui colle aux doigts, superpose les gommettes les unes sur les autres, dessine un peu sur l’ensemble quand il a terminé une planche et entreprend ensuite de décoller chaque gommette, déchirant la moitié au passage.

gommettes-03

Voici une activité d’arts plastiques qui n’est en tout cas pas très couteuse et pas très difficile à mettre en place. L’enfant exerce les muscles de sa main, ainsi que ses capacités de concentration. On en profite pour verbaliser les formes et les couleurs : « tu as choisi une étoile bleue », « tu colles le rectangle rose à côté / sur le carré vert », etc.

(suite…)

Mon bébé dessine, je m’émerveille

dessiner-bebealaune

À quel âge un enfant commence-t-il à dessiner ?

Il ne faut pas attendre l’âge des représentations figuratives pour tendre quelques crayons à un enfant. Même si le résultat final ne l’intéresse pas (ce qui ne t’empêche pas de conserver quelques unes de ses « œuvres » pour la postérité), il y a fort à parier qu’un tout petit trouvera beaucoup de plaisir dans une activité artistique comme le dessin ou la peinture.

Moi, je dois bien l’avouer, ces premiers traits de couleurs gribouillés énergiquement sur le papier m’émeuvent tout particulièrement.

(suite…)