Étiquette : étapes du développement de l’enfant

Pour que s’habiller seul devienne un jeu d’enfant

Je ne sais pas si tu as déjà eu l’occasion de faire ce constat chez toi, mais de mon côté, je ne cesse de m’émerveiller devant les trésors de patience et de persévérance que sont capables de déployer les enfants de mon entourage pour acquérir une compétence nouvelle au moment où celle-ci correspond à leur intérêt et à leurs capacités motrices. Les premières fois qu’ils marchent, qu’ils se servent de l’eau à l’aide d’une carafe, qu’ils cirent leurs chaussures… : l’activité ne leur semble pas rébarbative ; au contraire, elle les mobilise complètement, voire génère un véritable enthousiasme. D’où l’intérêt de confier certaines tâches aux enfants dès leur plus jeune âge : proposées à une période où elles constituent un défi que l’enfant peut relever (c’est-à-dire qui n’est ni trop facile, ni trop difficile), ranger ses affaires, mettre la table, plier les serviettes… sont autant d’activités qui ne seront pas perçues comme des corvées, mais qui se révèleront valorisantes pour l’enfant. À l’inverse, lorsque j’accomplis à la place de mes enfants des tâches qu’ils sont pourtant en mesure de réaliser seuls (comme il m’arrive encore souvent de le faire et ce pour toute sorte de mauvaises raisons : vouloir leur rendre service, aller plus vite, être plus efficace…), je cours un double risque : d’une part, une fois l’activité devenue trop aisée pour la dextérité de l’enfant, il sera difficile de l’y intéresser ; d’autre part, le fait de faire systématiquement à sa place suggère à l’enfant que je ne le juge pas capable, ce qui altère son estime de soi et son désir d’autonomie.

C’est quelque chose que j’observe à propos d’innombrables apprentissages, parmi lesquels celui de s’habiller seul. C’est généralement aux alentours de deux ans que l’enfant, fort de sa récente capacité à faire des choix (mais encore souvent incapable d’arrêter rapidement ceux-ci, ce qui explique qu’il change énormément d’avis), commence à exprimer ses préférences en matière vestimentaire. Pour l’encourager et lui permettre de prendre des initiatives, voici quelques idées parmi lesquelles piocher de l’inspiration :

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Acquisition de la continence (2/2) : j’ai oublié de te dire…

L’année dernière, je publiai un article sur l’acquisition de la continence et ma décision de ne RIEN FAIRE en la matière, c’est-à-dire de n’opter pour aucune méthode d’ « apprentissage de la propreté » mais d’attendre… tout simplement attendre. Je promettais dans cet article de te faire part du résultat quelques mois plus tard. Je ne l’ai pas fait, parce qu’il y a en fait très peu de choses à dire, mais je vais tout de même rapidement écrire quelques lignes car je suis régulièrement questionnée sur l’efficacité de cette « non-méthode ».

Début janvier dernier, peu avant ses deux ans et demi, Django a dit un matin qu’il ne voulait pas mettre de couche. J’ai accepté, bien évidemment, en lui rappelant qu’il lui faudrait alors faire pipi sur l’un des pots de la maison (bien en évidence depuis quelques mois). Je m’attendais à éponger plusieurs accidents avant qu’il ne demande une couche (ce qui se passait d’habitude lorsque je lui proposais de passer la journée cul nu, plus par confort et par souci qu’il découvre son intimité que dans le but de le rendre propre), mais mon fils a utilisé son pot sans accident toute la journée. Pareil les jours suivants. Pour la nuit, je lui ai posé la question : il a opté pour une couche pendant encore une semaine ; celle-ci se révélant sèche le matin, je lui ai proposé de ne pas la mettre la nuit suivante et cela a fonctionné. Bien entendu, il y a eu quelques accidents, surtout deux ou trois mois plus tard (sans doute parce que lui comme moi y pensions moins et nous laissions trop absorber dans nos activités). Aujourd’hui encore, il y a quelques oublis, notamment avec l’arrivée de sa petite sœur, mais rien de catastrophique (en moyenne, un pipi raté par semaine). Quand ça arrive, je ne fais pas de commentaire et nous nettoyons ensemble. Par contre, j’impose le passage aux toilettes (pour lui comme pour moi, uh uh) dès que nous quittons la maison ou avant la sieste.

Voilà voilà. Continences diurne et nocturne acquises en une semaine, donc, à la demande de l’enfant. Pas de pot imposé toutes les vingt minutes en espérant qu’un jour quelque chose « tombe » dedans, pas de petites fesses toutes nues qui courent dans le jardin, pas de culottes d’apprentissage, etc. Presque trop facile.

Je reconnais toutefois que nous n’étions pas encore soumis à l’échéance de la première rentrée à l’école (c’est pour septembre…) et que Django est gardé par ses grand-parents, ce qui constitue évidemment un cadre idéal, dans le sens où il n’a subi ni pression ni humiliation à ce sujet. Malheureusement, on n’a pas toujours le loisir d’attendre, le « déclic » de la continence se produisant vraisemblablement entre 1,5 et 4,5 ans selon les enfants.

Et puisque je ne vais quand même pas illustrer cet article d’une photo de mes toilettes ou de mon fils en train de faire pipi, et parce que, pour paraphraser la citation de Dolto que je reprenais dans l’article précédent, « il y a tellement d’autre chose à faire que de parler de pot de chambre »…

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L’intelligence de la main

J’aime l’importance que Maria Montessori accorde à la main et à ce que la pédagogue appelle le « mouvement intellectuel » de l’enfant. Montessori fait de la main et du langage les principaux outils de l’intelligence de l’être humain : ce sont les deux voies par lesquelles nous entrons en contact avec le monde qui nous entoure et parvenons à transformer celui-ci.

L’organe moteur qui caractérise l’homme, c’est la main, au service de l’intelligence, pour la réalisation du travail.

[…]

La main est cet organe dont la structure fine et compliquée permet à l’intelligence de se manifester, à l’homme, de prendre possession de l’ambiance, de la transformer et, guidée par l’intelligence, d’accomplir sa mission dans le cadre de l’univers.

Il serait donc logique, pour juger du développement psychique de l’enfant, de considérer, dès son apparition, l’expression de son « mouvement intellectuel » : c’est-à-dire le langage et l’activité de sa main qui aspire au travail.

Maria Montessori, L’enfant, , trad. de l’italien par G. Bernard, Paris, Desclée de Brouwer, 1936.

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3, 2, 1, GO ! C’est parti pour la continence !

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Je te le dis tout suite, l’urgence de ce titre est volontairement ironique : après avoir longuement potassé la question du chemin du tout-petit vers l’acquisition de la continence, j’ai pris le parti de NE RIEN FAIRE !

Enfin… RIEN, pas tout à fait : tu me connais, je n’ai pas pu résister à l’envie d’arpenter la Toile pour trouver le petit pot idéal (celui qui respecte la position physiologique de l’enfant, celui fabriqué en matière écologique), ainsi que toute la panoplie du parfait petit novice de la maîtrise de la vessie (seras-tu étonné si je te dis qu’il y a de la laine dedans ?).

Si toi aussi tu te poses toutes ces questions à propos de l’acquisition de la continence, voici une petite sélection de lectures et d’objets qui pourraient bien faciliter ta réflexion.

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Le stade du miroir

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Le « stade du miroir » est une des étapes par lesquelles le sujet humain se construit en tant qu’individu. En se regardant dans le miroir, le petit enfant se confronte à l’image spéculaire de son unité corporelle, ce qui lui permet d’établir progressivement une distinction entre ce qui constitue le soi et ce qui appartient à la réalité extérieure. Voir son reflet lui permet de se concevoir comme une entité autonome, distincte de sa mère et du monde qui l’entoure.

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Cette étape du processus d’identification de l’être humain est généralement connue du public (diffusée par les émissions et les magasines à vocation psychologisante, par exemple, ou enseignée dans les cours d’introduction à la psychologie).

Mais le « stade du miroir », tel qu’il a été défini notamment par Jacques Lacan*, outrepasse ce simple constat. Il dit l’importance que joue l’Autre (dont le premier représentant est la mère) dans ce processus d’identification.

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Montessori et la marche

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Le premier pas de l’enfant est un événement attendu impatiemment et vivement célébré par son entourage. « Hourra, il marche ! » Maria Montessori rappelle cependant que cette joyeuse exclamation est malheureusement souvent suivie de mesures visant à limiter les besoins de motricité de l’enfant, dans le but d’avoir l’esprit tranquille (« dans son parc, je sais mon enfant en sécurité », « je préfère le porter, ainsi nous ne serons pas en retard pour conduire l’aîné à l’école », etc.).

Or Montessori souligne que l’enfant qui commence à marcher a un besoin vital d’exercer cette activité nouvellement acquise et qu’il se jette dans cette entreprise avec un élan et une témérité que l’adulte se doit d’encourager.

 » Renoncer à ses propres besoins et répondre à ceux de l’être en voie de formation, telle est la ligne de conduite qui devrait être celle de l’adulte. »

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