Lune d’elles : un espace créatif au féminin pour partir à la découverte de soi

C’est avec une certaine dose d’excitation que j’écris ces mots, puisqu’il s’agit pour moi de te présenter un projet sur lequel je cogite depuis plus d’un an avec mon amie Lexane. Trop conscientes de la difficulté de trouver du temps pour soi dans la frénésie du quotidien, désireuses de nous entourer d’une énergie féminine qui fait du bien (et qui nous fait trop souvent défaut), soucieuses de nous libérer le corps et la tête de certains impératifs et tabous qui régissent notre conception du féminin, nous avons créé Lune d’elles : un espace créatif dédié aux femmes, à quelques kilomètres seulement de Bruxelles, où nous animerons à la fois

  • des cycles d’ateliers créatifs pour voyager par le biais de la danse, du théâtre, de l’écriture et du yoga à la découverte de soi (ses valeurs, ses projets, sa puissance créatrice…) ;
  • des massages, pensés comme une rencontre intime et respectueuse du corps, de l’intention posée, de l’énergie déployée ;
  • des soirées contées, conçues pour accueillir les familles et les groupes.

 

Le premier atelier créatif aura lieu exactement dans un mois, le samedi 15 décembre prochain. Pour nous rejoindre le temps d’une soirée contée, nous te donnons rendez-vous le vendredi 11 janvier.

Pour découvrir plus amplement notre projet, je te laisse découvrir le site internet de Lune d’elles en suivant ce lien :  chaque série d’activités est détaillée en cliquant sur l’image qui l’illustre. Si tu as des questions ou que tu souhaites partager quelque chose avec Lexane et moi-même, je t’invite à utiliser le formulaire de contact disponible sur le site de Lune d’elles (nous utilisons une messagerie qui garantit la confidentialité du traitement des données).

J’espère sincèrement que curiosité et bienveillance envers soi t’amèneront bientôt à pousser la porte de l’espace que nous avons créé pour t’accueillir. A bientôt !

Quand tu demandes du lait… et que je te souris « non »

Il y a trois ou quatre mois, j’ai commencé à dire « non » le soir, puis plus récemment « non » le matin. Un « non » timide, raisonnable, négociateur. Un « non » qui se cherche, qui sait ce qu’il veut sans vouloir faire de peine. Un « non » qui a trop conscience de l’étape irréversible qu’il marque et auquel ce pas franchi fait peur. Aujourd’hui encore, tu pointes ton index vers ma poitrine et demandes : « Je peux avoir du lait ? Il n’y en a plus ? Je peux voir s’il y en a encore ? » Je te souris et t’embrasse.

Mon. Cœur. Prend.L’eau.

Je te propose du lait végétal avec des glaçons et des câlins à profusion. Tu acceptes les deux avec enthousiasme. Cela ne t’empêchera sans doute pas, demain, de poser encore les mêmes questions. De quelle tristesse mon cœur sera-t-il submergé le jour où tu ne les poseras plus ?

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Trois illustratrices pour mettre la parentalité douce en image

Dans la série de ressources autour de la parentalité douce – que je me plais à te faire découvrir par trois – voici mon triple coup de cœur pour des illustratrices qui me touchent par le regard qu’elles posent sur l’enfance et notre métier de parents : bienvenue dans l’univers de Bougribouillons, Fanny Vella et Les Jolis sauvages. Ça parle maternité, allaitement, cododo, motricité libre, école à la maison… Bref, tout ce que j’aime !

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« Je porte l’enfant qui est venu à nous »

Ce soir, je fais de la place aux mots de mon amie Lexane, qui a accouché son premier enfant à la maison et m’a donné, en faisant ce choix qui était pour elle une évidence, la confiance que je pourrais un jour le faire à mon tour. Lexane a donné naissance à sa fille, Olive, fruit de l’arbre de vie, en compagnie du papa et de la marraine d’Olive, ainsi que de deux sages-femmes. L’honnêteté et la justesse de ses mots me font venir les larmes aux yeux et me vrillent les entrailles, en même temps qu’ils me donnent à moi aussi envie de me redresser à mesure que je revis en souvenirs notre propre incroyable traversée pour donner la vie, même si elle fut tout à fait différente. J’espère qu’ils trouveront en toi un écho semblable.

Les images qui illustrent ce texte sont des œuvres de Judy Chicago, une artiste choisie par Lexane.


C’est pour aujourd’hui. Une petite phrase qui a traversé ma tête un instant, et un calme certain qui s’est installé en moi. Je vais me coucher avec ce calme. J’aime beaucoup sa présence. Je me sens habitée.
Je me réveille. Un mouvement. Un mouvement qui vient de mon ventre, pas dans mon ventre. Et toujours ce calme. J’aime être réveillée alors que tout le monde dort. J’ai l’impression d’être la reine du monde. J’allume des guirlandes lumineuses. Je m’allonge dans le salon. J’ai besoin d’être sans lui. J’ai besoin d’être avec mon calme qui m’habite. J’ai besoin qu’on prenne de la place. Je n’ai plus besoin de vêtement.
J’ai envie de partager ce calme et de l’agrandir, j’ai envie de partager ma joie sans sourire. J’ai besoin d’un écho. Je l’appelle. Elle. Elle me rejoint immédiatement. Je me recouche. Elle me regarde dormir. Elle sait et ne sait pas trop qu’après ça, la vie ne sera plus jamais pareille.
Des mouvements. Pour eux, c’est incertain. Pour lui comme pour elle. Ils attendent patiemment. Ils se font tout petits. Moi je suis déjà emportée par ce mouvement. Je suis ce mouvement. Je sais.

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Tu as six mois, et déjà j’oublie tout

Mon bébé lune, ma douce, ma jolie June,

Tu as six mois. Déjà. Quelle claque dans la figure il y a quelques semaines tandis que, te regardant rire aux éclats devant la palette de pitreries que ton frère ne déclinait que pour le plaisir de tes yeux d’argent, je me suis rendu compte que tu n’étais déjà plus mon nourrisson, ma toute petite, mon minuscule bébé qui se lovait si naturellement au creux de mes bras, ta peau contre ma peau, me donnant le sentiment que mon corps était un refuge qui pourrait t’abriter de tous les malheurs de l’univers. Je t’ai vue soudain si grande du haut de tes six mois, toi que je ne cesse pourtant d’observer chaque jour, et les larmes me sont montées aux yeux ; des larmes de fierté de te voir t’ouvrir si naturellement au monde chaque jour davantage et des larmes de détresse de mesurer brusquement combien le temps file vite entre mes doigts. Ô, je le sais depuis longtemps, ma June, que le temps passe toujours trop vite auprès de ceux qu’on aime, mais il est malgré tout de ces instants qui te rappellent cette vérité sans s’annoncer. Ton papa me dit ressentir parfois une même urgence de s’allonger auprès de toi endormie, pour tenter de stopper cette course effrénée.

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A chaque femme sa sage-femme

Lors d’une discussion avec Marloes, une des sage-femmes de Zwanger in Brussel qui ont suivi ma grossesse et mon post-partum, elle me racontait qu’elle venait de lire une étude publiée dans la revue Midwifery selon laquelle 80% des personnes interrogées ignorent ce qu’est exactement une sage-femme et en quoi consistent sa formation et son métier. Cela ne m’étonne pas : je me rappelle très bien avoir été dans la même ignorance lors de ma première grossesse. Or, depuis que j’ai fait l’expérience d’être accompagnée par une sage-femme (ou, en l’occurrence, par une équipe de sage-femmes) pour la naissance de June, il me tient très fort à cœur de faire savoir aux femmes qu’il existe des professionnels de la santé dont le métier est de se consacrer entièrement à l’accompagnement du couple lors de la grossesse et de l’accouchement, depuis le désir de conception d’un enfant jusque dans la période post-partum.

Si je n’avais qu’une seule chose à partager avec toutes les mamans ou futures mamans qui me lisent, ce serait le conseil de se choisir, quelle que soit la manière dont elles prévoient d’accoucher (à l’hôpital, accompagnées ou non d’un gynécologue, à la maison, peu importe), une sage-femme ou une équipe de sage-femmes avec laquelle elles se sentent en confiance.

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Les naissances de Django et de June : de l’accouchement à l’hôpital à l’accouchement assisté à domicile

Autant l’annoncer tout de suite : cet article est l’un des plus intimes et des plus personnels que j’ai écrits sur ce blog. Il ne s’agit absolument pas d’un plaidoyer pour l’accouchement assisté à domicile (AAD) ou d’un billet militant contre la péridurale ou toutes autres formes de médication. Ce n’est pas non plus une synthèse informative, comme j’aime souvent en écrire. Je dévoile ici un petit morceau de mon histoire (enfin, plutôt une longue tartine car, tu me connais, je suis incapable de faire court) ; je ne prétends rien faire d’autre. Ce faisant, je m’adresse à toutes mes lectrices (mes lecteurs ?), et plus particulièrement à toutes celles qui m’ont demandé de faire ce récit, qu’elles aient elles-mêmes vécu un AAD ou qu’elles soient aussi ignorantes sur ce sujet que je l’étais lors de ma première grossesse. Si cette lecture suscite chez ces dernières des questions d’ordre pragmatique, je serai heureuse d’y répondre en commentaire ou dans un article plus théorique.

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La magie du « Blessingway » : organiser et vivre une cérémonie prénatale

Il y a quelques mois, une amie proche m’a proposé de m’organiser une cérémonie prénatale – appelée en anglais Blessingway, littéralement « chemin de bénédiction » – qui a tout naturellement trouvé sa place dans la préparation de cette deuxième grossesse que je souhaite « physiologique » (Ô le triste barbarisme pour signifier que je souhaite une grossesse et une naissance qui respectent mon corps et celui de mon bébé, qui s’appuient sur mes forces mentales et physiques, qui fassent de moi et mon bébé à naître les acteurs de cette incroyable aventure qu’est donner la vie…). Entourée de quelques amies intimes le temps d’une soirée, j’ai puisé en elles, dans leurs attentions, leurs regards et leurs sourires, une précieuse dose de tendresse et d’apaisement.

S’il est impossible de partager ici la magie de ce moment, je me propose de t’en raconter le déroulement et de partager quelques idées pour une Blessingway réussie. Pour cela, j’emprunte les mots que mon amie Lexane a utilisés pour m’expliquer comment elle envisageait le déroulement de cette cérémonie et me laisser choisir les activités qui me convenaient le mieux. Merci encore à elle du fond du cœur !

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Trois films qui posent un autre regard sur la naissance

J’aimerais te parler de cette deuxième grossesse, de combien elle diffère pour moi de la première, des émotions et des sentiments si contradictoires qui me traversent, de ma joie à préparer un accouchement que j’imagine très différent de celui de Django… Mais les choses se bousculent tant dans ma tête que j’éprouve des difficultés à faire la part des choses, à déterminer ce qui serait vraiment intéressant à partager, quelle place laisser à mon ressenti pour ne pas tomber dans un dévoilement intime qui ne servirait que mon ego narcissique, quelles informations pourraient être intéressantes à transmettre alors que je ne suis pas une spécialiste de la question…

Je choisis donc pour l’instant de partager ici quelques-unes de ressources qui accompagnent ma réflexion et mon cheminement vers une naissance respectueuse de la physiologie de la femme et de l’enfant, et où ceux-ci sont considérés comme les acteurs principaux de la formidable aventure qui consiste à donner la vie. Je commence aujourd’hui avec trois films qui posent sur l’accouchement un regard tout autre que celui qui était le mien lorsque je suis tombée enceinte de Django. Que les remises en question auxquelles ils invitent te semblent depuis toujours des évidences ou que tu découvres, comme moi, des horizons jusqu’il y a peu insoupçonnés, j’espère que tu les trouveras inspirants.

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L’allaitement pardon : lettre-poème

Avec presque 2000 vues en l’espace de quelques mois, l’article « L’allaitement, tout naturellement ? » est loin d’être le billet le plus lu de Minuscule Infini, mais à en croire vos tendres retours et vos courriels de remerciement, il est l’un de ceux qui vous a le plus touché.

Parmi toutes ces réponses, il en est une, arrivée récemment, en forme de lettre-poème, que j’ai eu envie de publier pour la partager avec vous, parce qu’à travers l’histoire de quelques gouttes de lait, elle raconte en filigrane toute l’ambiguïté des sentiments qui font de nous des mères : étonnement, impatience, incrédulité, douleur, joie, culpabilité, courage, ténacité, amour inconditionnel… et difficulté d’être traversée par tant de sentiments – parfois contradictoires – à la fois.

Je n’ai pas été préparée à l’arrivée de mon Petit.
Je n’ai pas profité de ma grossesse. De ces neuf mois de saveurs, de sensations uniques.
Neuf mois extrêmement compliqués, dans un « déni conscient ».
J’ai eu hâte de te voir arriver, pour « passer à autre chose », reprendre un cours de vie normal, avec un petit en plus.

Et puis tu es arrivé, un dimanche. Pour la fête des Mamans.
Tu ne me feras jamais de plus beau cadeau que ce jour-là.

J’ai vu ta bouille pour la première fois.
« Il est à moi ? c’est le mien ? pour de vrai ? »

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