Étiquette : Grossesse – accouchement – naissance – post-partum – allaitement

« Je porte l’enfant qui est venu à nous »

Ce soir, je fais de la place aux mots de mon amie Lexane, qui a accouché son premier enfant à la maison et m’a donné, en faisant ce choix qui était pour elle une évidence, la confiance que je pourrais un jour le faire à mon tour. Lexane a donné naissance à sa fille, Olive, fruit de l’arbre de vie, en compagnie du papa et de la marraine d’Olive, ainsi que de deux sages-femmes. L’honnêteté et la justesse de ses mots me font venir les larmes aux yeux et me vrillent les entrailles, en même temps qu’ils me donnent à moi aussi envie de me redresser à mesure que je revis en souvenirs notre propre incroyable traversée pour donner la vie, même si elle fut tout à fait différente. J’espère qu’ils trouveront en toi un écho semblable.

Les images qui illustrent ce texte sont des œuvres de Judy Chicago, une artiste choisie par Lexane.


C’est pour aujourd’hui. Une petite phrase qui a traversé ma tête un instant, et un calme certain qui s’est installé en moi. Je vais me coucher avec ce calme. J’aime beaucoup sa présence. Je me sens habitée.
Je me réveille. Un mouvement. Un mouvement qui vient de mon ventre, pas dans mon ventre. Et toujours ce calme. J’aime être réveillée alors que tout le monde dort. J’ai l’impression d’être la reine du monde. J’allume des guirlandes lumineuses. Je m’allonge dans le salon. J’ai besoin d’être sans lui. J’ai besoin d’être avec mon calme qui m’habite. J’ai besoin qu’on prenne de la place. Je n’ai plus besoin de vêtement.
J’ai envie de partager ce calme et de l’agrandir, j’ai envie de partager ma joie sans sourire. J’ai besoin d’un écho. Je l’appelle. Elle. Elle me rejoint immédiatement. Je me recouche. Elle me regarde dormir. Elle sait et ne sait pas trop qu’après ça, la vie ne sera plus jamais pareille.
Des mouvements. Pour eux, c’est incertain. Pour lui comme pour elle. Ils attendent patiemment. Ils se font tout petits. Moi je suis déjà emportée par ce mouvement. Je suis ce mouvement. Je sais.

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Tu as six mois, et déjà j’oublie tout

Mon bébé lune, ma douce, ma jolie June,

Tu as six mois. Déjà. Quelle claque dans la figure il y a quelques semaines tandis que, te regardant rire aux éclats devant la palette de pitreries que ton frère ne déclinait que pour le plaisir de tes yeux d’argent, je me suis rendu compte que tu n’étais déjà plus mon nourrisson, ma toute petite, mon minuscule bébé qui se lovait si naturellement au creux de mes bras, ta peau contre ma peau, me donnant le sentiment que mon corps était un refuge qui pourrait t’abriter de tous les malheurs de l’univers. Je t’ai vue soudain si grande du haut de tes six mois, toi que je ne cesse pourtant d’observer chaque jour, et les larmes me sont montées aux yeux ; des larmes de fierté de te voir t’ouvrir si naturellement au monde chaque jour davantage et des larmes de détresse de mesurer brusquement combien le temps file vite entre mes doigts. Ô, je le sais depuis longtemps, ma June, que le temps passe toujours trop vite auprès de ceux qu’on aime, mais il est malgré tout de ces instants qui te rappellent cette vérité sans s’annoncer. Ton papa me dit ressentir parfois une même urgence de s’allonger auprès de toi endormie, pour tenter de stopper cette course effrénée.

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Mais je le connais depuis longtemps, mon ange, ce temps dont les minutes s’égrainent si vite ; j’ai appris à apprivoiser sa violence, j’essaye de ne plus être cette Alice qui court après le lapin blanc. Alors j’ai profité, j’ai profité me semble-t-il de chaque seconde de cet été avec vous deux, de ce congé de maternité lumineux que vous avez eu la tendresse de m’offrir. J’ai savouré les terribles courbatures des premiers jours après l’accouchement, j’ai souri de la difficulté que j’avais à seulement lever un bras tant j’avais sollicité tous les muscles de mon corps pour te mettre au monde, j’ai écouté religieusement les conseils de ma sage-femme de ne pas bouger un orteil hors de ce grand lit qui était devenu le quartier général de la maisonnée. J’ai donné le temps à mon corps de se reposer et de se réparer malgré le beau soleil qui brillait comme une invitation au dehors. J’ai saisi cette occasion de n’être qu’à toi, de ne respirer qu’à travers toi, de me shooter – littéralement – à l’odeur de ton corps que ta naissance à la maison m’avait donné l’opportunité de ne pas encore laver. J’ai lu quelque part que certaines sages-femmes se disent droguées à cette odeur là, celle du vernix présent sur la peau des nouveau-nés, et je me suis dit alors que j’avais peut-être raté ma vocation.

Car j’ai beau avoir savouré ces instants avec vous, ces premiers moments avec toi ma Douce, ma toute-petite, j’ai beau avoir déployé tant d’attention pour retenir ces purs instants de joie, j’oublie. Je me souviens avoir ressenti un incroyable sentiment de plénitude en te donnant la vie, je me souviens avoir modestement éprouvé l’impression d’être en parfaite adéquation avec le monde, parfaitement à ma place ou dans le rôle que la nature semblait m’avoir dévolu. Oui, je m’en souviens, parce que je l’ai écrit (un peu ici, plus longuement et différemment rien que pour toi et moi), parce que je me le suis répété et que je l’ai partagé, à ton papa, à mes proches, ou à toute oreille complaisante qui voulait bien m’entendre. Oui, je me souviens que des premiers jours passés près de toi j’ai tiré une force et une quiétude que je n’avais jamais éprouvées jusque là, mais la nature même de cette sensation a disparu. Je l’ai oubliée, à mesure que le quotidien a repris ses droits, au contact des contingences de la vie familiale, d’abord, puis professionnelle. Je l’ai perdue, sans doute, en me dépêchant une fois de trop un matin pour ne pas arriver en retard au travail, ou bien en interrompant un de ces câlins lactés qui t’emportent doucement dans le sommeil pour aller essuyer les fesses de ton frère, ce petit bonhomme si généreux mais qui trouve, bien sûr, toujours les moments les plus opportuns pour manifester un irrépressible besoin de ma présence. J’ai oublié, June, l’odeur si enivrante de ta peau recouverte de vernix, et en prendre conscience me serre la gorge si douloureusement que j’en perds les mots pour écrire l’intensité des sentiments qui me lient à toi.

Je me souviens des rayons de soleil que je laissais filtrer à travers les rideaux de la chambre, mais j’ai laissé s’échapper le souvenir de leur chaleur réconfortante. Je me souviens t’avoir tenue presque constamment contre moi, d’avoir lové ton petit corps contre mon ventre que tu venais de quitter. Je me souviens de la joie à nous déshabiller toutes les deux rapidement à chaque fois que tu réclamais du lait pour t’allaiter en peau à peau. Je me souviens de tous les massages que je t’ai faits dans l’espoir d’apprendre par cœur du bout des doigts le tracé de ton corps. Je me souviens des précautions attentionnées de ton frère, cherchant comment apprivoiser ce petit être si intriguant dont il se sentait vraisemblablement tellement proche mais qu’il ne savait pas très bien comment aborder. Je me souviens de nos siestes, tous les trois, dans le grand lit, de ce moment quotidien d’abandon tranquille et quasi total qui me permettait de surmonter la fatigue du reste de la journée. Je me souviens, oui, mais la saveur exacte de ces instants est irrémédiablement perdue, désormais. Nulle photographie ou vidéo, nul mot, ne pourra la ressusciter. La mémoire a déjà posé son filtre flou sur les événements ; par chance, celui-ci est extrêmement lumineux et j’ai bien l’intention de raviver le plus longtemps possible son aura.

Tu es un de ses petits bébés qui s’accrochent fermement à la vie, June : dès tes premiers instants sur cette terre, à peine t’ai-je prise contre moi, tu as refermé tes petits poings décidés sur la peau de ma poitrine et il aurait été bien mal accueilli celui qui aurait tenté de t’en empêcher. De cela aussi, je me souviens. Encore aujourd’hui, tu happes, tu arroches et tu attires à toi ceux qui te plaisent et que tu entends bien ne pas lâcher. Tu possèdes en toi une ténacité que peu de gens soupçonneraient chez un si jeune être humain. A mesure que j’observe tes mains potelées et si volontaires s’ouvrir pour aller à la rencontre des objets du monde, je pressens que c’est avec un immense morceau de moi-même qu’elles s’en iront happer d’autres réalités.

Pauvres cœurs des mères que nous sommes, qui brillent de fierté à l’idée qu’un jour nos enfants n’auront plus besoin de chercher refuge dans nos bras et que, forts de cette confiance en soi que leurs mains sont venues puiser dans la puissance inconditionnelle de notre amour, ils s’en iront insouciants avec ce morceau de nous-mêmes qu’ils ont forgé de leur présence, et qu’il ne restera à ces mêmes cœurs qu’à rafistoler maladroitement tout en souriant.

Aussi, je ne nous souhaite rien d’autre, ma princesse, que la capacité de savourer ces précieuses minutes durant lesquelles tu feras de moi toujours un peu plus ta maman. Et quand bien même le temps devrait ôter les nuances de leurs couleurs, il me restera l’intensité de leur lumière, et tant d’autres souvenirs à construire avec toi.

Je t’aime

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A chaque femme sa sage-femme

Lors d’une discussion avec Marloes, une des sage-femmes de Zwanger in Brussel qui ont suivi ma grossesse et mon post-partum, elle me racontait qu’elle venait de lire une étude publiée dans la revue Midwifery selon laquelle 80% des personnes interrogées ignorent ce qu’est exactement une sage-femme et en quoi consistent sa formation et son métier. Cela ne m’étonne pas : je me rappelle très bien avoir été dans la même ignorance lors de ma première grossesse. Or, depuis que j’ai fait l’expérience d’être accompagnée par une sage-femme (ou, en l’occurrence, par une équipe de sage-femmes) pour la naissance de June, il me tient très fort à cœur de faire savoir aux femmes qu’il existe des professionnels de la santé dont le métier est de se consacrer entièrement à l’accompagnement du couple lors de la grossesse et de l’accouchement, depuis le désir de conception d’un enfant jusque dans la période post-partum.

Si je n’avais qu’une seule chose à partager avec toutes les mamans ou futures mamans qui me lisent, ce serait le conseil de se choisir, quelle que soit la manière dont elles prévoient d’accoucher (à l’hôpital, accompagnées ou non d’un gynécologue, à la maison, peu importe), une sage-femme ou une équipe de sage-femmes avec laquelle elles se sentent en confiance.

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Pourquoi choisir de se faire accompagner par une sage-femme ?

Voici les raisons qui me viennent spontanément et qui me semblent les plus importantes ; cette liste est donc personnelle et, par le fait même, non exhaustive. Tous les témoignages qui viseraient à la compléter sont les bienvenus en commentaires de cet article.

  • Pour disposer de temps pendant les rendez-vous afin de partager ton histoire, tes sentiments, tes questions… et d’avoir la certitude d’être entendue.
  • Pour être informée et conseillée à propos de chaque procédure médicale envisagée et de ses conséquences pour le fœtus comme pour toi, et avoir le choix.
  • Pour impliquer ton homme, auquel la sage-femme s’adresse autant qu’à toi.
  • Pour aborder des questions intimes (sexualité, prise de poids, autres changements physiques liés aux bouleversements hormonaux de la grossesse et du post-partum – acné, chute des cheveux, rétention d’eaux, etc. -) en toute confiance et en sachant que celles-ci ne seront pas tout simplement évacuées si elles ne présentent pas de risque médical immédiat.
  • Pour éviter que des actes médicaux (touchers vaginaux, épisiotomie, administration de médicaments, etc.) soient effectués sans ton consentement le jour J.
  • Pour être accompagnée par quelqu’un qui vous connaît, toi, ton homme et votre bébé, durant toute la durée du travail et être véritablement épaulée en cas de besoin pour gérer la douleur et accompagner la sortie du bébé.

Mais, outre le temps (tellement précieux) et le suivi véritablement personnalisé que t’offrent la sage-femme, voici la principale raison qui rend indispensable selon moi l’accompagnement de la grossesse par une sage-femme :

  • Pour disposer d’un accompagnement globalisé : là où le gynécologue s’intéresse à la bonne santé du fœtus et de tes organes reproducteurs, là où l’anesthésiste intervient pour te proposer une méthode de gestion de la douleur, là où la pédiatre prend le relais du gynécologue une fois que l’enfant est né, chacun ayant donc des intérêts et un domaine d’expertise bien délimités, la sage-femme (dont la présence n’exclut en rien celles des acteurs précédemment mentionnés, bien entendu) va prendre en compte la mère, le bébé et même le reste de la petite famille dans leur globalité. Certes, elle va contrôler le bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement et vérifier la viabilité du fœtus puis du bébé. Mais lorsqu’elle reste quelques heures après l’accouchement ou lorsqu’elle revient les jours suivants, elle ne se contente pas de soigner la maman et de peser le bébé, elle va également s’intéresser à la relation du nourrisson avec sa mère, elle va aider à mettre en place et à poursuivre l’allaitement, elle va s’enquérir de la fatigue du papa, surveiller l’état psychologique de la jeune maman, demander comment le nouveau bébé a été accueilli dans la fratrie, etc. Selon les besoins exprimés aux différentes étapes de la grossesse, elle va parler allaitement, portage, couches-lavables ou méthodes de préparation à la naissance.

Cette approche globalisée de la naissance, seule la sage-femme est en mesure de te l’offrir et c’est un soutien des plus précieux. C’est pourquoi, selon moi, chaque femme devrait pouvoir été accompagnée par sa sage-femme, durant toute la durée de la grossesse et du post-partum si ceux-ci ne présentent pas de risque.

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EDIT 14/10/16 : je viens de retrouver cette photo de June pesée par Elke,  à la maison, peu après sa première tétée.

En attendant que nos institutions de santé publique comprennent tout le bien qui pourrait découler de la banalisation du suivi médical de la grossesse par les sage-femmes (diminution du coût des suivis pour la sécurité sociale, prévention du baby-blues ou du burn-out parental, notamment), j’ai demandé à Marloes de nous expliquer en quoi consiste exactement le métier de sage-femme. Voici ses réponses :

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Les naissances de Django et de June : de l’accouchement à l’hôpital à l’accouchement assisté à domicile

Autant l’annoncer tout de suite : cet article est l’un des plus intimes et des plus personnels que j’ai écrits sur ce blog. Il ne s’agit absolument pas d’un plaidoyer pour l’accouchement assisté à domicile (AAD) ou d’un billet militant contre la péridurale ou toutes autres formes de médication. Ce n’est pas non plus une synthèse informative, comme j’aime souvent en écrire. Je dévoile ici un petit morceau de mon histoire (enfin, plutôt une longue tartine car, tu me connais, je suis incapable de faire court) ; je ne prétends rien faire d’autre. Ce faisant, je m’adresse à toutes mes lectrices (mes lecteurs ?), et plus particulièrement à toutes celles qui m’ont demandé de faire ce récit, qu’elles aient elles-mêmes vécu un AAD ou qu’elles soient aussi ignorantes sur ce sujet que je l’étais lors de ma première grossesse. Si cette lecture suscite chez ces dernières des questions d’ordre pragmatique, je serai heureuse d’y répondre en commentaire ou dans un article plus théorique.

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La magie du « Blessingway » : organiser et vivre une cérémonie prénatale

Il y a quelques mois, une amie proche m’a proposé de m’organiser une cérémonie prénatale – appelée en anglais Blessingway, littéralement « chemin de bénédiction » – qui a tout naturellement trouvé sa place dans la préparation de cette deuxième grossesse que je souhaite « physiologique » (Ô le triste barbarisme pour signifier que je souhaite une grossesse et une naissance qui respectent mon corps et celui de mon bébé, qui s’appuient sur mes forces mentales et physiques, qui fassent de moi et mon bébé à naître les acteurs de cette incroyable aventure qu’est donner la vie…). Entourée de quelques amies intimes le temps d’une soirée, j’ai puisé en elles, dans leurs attentions, leurs regards et leurs sourires, une précieuse dose de tendresse et d’apaisement.

S’il est impossible de partager ici la magie de ce moment, je me propose de t’en raconter le déroulement et de partager quelques idées pour une Blessingway réussie. Pour cela, j’emprunte les mots que mon amie Lexane a utilisés pour m’expliquer comment elle envisageait le déroulement de cette cérémonie et me laisser choisir les activités qui me convenaient le mieux. Merci encore à elle du fond du cœur !

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Trois films qui posent un autre regard sur la naissance

J’aimerais te parler de cette deuxième grossesse, de combien elle diffère pour moi de la première, des émotions et des sentiments si contradictoires qui me traversent, de ma joie à préparer un accouchement que j’imagine très différent de celui de Django… Mais les choses se bousculent tant dans ma tête que j’éprouve des difficultés à faire la part des choses, à déterminer ce qui serait vraiment intéressant à partager, quelle place laisser à mon ressenti pour ne pas tomber dans un dévoilement intime qui ne servirait que mon ego narcissique, quelles informations pourraient être intéressantes à transmettre alors que je ne suis pas une spécialiste de la question…

Je choisis donc pour l’instant de partager ici quelques-unes de ressources qui accompagnent ma réflexion et mon cheminement vers une naissance respectueuse de la physiologie de la femme et de l’enfant, et où ceux-ci sont considérés comme les acteurs principaux de la formidable aventure qui consiste à donner la vie. Je commence aujourd’hui avec trois films qui posent sur l’accouchement un regard tout autre que celui qui était le mien lorsque je suis tombée enceinte de Django. Que les remises en question auxquelles ils invitent te semblent depuis toujours des évidences ou que tu découvres, comme moi, des horizons jusqu’il y a peu insoupçonnés, j’espère que tu les trouveras inspirants.

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L’allaitement pardon : lettre-poème

Avec presque 2000 vues en l’espace de quelques mois, l’article « L’allaitement, tout naturellement ? » est loin d’être le billet le plus lu de Minuscule Infini, mais à en croire vos tendres retours et vos courriels de remerciement, il est l’un de ceux qui vous a le plus touché.

Parmi toutes ces réponses, il en est une, arrivée récemment, en forme de lettre-poème, que j’ai eu envie de publier pour la partager avec vous, parce qu’à travers l’histoire de quelques gouttes de lait, elle raconte en filigrane toute l’ambiguïté des sentiments qui font de nous des mères : étonnement, impatience, incrédulité, douleur, joie, culpabilité, courage, ténacité, amour inconditionnel… et difficulté d’être traversée par tant de sentiments – parfois contradictoires – à la fois.

Je n’ai pas été préparée à l’arrivée de mon Petit.
Je n’ai pas profité de ma grossesse. De ces neuf mois de saveurs, de sensations uniques.
Neuf mois extrêmement compliqués, dans un « déni conscient ».
J’ai eu hâte de te voir arriver, pour « passer à autre chose », reprendre un cours de vie normal, avec un petit en plus.

Et puis tu es arrivé, un dimanche. Pour la fête des Mamans.
Tu ne me feras jamais de plus beau cadeau que ce jour-là.

J’ai vu ta bouille pour la première fois.
« Il est à moi ? c’est le mien ? pour de vrai ? »

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Corps de maman, corps de femme : 3 comptes Instagram à suivre pour mieux (s’)aimer

Je l’écrivais ici dernièrement (et je te remercie d’ailleurs pour la tendresse avec laquelle tu as accueilli cet article sur la page FB de Minuscule infini), le corps de la femme et les changements que lui font vivre la maternité, ou tout simplement, le fait de vieillir, sont au cœur des questionnements qui me traversent. Pas facile de composer entre, d’une part, la fierté éprouvée pour ce corps qui a porté et mis au monde les êtres que nous chérissons le plus et, d’autre part, l’incompréhension à géométrie variable – teintée de curiosité, d’amertume, d’inquiétude ou de joie – suscitée par tous les chamboullements psychiques et physiques qu’implique l’arrivée d’un enfant.

Lorsqu’on ajoute à cela tous les impératifs de la vie (le boulot, les corvées ménagères, le train-train frénétique) et la pression sociale (réussite, épanouissement, zénitude, flexibilité, efficacité, disponibilité, créativité, énergie), il y a de quoi devenir légèrement schizophrène. Pour me soigner, quand je préfère éviter de me lancer dans de grands discours sur comment il faudrait changer la société et le rôle dévolu aux femmes (c’est-à-dire, également celui dans lequel on confine les hommes), je me plonge dans les sublimes photographies et les émouvants témoignages qui les accompagnent de trois comptes Instagram que je te conseille vivement de suivre, parce qu’ils font du bien au mental et qu’ils enseignent l’empathie.

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Me rêver princesse, dans mon corps de maman

Je ne suis pas Super Woman. C’est dommage, j’aurais bien voulu, mais j’ai filé mes collants et le « S » de mon costume est parti au lavage. Vraisemblablement l’ampleur de la tâche dépasse largement la puissance de mes pauvres petits bras. Je suis désolée, mon bébé, si j’oublie si souvent que c’est normal de ne pas pouvoir jouer sur tous les tableaux de la vie en même temps, si je laisse parfois la fatigue gagner et que je me mets en colère contre moi-même de n’être pas à la hauteur. Ne t’inquiète pas, mon chéri, ce n’est que le temps de verser une petite (minuscule) larme. Après, on ira à nouveau jouer à l’infini dans le jardin tous les deux, on cueillera des fleurs et on marchera sur des pelouses interdites, je mettrai une jolie robe, et papa et toi vous me laisserez croire encore que je suis une princesse, de pacotille certes, mais une princesse !

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« Pour une enfance joyeuse » : le b.a.-ba de la parentalité bienveillante

Couches lavables, pédagogies actives (« Reggio », « Montessori », « Steiner-Waldorf », etc.), hygiène naturelle infantile, diversification alimentaire menée par l’enfant, lit au sol, doula, accouchement en plateau de naissance ou à domicile, haptonomie, langue des signes pour bébé, allaitement long, motricité libre, portage, cododo… : s’intéresser de près ou de loin à la parentalité « bienveillante » ou « positive », au « maternage proximal », implique de pénétrer dans un univers peuplé d’expressions obscures (d’autant plus si elles figurent sous forme d’acronyme : LM, CL, HNI, DME, etc.) et de pratiques hors normes. Pas toujours facile de s’y retrouver ! Il y a peut-être de quoi se décourager devant la multiplicité des approches et la somme de connaissances à acquérir.

Bien entendu, il existe des tas de livres qui permettent de creuser très sérieusement ces questions, mais les ouvrir implique qu’on se soit déjà assez intéressé à ces sujets que pour avoir envie de chercher des réponses étayées.

La bonne nouvelle ? Le dernier hors-série du magazine Kaizen, intitulé « Pour une enfance joyeuse », se propose de te donner les clés de cet univers, en dressant un fantastique panorama de tout ce qui se fait en matière de parentalité positive, depuis le désir d’avoir un enfant jusqu’au 6 ans de celui-ci. Honnêtement, voilà une petite pépite journalistique qui vaut largement le détour !

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