De l’infini petit à l’infiniment grand : cinq albums pour découvrir la planète, dès cinq ans

De l’infini petit à l’infiniment grand, de la petite graine plantée au printemps jusqu’à l’inscription de notre planète dans le système solaire, voici cinq albums coup de cœur pour voyager avec nos enfants à la découverte de notre planète bleue. Car la sensibilisation aux richesses de notre terre et à la nécessité de préserver celles-ci passe assurément par un contact fréquent avec la nature et… une belle bibliothèque !

Ça pousse comment ?* de Gerda Muller

Gerda Muller, généralement bien connue des les foyers qui pratiquent les pédagogies actives pour ses célèbres albums sans texte sur les saisons*, met à profit son talent pour dessiner la nature dans un album qui détaille les différents mystères que recèlent un jardin et son potager.  Au travers de quelques histoires de la vie quotidienne, on découvre la vie du jardin au fil de l’année, le minutieux travail du jardinier, les différentes étapes de croissance de quelques légumes, etc. Le livre s’achève sur une invitation adressée aux plus citadins d’entre nous à cultiver leurs terrasses et leurs balcons. Incontestablement, Ça pousse comment ?* est un titre incontournable dans sa catégorie !

Plantes vagabondes* d’Emilie Vast

Plus récent, l’album Plantes vagabondes*  a fait le tour des comptes Instagram au printemps dernier ; son succès est amplement mérité, puisque les illustrations très graphiques d’Emilie Vast, qu’à la maison nous avions déjà adorées dans En t’attendant*, sont ici mises au service d’un propos aussi original qu’intelligent : il s’agit de découvrir sous forme de courtes histoires différentes manières pour les plantes de se reproduire. Autant te dire que j’ai appris presque autant de choses que mon fils. Celui-ci a été particulièrement séduit par cet album. La capacité de la violette à mitrailler ses graines de toutes parts a notamment remporté un franc succès !

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Tout ce qu’il faut pour une cabane

Tout ce qu’il faut pour une cabane* : c’est un titre en forme de promesse que celui de cet album que Emily Hugues, dessinatrice dont je t’ai déjà parlé sur ce blog, signe avec Carter Higgins. Il ne faut pas y voir une leçon de pragmatisme : ici, il ne sera pas question d’apprendre l’art savant du nouage ou de l’assemblage de planches à des hauteurs vertigineuses. L’album, édité chez Albin Michel jeunesse dans sa version française, est une invitation à rêver le nez en l’air, à la découverte des chatoyants jeux de lumière qui habitent le feuillage des plus grands arbres. Car…

« ce qu’il faut pour une cabane, c’est avoir du temps pour lever les yeux, et imaginer »

 

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Dans la famille « living book », je demande… Sissi, aussi libre que le vent

J’ai envie de te parler d’un bel album que j’ai reçu des Editions Gründ Jeunesse et qui me permet de sortir un peu de la tranche d’âge de mes enfants, puisqu’il est adressé aux jeunes lecteurs à partir de six ans : Sissi, aussi libre que le vent*.

D’emblée, j’ai eu envie de ranger cet album dans la catégorie des « living book », terme utilisé par la pédagogue Charlotte Mason pour désigner les livres qui, outre un contenu relativement consistant, véhiculent certaines valeurs morales et témoignent de l’engagement de leur auteur à l’égard de leur sujet. Sissi, aussi libre que le vent*, album richement documenté qui retrace les principaux épisodes de la vie de la célèbre impératrice d’Autriche et reine de Hongrie en insistant tout particulièrement sur le caractère de cette femme et l’abnégation dont elle dut faire preuve, entre parfaitement dans cette catégorie !

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Le temps qui passe et la symbolique de l’héritage : deux albums pour les 3-6 ans

Sauf quand il s’agit de déplier une explication scientifique (du type « comment fait-on les bébés »), j’aime que les albums jeunesse – et la littérature en général – ne soient pas trop explicites. J’aime que la poésie d’un livre nous permette d’y trouver les réponses que nous sommes venus chercher – consciemment ou inconsciemment – ou qu’au contraire elle nous incite à nous questionner. J’aime que le texte et le dessin puissent susciter des lectures multiples, en fonction de l’âge ou du tempérament de leur jeune lecteur. Je déteste les livres pour enfants aux morales simplistes – et bien souvent fausses – (« sois gentil dans la vie, ou tu n’auras pas d’ami »), qui me donnent toujours l’impression de prendre les enfants pour des imbéciles.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi j’ai eu un véritable coup de cœur pour Ici et là, les maisons d’Akira et Mon arbre, deux albums qui abordent, de manière très différente, la symbolique de l’héritage générationnel et la question du temps qui passe, en approchant de ce fait quelques thèmes essentiels pour les enfants autour de trois ou quatre ans : la famille, la vieillesse et la mort.

Ici et là, les maisons d’Akira*

Sous la forme d’un conte initiatique, les fabuleux dessins de Clotilde Perrin nous font voyager à travers les différentes étapes de la vie d’Akira : chaque grand moment de la vie (la naissance, l’indépendance, l’amour…) vient s’incarner dans l’architecture d’une « maison ». La poétique de l’espace est particulièrement bien menée par l’auteure Claire Ubac : le talent de l’album à demeurer du côté de la suggestion permet différents niveaux de lecture, ce qui en fait un album particulièrement adéquat pour les fratries, et la symbolique spatiale permet à l’enfant d’appréhender ces grands moments de passage sur le registre du sensible plutôt que sur un mode intellectuel. Autrement dit, on n’est pas du côté de l’explication, mais du côté de l’image : il s’agit pour l’enfant de ressentir par son imaginaire et son corps plutôt que de saisir par la raison, c’est-à-dire de faire appel au vecteur d’apprentissage privilégier des enfants avant six ou sept ans (et que notre société contemporaine a par ailleurs plutôt tendance à négliger).

Mon arbre*

Un grand-père plante un arbre pour la naissance de son petit-fils. Chaque année, l’anniversaire de l’enfant est l’occasion de rendre visite à l’arbre et de déposer à son pied une pierre. Le petit garçon et son grand-père se tiennent à ce rituel jusqu’à la mort de ce dernier. Par la suite, l’adolescent puis l’adulte continuera de bâtir année après année un muret autour de son arbre, en-dessous duquel joue désormais son propre enfant. Il entretient le souvenir de son grand-père, finissant par atteindre l’âge de ce dernier au moment de sa naissance, puis à le dépasser. Page après page, le temps chemine et les générations se dessinent à travers les riches illustrations d’Emilie Angebault. À travers la symbolique de cet arbre destiné à abriter sous son feuillage des générations de jeux d’enfants, ce sont les thèmes de la transmission et de l’héritage que Mélanie Edwards aborde de manière tendre et touchante. L’album se termine par le dessin d’un arbre généalogique que l’on peut soi-même compléter. Sur ses branches se tiennent un nain et une fée, deux de ces personnages imaginaires qu’on retrouve à chaque page telles de subtiles allusions aux jeux du narrateur lorsqu’il rendait visite à son arbre en compagnie de son grand-père : une manière de souligner que les échos de l’enfance perdurent malgré les années qui passent… et malgré les épreuves que nous imposent la vie.

 

Ma bibliothèque Reggio

Dans une tentative de répondre à une demande qui m’est régulièrement adressée, voici une esquisse de ressources autour de l’approche Reggio, qui est, comme tu le sais peut-être, la « pédagogie active » avec laquelle je me sens le plus en phase. Cette liste est bien entendu non exhaustive (il s’agit seulement de présenter mes ressources préférées, pas de te noyer sous les références), amenée à évoluer et participative : tu es libre de l’enrichir de tes suggestions et de tes impressions de lecture via la section « commentaires » de cet article (ou via l’onglet « contact » ci-dessus, si tu ne souhaites pas laisser directement ton empreinte sur le blog). Je retiendrai de temps en temps les propositions qui me semblent les plus pertinentes pour étayer cette bibliothèque Reggio.

[photo de l’été dernier]

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Ce que j’aime vraiment

Avec Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin signent la cinquième des histoires de leur jeune héros Archibald*. Cette fois, le thème est la confiance en soi et, comme toujours, l’album déborde de bienveillance : Archibald a beau s’entraîner beaucoup, il ne parvient pas à améliorer son jeu au tennis ; sa maman l’emmène donc faire une promenade en forêt, suite à laquelle Archibald comprend l’intérêt de découvrir ce qu’il aime vraiment afin de s’y consacrer pleinement ; c’est un soir qu’il ne cherche plus qu’il le découvre…

On ne peut que se réjouir qu’Archibald remplace Tchoupi ou Petit ours brun sur les rayonnages de la bibliothèque familiale. L’histoire est crédible et adaptée aux enfants entre trois et six ans, les dessins sont réalistes et non genrés, le message évite la finale moralisatrice ou simpliste. La poésie des précédents opus est toujours présente également. Cet album plaira tout particulièrement aux parents qui se réclament de la pédagogie Montessori et / ou de la communication non violente. Je regrette simplement qu’il n’ait pas l’humour ravageur de son grand frère – Au lit ! (clique pour découvrir sa chronique) – qui, sous couvert de s’adresser aux enfants, donnait une bonne leçon de vie aux parents (et ça, j’aime beaucoup, évidemment).

 

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Les albums incontournables d’Emily Hugues

Il y a, dans la littérature jeunesse, de ces albums si beaux et si touchants que je les sais capables de résister aux plus violentes de mes aspirations au minimalisme ; ceux d’Emily Hugues en font incontestablement partie. Son trait – que l’on ne peut qualifier que de foisonnant – emporte ses lecteurs dans un univers sauvage, mystérieux et contrasté, dans lequel évoluent de petits héros confrontés, en dépit de leur courage, à de dures épreuves. Bien sûr, leur appétit de vivre finit par triompher. Bercés par la musicalité du texte, les enfants entre deux et cinq ans ne manqueront sans doute pas de s’identifier à ces cœurs à la fois téméraires et fragiles, pour comprendre intuitivement que différence n’est pas synonyme de faiblesse et que, parfois, la reconnaissance arrive là où on ne l’attendait pas.

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Enfin, parce que leur dessin fait la part belle à la faune et à la flore les plus extraordinaires, ces albums constituent un merveilleux moyen de faire entrer un peu de Nature dans son foyer. Les artistes en herbe et les parents qui aiment dessiner se plairont sûrement à s’inspirer de leur végétation luxuriante pour composer leurs propres dessins.

Retrouve ces albums sur Amazon en cliquant sur les images ci-dessus* ou chez ton libraire préféré.

Élever des papillons à l’école ou à la maison

En février, je te parlais dans cet article de notre intention d’élever des papillons pour célébrer le printemps. L’aventure a récemment pris fin, aussi je te propose de t’en faire un petit reportage en images. Toute la famille a été conquise : de la plus petite qui se demandait bien pourquoi nous passions autant de temps à observer ces bestioles, à mon aîné qui a passé de longs moments à observer la transformation des petites créatures en enrichissant considérablement son vocabulaire, en passant par mon homme qui jetait de réguliers coups d’œil à la table d’observation. Quant à moi, je devinais que j’allais être très intriguée par cette activité et ça n’a pas loupé : j’ai trouvée l’expérience à la fois passionnante et un peu inquiétante, et j’ai appris beaucoup de choses. Pédagogiquement, outre les apprentissages biologiques évidents, je trouve que c’est un fabuleux moyen pour que les jeunes enfants puissent faire concrètement l’expérience du temps qui passe (tu sais combien je suis sensible aux activités qui permettent d’appréhender ou de ritualiser le temps) !

A la suite des photos, je te donne des liens vers le kit d’élevage et d’autres ressources utiles.

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Premiers jours : les chenilles grossissent à vue d’œil dans leur petit contenant rempli de nourriture ; c’est très impressionnant.

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Balade sonore à la découverte de l’eau

C’est une lectrice de Minuscule infini (merci Léa !) qui m’a fait découvrir au détour d’un commentaire un trésor pour jeunes (ou moins jeunes) oreilles :  » chants de l’eau », « chants d’oiseaux », « concerts naturels »…, Studio les Trois Becs capture les sons de la nature qui nous environne. Ce projet a deux raisons de me plaire : je suis sensible au fait que nous vivons dans un brouhaha ambiant qui nous déconnecte du silence comme des sons d’origine naturelle, et, à l’exception des activités musicales à proprement parler, les propositions d’activités qui mobilisent le sens de l’ouïe sont peu répandues.

studiolestroisbecs04 À l’écoute des premiers morceaux, tandis que j’imagine comment introduire les chants d’oiseaux auprès de mon petit garçon de trois ans, surgit une émotion inattendue : voici soudain un petit bout de mon enfance qui m’enserre le cœur et remonte dans ma gorge ; je me vois jouant dans le jardin avec mes cousins ou observant le ciel gris depuis la fenêtre de mon bureau chez mes parents. Je jette un œil sur la pochette : c’est le chant de la mésange que ma mémoire a lié étroitement à ces souvenirs. Je croyais n’avoir jamais tendu l’oreille assez attentivement, je croyais être passée à côté de la subtilité de ces mélodies ; elles étaient là, en moi, connues de mes oreilles sans que ma bouche puisse les nommer. Étrange et intense expérience.

Trois créations du Studio les Trois Becs sont arrivées chez nous

  • Pour la plus petite, Mon imagier sonore de la nature, idéal pour tous les parents qui n’aiment pas imiter les cris des animaux (ou qui ne sont tous simplement pas très doués pour cela, uhuhuh) ; les illustrations enfantines du livre cartonné qui accompagne le disque seront plus avantageusement remplacées par des photographies des animaux en question, mais le cd en lui-même est très bien fait, présentant les cris d’une douzaine d’animaux de la ferme, suivis du chant de quelques insectes et oiseaux parmi les plus connus, pour s’achever sur des sons naturels plus inattendus (« le ruisseau », « je marche dans la neige », « le feu de bois »…) et de trois pistes destinées à l’endormissement. Atypique et précieux.
  • pour moi Pour Django, Chants d’oiseaux des bois et forêts, dont je te parlerai dans un prochain article plus longuement,
  • et enfin Les chants de l’eau que j’avais envie de te présenter aujourd’hui en guise de support à une balade sonore à la découverte de l’eau.

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Au lit !

Après les succès de Mon amour, Un amour de petite sœur et Ce que Papa m’a dit, Astrid Desbordes et Pauline Martin reviennent avec une nouvelle histoire de leur jeune héros, Archibald.

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Que les lecteurs qui sont tombés amoureux de l’un des opus précédents soient prévenus : Au lit ! , en raison de son sujet, est un album moins poétique que les précédents. Mais, à la maison, c’est celui que l’on préfère ! Avec toujours autant d’humour et de bienveillance, ses auteures s’attaquent cette fois à un sujet sur lequel la plupart des parents s’arrachent les cheveux : le sommeil. C’est avec malice qu’elles adressent un clin d’œil aux pauvres parents fatigués que nous sommes, suggérant que, dans la bataille pour la mise au lit, ce ne sont sans doute pas ceux que l’on croit qui ont le plus besoin de se reposer.

Les petits assurément ne s’y trompent pas (« Mais, mais », s’exclame en riant mon fils, « sa maman s’est endormie dans son lit et Archibald ressort son train ! Mais il n’a pas le droit ! ») tandis que les plus grands ne manqueront sans doute pas de reconnaître quelques-unes de leurs tentatives parmi les plus désespérées. Personnellement, je m’identifie beaucoup au papa qui, après s’être plongé au beau milieu de la nuit dans un ouvrage sur le sommeil des enfants, essaie subrepticement de mettre en application les précieux conseils glanés au cours de sa lecture…

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Voilà un album qui a le mérite de dédramatiser par son humour tendre le moment de la mise au lit, tout en rappelant aux parents qu’en ce qui concerne l’heure à laquelle passe le marchand de sable comme pour beaucoup d’autres domaines de la vie, il est bon de faire avant toute chose une place au ressenti de nos enfants, histoire de préserver notre propre énergie.

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Astrid Desbordes, Pauline Martin, Au lit !, Albin Michel Jeunesse

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