Plutôt que jeter #4 : transformer un lange en « béguin minute »

Non, non, je n’ai pas renoncé à partager gratuitement des patrons de couture très simples sur la Toile : je ne couds tout simplement quasi plus rien de « neuf » ; je répare, je rapièce, je transforme un vieux pantalon de papa en short pour les enfants ou une robe en pantalon de pyjama, mais pas le moindre magazine de couture n’est venu enrichir ma collection depuis deux ans et je n’ai acheté de tissu que pour des projets spéciaux (telle la petite poupée d’inspiration Waldorf cousue pour mon filleul). Je n’ai plus le temps de coudre la garde-robe des enfants et même si je l’avais, l’envie n’y serait pas : la couture a toujours été pour moi un outil plus qu’une passion, et j’aime décidément bien trop les vêtements éthiques pour enfants que pour éprouver la nécessité d’inventer et de coudre mes propres modèles.

Du coup, si je me mets derrière mes machines, il faut que cela soit hyper rentable : un parfait compromis entre 1) voir diminuer la montagne de tissu de récup’ qui menace d’envahir mon chez-moi, 2) dans une durée de temps plus que raisonnable, 3) pour un résultat qui promet d’être probant. Autant de considérations qui me décident à rédiger ce tutoriel particulièrement facile d’un béguin réalisé pour ma poupée l’été dernier et qui s’avère parfait pour le printemps qui vient de poindre.

Ce « béguin minute » est réalisé à partir d’un petit lange en coton organique qui ne nous servait plus et auquel je suis particulièrement heureuse d’avoir donné une nouvelle vie tant je l’aimais. Je suis sûre que toi aussi tu trouveras bien un joli lange taché ou avec un fil tiré que tu pourras transformer en joli béguin : grâce à lui, c’est un ourlet en moins que tu devras coudre, et autant d’énergie et de temps sauvés !

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Plutôt que jeter #2 : tawashi party !

Voilà trois ans que le tawashi tissé a fait son apparition sur Fabriqué en utopie. J’avoue, je ne m’y suis pas mise aussitôt : ce n’est pas tant la flemme d’enfoncer vingt clous sur une planche de bois qui m’a freinée que la perspective de devoir ensuite ranger cette planche en bois cloutée quelque part ; j’imaginais déjà la chose errer sans place bien définie entre l’armoire de la cuisine et l’endroit où je stocke mon matériel de couture, l’horreur (bon, évidemment, tout est relatif, mais pour moi qui ne suis que joie dès que je peux me désencombrer de quelque chose, c’était un véritable frein). Quand Lilacam a démontré il y a quelques mois qu’il suffisait de fixer quelques pinces à linge sur un récipient pour se fabriquer un métier à tisser de fortune, je n’avais plus aucune excuse !

*

J’ai commencé par découper un vieux t-shirt et une paire de bas filée (car oui, Fabriqué en utopie a trouvé comment donner une seconde vie aux bas filés et aux chaussettes orphelines, si ce n’est pas merveilleux ça !), et puis c’est devenu tellement addictif que la totalité de ma garde-robe a bien failli y passer. Après les petits tawashis tissés à taille d’éponge (dont je ne me sers toutefois pas pour faire la vaisselle car je les trouve peu efficaces pour cela, mais pour nettoyer les surfaces, c’est parfait), je me suis mise à rêver à de plus grandes pièces… pour lesquelles il m’a bien fallu sortir une planche (gigantesque, en plus) et des clous. Mais je n’en avais cure : j’étais devenue addict. C’est ainsi que sont apparus dans ma salle-de-bain deux tapis en tawashi tissé dont je suis très fière, parce que cela faisait des plombes qu’il nous fallait quelque chose d’autre qu’une serviette déposée au sol au sortir de la douche, que la seule alternative que je trouvais acceptable était ce beau tapis de bain en bois chez Landmade, mais que quand j’ai des sous à dépenser chez Landmade, il y a plein de choses drôlement plus attractives à mon goût qu’un tapis de bain (aussi esthétique celui-ci soit-il). Bref, mon fils a été ravi d’enfoncer des centaines de clous, et moi je suis très satisfaite de mes tapis de bain qui ne m’ont rien coûté et qui m’ont permis de recycler une belle quantité de linge qui était initialement destinée à finir à la poubelle. Actuellement, je rêve de paniers.

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Matériaux de récup’ pour paniers aux trésors

Paradoxe de mon quotidien : d’un côté, je passe un temps considérable à trier, donner, jeter, ranger pour libérer de l’espace, de l’autre, j’accumule les bouchons de lait et de vin, les pommes de pin, les papiers colorés, les boîtes, les matériaux d’emballage, les pièces de petites voitures cassées que mon fils refuse de jeter… Reggio et minimalisme ne sont décidément compatibles qu’à condition de faire de la nature le terrain de jeu exclusif (ce qui serait, de mon point de vue, tout à fait super). Bon, pour être un minimum cohérente, j’essaye de limiter tout nouvel achat de matériel et de faire avec ce dont recèlent nos armoires. Et, bonne nouvelle, les enfants ne demandent souvent pas mieux !

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Quand je vide les armoires dans l’espoir d’y voir plus clair et de faire varier les paniers et plateaux à disposition des enfants

June est à cet âge délicieux où le moindre objet est digne d’un intérêt soutenu… à condition de varier les propositions !

Ma maman a bien résumé la chose, l’autre jour, en s’exclamant : « June, elle ne veut jamais jouer avec SES jouets ! Elle ne s’intéresse qu’au contenu des tiroirs de cuisine et aux petites voitures de son frère ! ». Ils me font doucement rire, les jouets en question pensés pour les moins de un an : malgré leurs jolies couleurs et leurs bruits interpellants, ils ne pourront jamais rivaliser avec cette fabuleuse louche en inox dont un adulte semble avoir une si grande utilité ou les véhicules extraordinaires pour lesquels le grand frère a tant d’intérêt. J’ai bien gardé un ou deux hochets de bois que JE trouve vraiment beaux, mais passés quatre ou cinq mois, June les a snobés après dix minutes au même titre que les peluches qui font « pouet » ou les livres à froisser. À la rigueur, ceux qui peuvent se mâchouiller ou se regarder sans fin ont le droit de rester (quelques animaux en bois ; les premiers imagiers), les autres sont priés de faire place…

Mais place à quoi ?

Aux paniers aux trésors, pardi, emplis de tous les objets que tu glaneras dans la maison. Je relis cet article écrit à l’époque où Django avait le même âge que June aujourd’hui, et je me rends compte que mes enfants ont beau être de caractères fort différents, il y a des objets qui possèdent vraisemblablement un pouvoir d’attraction incontestable sur les bébés de huit-dix mois. Une cuiller, par exemple, ou une bouteille d’eau ! Très naturellement, on reprend donc les mêmes et on recommence. L’activité ne coûte rien, est rapide à monter et occupe bien, à condition de la renouveler au bout de quelques jours.

Sur ces photos, j’ai composé trois paniers sensoriels : un panier d’objets en bois/bambou/osier, un panier d’objets en métal, un panier d’objets en tissu. Sans surprise, June affectionne tout particulièrement celui qui fait le plus de bruit. Emma m’a écrit sur Instagram : « Quand les objets parlent, c’est tellement plus rigolo ! » ; je me suis dit que la formule était belle.

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La balle de préhension vient de chez Fool de Wool, nos paniers sont presque tous issus de chez Oxfam et le reste sort des tiroirs de la cuisine et de la salle-de-bain ou de mon armoire à couture. Le meilleur, dans l’histoire, étant que mon fils de trois ans ne peut s’empêcher de faire lui aussi l’inspection des paniers… et d’improviser un concert sur casserole que sa petite sœur se fait une joie d’imiter.

Et si tu cherches June une fois qu’elle a vidé intégralement le contenu de ses paniers et s’en est détournée, ne t’inquiète pas : ces petits pieds qui seuls dépassent de l’armoire à « loose parts » malgré tout le soin que tu auras pris à en bloquer les poignées sont assurément les siens ; le reste de son corps doit être en train de s’interroger sur la possibilité de gober une châtaigne ou de tester la qualité du grain du papier à dessin.

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