Étiquette : maternité

Aux mères-veilleuses, malgré la douleur, malgré la peine

31 août, veille de rentrée scolaire. J’ai étiqueté l’ensemble des affaires des enfants ; je vérifie une dernière fois les listes respectives ; je fais deux tas. J’embarque les affaires de Django dans la charrette que j’accroche à l’arrière du vélo pour transporter les enfants. J’ajoute du jus de fruits et un gâteau confectionné la veille. Nous nous sommes levés tôt  June s’est levée (beaucoup trop) tôt. J’ai aidé les enfants à s’habiller, j’ai préparé le petit déjeuner. Comme tous les matins. Je me dis que je n’ai pas prévu pour eux de « tenues de rentrée ». Tout le monde est souriant aujourd’hui. Il fait beau. Je beurre une tartine et je me souviens que j’ai oublié d’ajouter des sacs pour le linge sale dans les affaires que June emportera à la crèche. Elle commence son « acclimatation » (oh le barbarisme…) dans quatre jours. Les enfants sont heureux de mettre leur casque et de s’installer dans la charrette qui a rendu possible toutes nos aventures de l’été. Je m’installe sur le vélo. La jardinière de Django nous a invité à un brunch de retrouvailles à l’école, et je lui suis reconnaissante d’avoir organisé cette activité qui permettra à tous d’apaiser l’effervescence de la rentrée et d’éviter des embrassades trop déchirantes le lendemain matin. Les enfants sont ravis de jouer dehors et il faut voir avec quel naturel ils s’installent aux tables que nous avons disposées dans la cour pour manger, se passant des muffins aux myrtilles ou réclamant plus de jus de pomme ; on n’a pas l’impression que deux mois viennent de passer. Le week-end dernier, nous avons terminé les divers travaux de couture et d’ébénisterie nécessaires et nous avons tout nettoyé. Les enfants sont curieux de cette nouvelle disposition, qu’ils découvriront véritablement le lendemain. Je n’oublie pas de déposer toutes les affaires de Django. Il m’aide à installer son couchage à l’étage.

Sur la route, un automobiliste klaxonne derrière moi ; je prends peur car j’imagine le pire (la charrette en train de se détacher), je freine de toutes mes forces. J’ai changé les freins (à disque…) la veille, la route est humide : le vélo glisse et se couche sur moi. Je heurte méchamment le bitume.

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Ni néonat’ ni maternité traditionnelles : le « M-star » ou le travail de sage-femmes pas comme les autres

En novembre dernier, j’ai eu la chance de rencontrer Élodie, sage-femme et ancienne chef de service de l’unité M-star du CHU Saint-Pierre. Élodie est Française, elle vient de Marseille et cela fait maintenant 10 ans qu’elle travaille comme sage-femme en Belgique. Elle est aussi l’heureuse maman de deux enfants de 8 et 1 ans.

En 2008, l’hôpital Saint-Pierre a fait un pari : réunir auprès de leurs mamans au sein de la maternité (« M ») les nourrissons nés prématurément qui n’ont pas ou plus besoin de l’assistance des soins intensifs de la néonatalogie (les bébés « n* »). C’est ainsi qu’a été créée l’unité M-star qu’Élodie a dirigé jusque février dernier (l’équivalent de ce qu’on appelle les « unités kangourou » en France).

C’est pour me faire part de la spécificité de son travail de sage-femme qu’Élodie m’a proposé de me faire visiter son service : inutile de te dire que j’ai sauté sur cette occasion en or de 1) mieux comprendre le travail des sages-femmes, d’une part, et 2) de mettre en valeur une initiative qui vise à redonner confiance aux mamans dans leurs capacités à s’occuper de leurs bébés.

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La magie du « Blessingway » : organiser et vivre une cérémonie prénatale

Il y a quelques mois, une amie proche m’a proposé de m’organiser une cérémonie prénatale – appelée en anglais Blessingway, littéralement « chemin de bénédiction » – qui a tout naturellement trouvé sa place dans la préparation de cette deuxième grossesse que je souhaite « physiologique » (Ô le triste barbarisme pour signifier que je souhaite une grossesse et une naissance qui respectent mon corps et celui de mon bébé, qui s’appuient sur mes forces mentales et physiques, qui fassent de moi et mon bébé à naître les acteurs de cette incroyable aventure qu’est donner la vie…). Entourée de quelques amies intimes le temps d’une soirée, j’ai puisé en elles, dans leurs attentions, leurs regards et leurs sourires, une précieuse dose de tendresse et d’apaisement.

S’il est impossible de partager ici la magie de ce moment, je me propose de t’en raconter le déroulement et de partager quelques idées pour une Blessingway réussie. Pour cela, j’emprunte les mots que mon amie Lexane a utilisés pour m’expliquer comment elle envisageait le déroulement de cette cérémonie et me laisser choisir les activités qui me convenaient le mieux. Merci encore à elle du fond du cœur !

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Le portage, ou comment je suis « entrée en maternage »

La semaine internationale du portage a commencé hier. L’occasion pour moi de me rendre compte que, malgré l’importance qu’il a pris dans notre vie, je n’ai jamais évoqué ici le portage physiologique. En réalité, je n’ai pas l’impression d’avoir l’expertise pour le faire : je ne suis pas une « collectionneuse » d’écharpes et de porte-bébés (les valeurs que je m’efforce de respecter – et mes finances – ne m’y autorisent pas vraiment…), je n’ai suivi aucune formation, et je peux donc pas me permettre de t’écrire de longues tartines à propos de mon amour pour tel nouage ni de précieux comparatifs des différents modèles de porte-bébés physio.

Cependant, je sais, par les commentaires que souvent tu me laisses, que beaucoup arrivent sur ce blog un peu par hasard et y découvrent ensuite des alternatives à la manière dont ils envisageaient jusque-là la parentalité. C’est d’abord à ces personnes que je pense en écrivant cet article, qui est, comme souvent sur Minuscule infini, plus une lettre d’amour pour le portage qu’un long compte rendu bien documenté (mais promis, je te renvoie vers plein de liens très sérieux qui t’expliqueront tout bien mieux que moi). Il est aussi adressé à celles et ceux qui, comme moi, ont crée par le portage une connexion tout à fait particulière avec leur enfant, et que ce témoignage toucherait.

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L’allaitement pardon : lettre-poème

Avec presque 2000 vues en l’espace de quelques mois, l’article « L’allaitement, tout naturellement ? » est loin d’être le billet le plus lu de Minuscule Infini, mais à en croire vos tendres retours et vos courriels de remerciement, il est l’un de ceux qui vous a le plus touché.

Parmi toutes ces réponses, il en est une, arrivée récemment, en forme de lettre-poème, que j’ai eu envie de publier pour la partager avec vous, parce qu’à travers l’histoire de quelques gouttes de lait, elle raconte en filigrane toute l’ambiguïté des sentiments qui font de nous des mères : étonnement, impatience, incrédulité, douleur, joie, culpabilité, courage, ténacité, amour inconditionnel… et difficulté d’être traversée par tant de sentiments – parfois contradictoires – à la fois.

Je n’ai pas été préparée à l’arrivée de mon Petit.
Je n’ai pas profité de ma grossesse. De ces neuf mois de saveurs, de sensations uniques.
Neuf mois extrêmement compliqués, dans un « déni conscient ».
J’ai eu hâte de te voir arriver, pour « passer à autre chose », reprendre un cours de vie normal, avec un petit en plus.

Et puis tu es arrivé, un dimanche. Pour la fête des Mamans.
Tu ne me feras jamais de plus beau cadeau que ce jour-là.

J’ai vu ta bouille pour la première fois.
« Il est à moi ? c’est le mien ? pour de vrai ? »

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Corps de maman, corps de femme : 3 comptes Instagram à suivre pour mieux (s’)aimer

Je l’écrivais ici dernièrement (et je te remercie d’ailleurs pour la tendresse avec laquelle tu as accueilli cet article sur la page FB de Minuscule infini), le corps de la femme et les changements que lui font vivre la maternité, ou tout simplement, le fait de vieillir, sont au cœur des questionnements qui me traversent. Pas facile de composer entre, d’une part, la fierté éprouvée pour ce corps qui a porté et mis au monde les êtres que nous chérissons le plus et, d’autre part, l’incompréhension à géométrie variable – teintée de curiosité, d’amertume, d’inquiétude ou de joie – suscitée par tous les chamboullements psychiques et physiques qu’implique l’arrivée d’un enfant.

Lorsqu’on ajoute à cela tous les impératifs de la vie (le boulot, les corvées ménagères, le train-train frénétique) et la pression sociale (réussite, épanouissement, zénitude, flexibilité, efficacité, disponibilité, créativité, énergie), il y a de quoi devenir légèrement schizophrène. Pour me soigner, quand je préfère éviter de me lancer dans de grands discours sur comment il faudrait changer la société et le rôle dévolu aux femmes (c’est-à-dire, également celui dans lequel on confine les hommes), je me plonge dans les sublimes photographies et les émouvants témoignages qui les accompagnent de trois comptes Instagram que je te conseille vivement de suivre, parce qu’ils font du bien au mental et qu’ils enseignent l’empathie.

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Me rêver princesse, dans mon corps de maman

Je ne suis pas Super Woman. C’est dommage, j’aurais bien voulu, mais j’ai filé mes collants et le « S » de mon costume est parti au lavage. Vraisemblablement l’ampleur de la tâche dépasse largement la puissance de mes pauvres petits bras. Je suis désolée, mon bébé, si j’oublie si souvent que c’est normal de ne pas pouvoir jouer sur tous les tableaux de la vie en même temps, si je laisse parfois la fatigue gagner et que je me mets en colère contre moi-même de n’être pas à la hauteur. Ne t’inquiète pas, mon chéri, ce n’est que le temps de verser une petite (minuscule) larme. Après, on ira à nouveau jouer à l’infini dans le jardin tous les deux, on cueillera des fleurs et on marchera sur des pelouses interdites, je mettrai une jolie robe, et papa et toi vous me laisserez croire encore que je suis une princesse, de pacotille certes, mais une princesse !

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