Étiquette : motricité fine

Plutôt que jeter #1 : cirer les chaussures… en couleurs !

Cirer ses chaussures, voilà bien une activité de vie pratique par excellence pour le cycle 3 à 6 ans dans la pédagogie montessori. L’idée est bonne : l’enfant travaille sa motricité fine et sa faculté de concentration, en même temps qu’il se fixe un objectif et détermine toutes les étapes nécessaires pour y arriver (ôter les salissures du soulier, appliquer le cirage, attendre un instant, lustrer la chaussure à l’aide d’une brosse ; aaaaah les fameuses compétences exécutives dont je te parlais l’autre jour). Si bien que c’est une activité que nous avons déjà pratiquée quelques fois Django et moi ; cet été, nous avons même tenté de réaliser notre propre cirage à base de cire d’abeille (mais la recette n’était pas très équilibrée et le cirage trop dur pour que Django puisse vraiment l’utiliser).

Depuis plusieurs mois, mon fils me réclame du cirage rouge pour redonner leurs éclats à ses chaussures. Il faut comprendre sa déception : l’avant/après d’une activité cirage sur une paire de souliers de papa ou maman est plutôt saisissant ! On apprécie aussitôt le résultat d’une paire de chaussures bien cirée, qui semble comme neuve. Ce n’est pas le cas pour les chaussures d’enfant qui ont bien souvent leur bout complètement élimé par les jeux au sol ou les freinages répétés de draisienne (et c’est bien normal, il serait bien dommage que les enfants doivent prendre garde à ne pas abîmer leurs souliers au détriment de leurs jeux). Devant le dépit de mon petit garçon qui n’était pas parvenu à produire sur ses chaussures l’effet escompté, j’avais glissé que peut-être, avec un peu de cirage rouge… Depuis, il n’en démordait pas : il lui fallait du cirage rouge !

Alors quand je suis tombée sur mon fil Instagram sur une publication de Marche Mallow vantant leur gamme de crème teignante, j’ai souri… et j’ai aussitôt écrit un message à la boutique bruxelloise pour leur proposer un partenariat (en vrai, c’est drôle : je venais de refuser de participer à la campagne d’une marque de papier de toilette humide bien connue, et me voilà à solliciter une petite boutique belge de chaussures en leur disant que j’ai envie d’écrire un article sur comment rendre les petits garçons heureux en leur offrant du cirage rouge ; c’est toujours comme ça ce blog, a priori personne ne devinerait quels sujets je vais trouver excitant). Marche Mallow n’a pas eu l’air de me prendre pour une folle. J’ai reçu un duo crème teignante + crème de soin colorée en rose pâle pour une paire de chaussures de June et j’ai acheté un duo similaire en rouge pour Django.

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Une parfaite boîte à forme (ou « imbucare ») pour bébé June

La « boîte à forme unique », ou « imbucare » (de l’italien : « mettre dans un trou »), permet à l’enfant d’appréhender le concept de permanence de l’objet développé en psychologie cognitive, lequel est à mettre en parallèle selon moi des enjeux du jeu du fort-da (ou « jeu de la bobine ») tel qu’il a été identifié par Freud et du stade du miroir lacanien : pour le dire (trop) rapidement, le tout-petit reconnaît que les objets et les personnes qui l’entourent sont extérieurs à lui-même, et qu’ils continuent d’exister même lorsqu’ils ne sont pas directement perceptibles par ses sens. C’est ce qui explique notamment l’enthousiasme des enfants de cet âge pour les jeux de « coucou » (ou « peek-a-boo »).

Outre le concept de permanence de l’objet, la boîte à forme unique permet à l’enfant d’exercer et d’affiner ses compétences de motricité fine. C’est pourquoi cette boîte, qui fait partie du matériel destiné aux 0-3 ans dans la pédagogie montessori, se décline sous plusieurs variantes qui font entre elles l’objet d’une progression. L’idée principale à retenir étant que les boîtes à formes (au pluriel) traditionnellement proposées dans le commerce ne sont pas à la portée du tout-petit parce qu’elles n’isolent pas la difficulté. Plutôt qu’une boîte à ouvertures multiples, la pédagogie montessori présente successivement à l’enfant une série de boîtes à forme unique, qui épargnent à l’enfant la partie « discrimination » pour qu’il puisse se concentrer sur la manipulation.

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L’intelligence de la main

J’aime l’importance que Maria Montessori accorde à la main et à ce que la pédagogue appelle le « mouvement intellectuel » de l’enfant. Montessori fait de la main et du langage les principaux outils de l’intelligence de l’être humain : ce sont les deux voies par lesquelles nous entrons en contact avec le monde qui nous entoure et parvenons à transformer celui-ci.

L’organe moteur qui caractérise l’homme, c’est la main, au service de l’intelligence, pour la réalisation du travail.

[…]

La main est cet organe dont la structure fine et compliquée permet à l’intelligence de se manifester, à l’homme, de prendre possession de l’ambiance, de la transformer et, guidée par l’intelligence, d’accomplir sa mission dans le cadre de l’univers.

Il serait donc logique, pour juger du développement psychique de l’enfant, de considérer, dès son apparition, l’expression de son « mouvement intellectuel » : c’est-à-dire le langage et l’activité de sa main qui aspire au travail.

Maria Montessori, L’enfant, , trad. de l’italien par G. Bernard, Paris, Desclée de Brouwer, 1936.

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Son tiroir dans la cuisine

J’ai le défaut de vouloir toujours publier de longs articles synthétiques qui cherchent à faire le tour d’un sujet déterminé, ce qui fait que mes brouillons trainent souvent plusieurs mois dans mon ordinateur avant que j’ai rassemblé toute l’expérience, les liens, les infos et les photos nécessaires à leur publication. Je vais essayer de lutter un peu contre cette tendance…

Plutôt que de te présenter en long en large et en travers toutes les bonnes idées pour accueillir bébé dans la cuisine, je modère mes ardeurs et te présente aujourd’hui… un tiroir, oui, un seul petit tiroir, mais pas n’importe lequel puisque celui-ci est entièrement réservé à mon fils de deux ans et demi.

tiroir-de-cuisine-bebeLa raison d’un tel tiroir ?

Comme souvent, il s’agit 1) d’encourager le désir d’autonomie de l’enfant, en mettant à sa disposition des outils qui lui permettent de faire seul, 2) de développer son sens des responsabilités en lui confiant des outils dont il a prouvé maîtriser le fonctionnement et en le rendant responsable du rangement de son tiroir et 3) d’exercer ses compétences de motricité fine en musclant les doigts et la main. Il s’agit aussi 4) de lui permettre de gérer sa sensation de faim en laissant à sa disposition des aliments sains. J’ajoute que l’utilisation de ce qui peut a priori apparaître comme des « gadgets » inutiles a souvent eu pour effet 5) de (re)donner le goût d’un aliment à mon bébé : le plaisir de couper une banane ou une pomme, de peler et de trancher un œuf, de râper du fromage, etc. participent grandement au fait que ces aliments soient ensuite aussitôt engloutis (et ça, pour une maman qui bataille souvent sur la question de l’assiette, c’est précieux).

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Et toi, tu signes avec ton bébé ?

 signe-avec-bebe-02Quand Django avait cinq mois, nous avons suivi avec lui un atelier de signes parents / bébés. Django a commencé à signer ses premiers mots vers 12 ou 13 mois, entraînant dans cette aventure ses grands-parents qui le gardaient. Nous avons signé un peu en dilettante, nous cantonnant aux mots qui intéressaient Django ou qui nous semblaient utiles. Avec mon bébé à venir, j’aimerais beaucoup renforcer cette pratique et, surtout, introduire beaucoup plus de comptines et de chansons signées. Aujourd’hui, Django se débrouille de mieux en mieux à l’oral et moi et son papa ne signons presque plus. Lui, par contre, signe encore certains mots par réflexe, quand il y a trop de bruit ou qu’il est un peu malade et peine à se faire bien comprendre (ben oui, avec le nez bouché et le pouce en bouche, c’est pas facile d’articuler). Il signe aussi « je t’aime » et plein de signes qu’il invente pour se faire comprendre. Tout ça pour te dire que je suis loin d’être une professionnelle, mais que je suis absolument convaincue de l’intérêt d’utiliser le langage des signes avec les tout-petits. Zoom sur une pratique encore méconnue !

Pourquoi signer avec bébé ?

Ce n’est pas parce que le tout-petit ne sait pas encore parler qu’il ne comprend pas tout ce qu’on lui dit et qu’il n’est pas à même de communiquer ! Tous les parents et éducateurs le savent, le bébé communique pleinement avec ses pleurs, ses cris, son rire, son corps, ses mains, etc. Il n’est pas rare qu’il sache faire au revoir de la main et désigner ce bout de pain à l’autre bout de la table qui lui fait tellement envie avant de prononcer son premier « maman » ou « papa ». C’est sur ce constat que s’est forgé la pratique du langage des signes parents / bébés : il s’agit de faire appel aux facultés motrices de l’enfant, à un âge où il n’est pas encore prêt à verbaliser.

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Premiers plateaux « montessoriens » avec la box de No Milk Today

activite-montessori-03Peu avant les fêtes de fin d’année, nous avons reçu la box « Ma maison et moi » de No Milk Today. Le principe : 1) un livret pédagogique de qualité présentant les grands principes de la pédagogie Montessori et détaillant une foule d’activités à proposer aux enfants sur le thème de la box, 2) une sélection d’objets pour mettre en place rapidement ces activités à la maison (le contenu de chaque box est minutieusement détaillé sur le site ; voir ici pour la box que nous avons reçue), 3) un accompagnement mensuel sous forme de newsletter par des professionnels de l’enfance et de l’éducation bienveillante.

Quelques semaines plus tard, la plupart des items de la box ont trouvé leur place à la maison et j’ai eu le temps de préparer quelques premiers plateaux typiquement montessoriens pour les proposer à Django.

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Pâte à modeler, pâte à sel, sable de lune… : l’intérêt des activités de modelage

La pâte à modeler est un merveilleux outil d’apprentissage, peu onéreux et aux possibilités quasi infinies. Elle…

  • développe le sens du toucher, de la vue et de l’odorat (d’où l’intérêt de faire varier les textures – terre glaise, sable de lune, pâte à sel, etc. -, les couleurs et, pourquoi pas, les odeurs en ajoutant quelques gouttes d’huiles essentielles à la pâte à condition que bébé ne porte plus les objets à sa bouche) ;
  • travaille la motricité fine de l’enfant (enfoncer un doigt, déchirer, rassembler, aplatir, rouler, modeler… à chaque âge ses plaisirs) et exerce les muscles de la main ;
  • permet l’expérimentation en trois dimensions (découverte des formes, de la notion d’espace, des oppositions plus gros versus plus petit, etc.) ;
  • sert de support à l’imaginaire ;
  • éveille la sensibilité artistique ;
  • invite au calme, à la concentration, à la (re)connexion avec son intériorité (si tu as, dans la maison ou en classe, un petit espace de « sérénité » – j’en rêve -, où l’enfant peut faire la paix avec ses sentiments, il est intéressant d’y proposer une activité de modelage) ;
  • etc.

Désormais, tous les types de pâte à modeler ont la côte chez nous ! Même la terre glaise – celle que je préfère – qui, parce qu’elle est légèrement humide et collante, aurait pu rebuter les petites mains propres de mon fils. Il ne se passe plus une journée sans qu’il ne réclame cette activité.

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Maman, donne-moi encore une gommette !

Chez nous, Django s’est mis joyeusement aux gommettes. Il choisit la forme et la couleur de celles-ci sur la planche, je prépare un peu le terrain pour qu’il puisse plus facilement saisir chacune d’elles et c’est parti. Il colle soigneusement une gommette, repasse précautionneusement sur les bords de celle-ci, s’énerve sur la suivante qui lui colle aux doigts, superpose les gommettes les unes sur les autres, dessine un peu sur l’ensemble quand il a terminé une planche et entreprend ensuite de décoller chaque gommette, déchirant la moitié au passage.

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Voici une activité d’arts plastiques qui n’est en tout cas pas très couteuse et pas très difficile à mettre en place. L’enfant exerce les muscles de sa main, ainsi que ses capacités de concentration. On en profite pour verbaliser les formes et les couleurs : « tu as choisi une étoile bleue », « tu colles le rectangle rose à côté / sur le carré vert », etc.

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Mon bébé dessine, je m’émerveille

À quel âge un enfant commence-t-il à dessiner ?

Il ne faut pas attendre l’âge des représentations figuratives pour tendre quelques crayons à un enfant. Même si le résultat final ne l’intéresse pas (ce qui ne t’empêche pas de conserver quelques unes de ses « œuvres » pour la postérité), il y a fort à parier qu’un tout petit trouvera beaucoup de plaisir dans une activité artistique comme le dessin ou la peinture.

Moi, je dois bien l’avouer, ces premiers traits de couleurs gribouillés énergiquement sur le papier m’émeuvent tout particulièrement.

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La maison aux serrures