2017 fut une année émotionnellement chahutée.

Je ne sais pas si j’ose croire à ces vagues d’énergie cosmiques qui nous toucheraient chacun à leur façon, ou si nos individualités ont simplement réagi avec force ces derniers mois aux bouleversements qui secouent notre époque et qui confèrent un certain sentiment d’urgence à vivre et à s’accomplir. Tu l’as ressenti, toi, cette secousse ?

Autour de moi, des tempêtes décisionnelles ont été prises et beaucoup de naufrages ont eu lieu, que je n’avais pas vus venir. La plupart, malgré la peine qu’elles ont causée, ont pris le large au profit d’horizons clairs et colorés.

De nouvelles mères sont également nées, qui ont bâti les plus douces des tanières avec les débris laissés par le tsunami ayant emporté leur ancienne vie.

Toutes ces femmes de mon entourage proche m’ont époustouflée de leur courage, de leur énergie, de leur résistance. Lorsqu’elles m’ont laissée tendre la main pour boucher un petit trou d’une coque qui prenait l’eau, c’est qu’elles étaient déjà occupées à tisser des voiles plus puissantes et plus éclatantes que jamais. Et si leur voyage n’est pas fini, il est incontestable qu’elles puisent en elles les vents favorables pour barrer efficacement leur navire.

Cette année, j’ai eu la chance d’être épargnée par la vague. J’ai ralenti au cœur de la frénésie, je me suis laissée submerger sans boire la tasse. Je n’en avais pas vraiment pris conscience avant de jeter ce timide regard en arrière et, à dire vrai, je ne nous souhaite rien d’autre pour l’année à venir.

Je regarde mes amies, mes sœurs, et je ne trouve pas grand chose à faire si ce n’est partager un bout de radeau et les admirer en me demandant si j’aurais leur force quand soufflera vers moi la tempête.

En pensant à elles, ainsi qu’à mes enfants qui me rendent si fières, je me sens plus humaniste que jamais, plus féministe que jamais, plus écologiste que jamais. J’ai hâte d’encore m’interroger et me remettre en question pour investir un monde un peu plus juste, un peu plus beau, un peu plus durable, dans l’espoir (fou ?) qu’il n’est pas tout à fait trop tard pour notre planète et que nous allons trouver un moyen d’accueillir les grands changements qui s’annoncent.

Et ce blog sera à l’image de ce cheminement-là, avec ses envolées lyriques, ses déceptions, ses moments de retrait, ses enthousiasmes insensés pour un petit morceau de bois ou de tissu, ses erreurs, ses manquements, sa pudeur et sa franchise ; avec des photos et des articles que je tacherais de rendre aussi poétiques que possible, même si la lumière n’est pas toujours avec moi et en m’efforçant de ne pas souscrire à la dictature du « like » et de l’image vernie et polie (merci Emma). Et sans jamais chercher à te faire acheter une étoile ou un stock de papier de toilette humide (véridiques). Pour les vêtements, par contre, je ne promets rien (mais tu sais le grand bien que je pense du seconde main).

Merci à toi de me lire, de revenir, de commenter, de corriger, de partager.

S’il devait t’arriver de te sentir un peu trop seul.e sur ta barque, sache que cet espace est certes virtuel, mais qu’il accueille aussi bien les perles que l’écume et le limon. Souvent y résonnent des chants de sirène capables de se mettre au diapason de la voix d’autrui. Sens-toi libre d’y apporter ta pierre.

C’est sur ce clin d’œil que je me permets de te souhaiter une belle, tendre et merveilleuse année 2018 !